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10.06.2004

Mekong fiévreux

Il était huit heures du soir, la nuit était noire. Nous nous sommes avancés sur le quai, une femme nous a interpellés depuis sa barque. Nous sommes montés, Gwenola et moi, sur cette fragile embarcation, la femme se tenant à une extrémité, ramant debout dans un élégant mouvement croisé, une brasse mimée. Le Mekong était large, noir, s'y reflétaient les néons et les gigantesques publicités pour la bière locale. Nous glissions sur l'eau, apercevions la vie au bord du fleuve, et encore une fois j'ai joué à faire mon James Stewart dans Fenêtre sur cour. Des échappées dans les intérieurs, des couples sur un hamac, une fille en pyjama se frottant les cheveux, des jeunes en mobylette attendant la navette qui les emmènera sur l'autre rive... Ces intérieurs etaient confinés, l'espace était grand, le fleuve immense, les vaguelettes douces, les bruits diffus et lointains. Il faut faire un petit tour sur le Mekong le soir. Cela vaut mille tours organisés.

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Gwen a chopé une saloperie il y a deux jours. Fièvre et ventre en bordel, difficile pour elle de garder la forme tout au long de nos longues journées. 21h passées, soit tard ici, dans la ville de Cantho, gros port au bord du Mekong. Lorsque je l'ai laissée dans la chambre, la télé etait allumée sur Charlie's Angels surdoublé (la bande son originale sur laquelle une seule voix traduit tous les dialogues). En marchant dans la ruelle à la sortie de l'hôtel, de chaque côté, les portes étaient ouvertes, les télés presque toutes allumées sur la même chaîne (il y en a peu par ici, les autres choix se limitaient à une sitcom et une serie chinoise sur des samouraïs ). La même bande son en écho, les mêmes images se succédant à travers les maisons.

Gwen n'en peut donc plus de la cuisine vietnamienne, tout en l'adorant. Difficile. Il faut dire que cette cuisine est raffinée, variée, et que je regrette de n'avoir pas plus de temps pour goûter toutes ces choses qui sont vendues dans les rues. Seul souvenir un petit peu difficile il y a deux jours, lorsqu'à Ho Chi Minh Ville, un ami nous a pris au mot lorsque nous lui avons demandé de nous emmener dans un restaurant typique et de passer lui même la commande : têtes de pigeons, estomac de porc... Les soucis de Gwen ont alors commencé, et ce petit malin qui a commandé ces plats difficiles n'y a pas touché.

Rédigé le 10.06.2004 | Lien permanent

Commentaires

Moi, j'aime ça les intestins de porc, l'andouillette, les rognons à la crème, le museau vinaigrette, la langue de boeuf, le pied de cochons aux lentilles. Et même la tête de veau sauce gribiche.
Et les escargots, les grenouilles, les coquillages, les crabes etc...

Rédigé par : xavier | juin 10, 2004 06:25 PM

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