24.06.2004

Conseils pratiques

Bon, avant de fermer ce site et de reprendre Heures Creuses, quelques petits conseils, suggestions, avis, qui pourraient servir à ceux qui voudraient aller au Vietnam... Dans le vrac le plus total.

- Pas la peine de retirer trop de dollars. Tout se paye en Dong, et si jamais le prix était affiché en dollars, le taux que les vendeurs utiliseront est plus avantageux pour le Dong que dans les banques. Contrairement à ce que dit le Lonely Planet, nous n'avons eu, à aucun moment, de problèmes pour trouver où retirer de l'argent.

- D'après ce que nous avons vu, le seul moyen de se la jouer aventurier au Vietnam est d'avoir une moto. Sinon, pour la plupart des destinations, difficile de faire cavalier seul : il vaut mieux passer par des tours organisés. Les Vietnamiens eux-mêmes le font. La raison en est simple : si vous ne passez pas par des organisateurs, vous allez devoir négocier chaque parcelle de votre voyage (éreintant), perdre un temps fou et également de l'argent. A ce propos, il n'ont aucun sens de la propriété intellectuelle : si un organisateur marche bien, des dizaines de copies (avec le même nom) vont se créer, et il faut être vigilant pour trouver l'original. Donc, là, suivre le Lonely n'est pas forcément une mauvaise option.

- A propos de tours organisés, si vous devez mettre un peu plus d'argent sur les tours, faites le pour la Baie d'Halong. Là, ça vaut le coup de viser le confort et le luxe.

- Contrairement à ce qu'affirme le Lonely Planet (frileux pour tout), conduire en moto n'est pas forcément dangereux. Il n'y a qu'à Saigon que je n'aurais pas osé en prendre une : ils sont fous là bas. Sinon, louer une moto est le meilleur moyen de bien apprévier une vile, de circuler librement, de voir un peu plus de choses. Pour conduire, c'est simple, c'est comme marcher : on fait attention à tout ce qui arrive devant nous en faisant confiance à ceux qui sont derrière nous, estimant qu'ils font attention à ce qui est devant eux. On ne s'arrête jamais : on ralentit, on esquive, on suit un flux. C'est quelque chose à faire : ni à Hanoï, ni à Hoi An, ni à Nha Trang nous n'avons eu peur.

- On n'a pas essayé le bus pour les grandes distances. tous ceux qui l'ont fait, sur place, nous ont dit que c'était l'horreur. Le mieux : le train de nuit. Pas grand confort, mais une expérience riche, et puis au moins on passe une vraie nuit. Et puis, se faire réveiller par la voix du Vietnam...

- Apropos des trains. Ne pas avoir aussi peur de l'insécurité évoquée par le Lonely Planet. Nous n'avons eu aucun souci. En revanche, prévoir du scotch et des feuilles de papier pour freiner la climatisation glaciale dans les cabines, sous peine de choper un rhume pendant la nuit.

- Prévoyez certes une pharmacie, mais on trouve à peu près tout là bas.

- Descendez toujours à gauche d'une moto, sous peine de vous bruler le mollet sur le pot d'échappement (Gwen a mal).
- Diviser au moins par deux les prix annoncés, meme partir pour se faire rappeller. Sauf dans boutiques de luxe

- Ne pas aller a nha trang pour autre chose que la plongée dans les îles.

- Ne JAMAIS s'énerver, car vous vous heurteriez à un mur d'incompréhension et à des emmerdes en cascade. Dire non avec le sourire.

- Pour toute question, n'hésitez pas à nous écrire.

16.06.2004

Orage

Et si nous faisions comme si nous n'étions pas encore revenus ? Et si nous effacions le présent, et prétendions être à Hanoï ? Un mercredi, à cinq heures de l'après-midi, par exemple, au début de notre voyage. Nous circulons dans les rues de la ville sur une Honda Dream II, nous venons de déambuler sur l'esplanade qui fait face au mausolée d'Ho Chi Minh, de visiter deux trois pagodes, nous longeons le bord d'un lac. Il y a un petit embarcadère sur on peut louer des petites barques.

oragegenNous sommes sur une de ces barques. Elle est toute petite, à chaque mouvement les rames butent contre mes genoux, pliés bien haut. Autour de nous, des couples et des groupes de collégiens. Derrière Gwenola, assise face à moi, le ciel est étrangement bas. Un de ces gris bleus surnaturels, dont on n'imagine pas l'existence avant de les voir fondre sur nous. Je prends quelques photos, la lumière est si complexe qu'on croirait mes clichés pris en studios. Nous faisons coucou aux autres barques, je rame doucement.

orage_jeunesUn petit bateau à moteur nous tourne autour. Il demande aux gens de rentrer. Et puis la pluie commence à tomber. C'est un chaos innocent autour de l'embarcadère, des barques qui s'entrechoquent, des rames qui se mêlent, il nous faut bien dix minutes pour accoster et mettre pied à terre. Entre temps, la pluie a pris des forces, est de plus en plus violente. On essaye tant bien que mal d'enfiler ces ponchos imperméables que nous avons acheté le matin même sur un marché, nous courons vers le même refuge que les autres.

orage_canotsNous y voilà, sous un préau qui tient on ne sait comment au-dessus de l'eau. Quinze mètres carré, pas plus. Serrés les uns contre les autres, une quarantaine de collégiens vietnamiens, et nous. A une extrémité, trois échalas tiennent des parapluies ouverts pour protéger leurs camarades des rafales. A l'autre, des gamines s'enlacent et regardent l'orage en silence. Au milieu, ils sont surexcités. Alors on chantera Elisa pour eux, on échangera quelques mots de français, on les écoutera scander des refrains en vietnamien. Et puis, lorsque la pluie est un peu moins forte, tout le monde s'échappe en riant. Nous courons vers notre moto. On conduira doucement. Et dans une rue inondée, on la fera monter sur le trottoir, pour éviter de noyer le moteur.

12.06.2004

Vous n'aviez jamais eu de shampoing

Et hop, retour a l'aéroport de Singapour. Durant tout le séjour, nous avions l'impression d'avoir déjà passé des semaines là-bas. Revenus ici, sur cette terrasse aux tournesols, face aux 747 sagement alignés, c'est comme si on avait été là hier, comme si on avait rêvé tout ça. Le temps est étrangement souple et capricieux.

Avant de partir, une nuit à beugler dans un Karaoke privé, bien moins dignes que Bill Murray dans Lost in Translation. Puis ce matin, dernier petit dej dans la ruelle, shopping de dernière minute, et un dernier délice avant de monter dans le taxi : le coiffeur.

De jolies petites demoiselles aux bras fragiles, aux mains minuscules et aux ongles longs. Elles vous asseoient dans le traditionnel fauteuil. Elle déposent une grosse dose de shampoing sur vos cheveux encore secs, humidifient un brin à l'aide d'une lotion, puis commencent, lentement, la magie. Leurs doigts dessinent des cercles de plus en plus grands partant de la zone imbibée. Ils appuient légérement sur le cuir chevelu, puis un peu plus fort. Une fois que tout le crâne mousse, elle redressent leurs doigts et vous grattent tout doucement la tête de leurs ongles. Cela dure au bas mot dix minutes, à esquisser des vagues avec leurs ongles, à lancer de petites ondes de frisson en tournant autour d'une mêche puis en diffusant de petites charges sur le cuir chevelu. Cela se termine par un petit massage a la lisière, sur les tempes, le front, derrière les oreilles le haut de la nuque. Cela fait déjà un quart d'heure, vous êtes bien, c'est loin d'etre fini.

Vous êtes alors guidé vers l'arrière-salle. On vous allonge sur le dos, on vous plonge la tête dans un bac. L'eau est juste froide, rafraîchissante comme il faut. D'abord, la demoiselle fait un premier rinçage en tapotant doucement vos cheveux sous le jet. Puis elle remet du shampoing, recommence le grattage et massage. Elle laisse reposer, et pendant ce temps là commence à appliquer sur votre visage une crème au melon, fraîche et douce. Elle masse votre visage, promène l'index et le majeur de part et d'autre du début de votre nez, longe votre menton, prend vos tempes entre ses paumes, passe le plat de la main sur votre front. Puis elle rince, et recommence, et repart pour un tour autour des cheveux, et rince à nouveau. Elle pose une serviette juste humide sur votre visage, fait un dernier massage du cuir chevelu, essore vos cheveux dans la même serviette.

Deuxième quart d'heure ecoule, on vous relève. Elle vous essuie la tête, vous masse la nuque, vous fait un sourire. Voilà. Peau de bébé, cheveux légers comme l'air, détendu, frissonnant... Au Vietnam, le shampoing n'est pas qu'un geste d'hygiène : c'est de l'amour.

11.06.2004

Couchette, Episode 2 (Badminton)

Peter, Américain, la cinquantaine, tête rasée, épaules larges et de grands yeux écarquillés sur un sourire placide. Lui et Valerie partageaient notre cabine dans le train couchette qui nous ramenait de Lao Cai à Hanoi. Nous nous sommes d'abord parlé en grillant une cigarette sur le quai, en attendant le départ du train (il est conseillé d'arriver a la gare au moins une demi-heure avant l'heure de départ).

Peter vivait à Miami, il y travaillait pour l'industrie du cinéma. Mais aujourd'hui il vit a Hanoi. L'an dernier, il y est tombe amoureux d'une vietnamienne, l'a mise enceinte, alors a decide de l'epouser et de s'installer avec elle. Son amie Vale est venue le visiter. Et tous ensemble on boit du vin de prune dans un train de nuit vietnq,ien

Que fait donc Peter à Hanoi ? Il joue au Badminton. Toute la journée. Le matin dans les parcs, l'après-midi en cours avec un vieux professeur. Il nous explique qu'il est devenu fou de ce sport parce que les Vietnamiens eux mêmes en sont fous. Qu'il suffit de se promener avec une raquette dans la rue pour trouver quelqu'un avec qui jouer. Que c'est la plus belle manière de faire des rencontres dans ce pays.

Nous n'avions pas fait attention. Depuis cette rencontre, si : dans toutes les villes, sur les trottoirs ou dans les parcs, il y a des volants de partout.

10.06.2004

Mekong fiévreux

Il était huit heures du soir, la nuit était noire. Nous nous sommes avancés sur le quai, une femme nous a interpellés depuis sa barque. Nous sommes montés, Gwenola et moi, sur cette fragile embarcation, la femme se tenant à une extrémité, ramant debout dans un élégant mouvement croisé, une brasse mimée. Le Mekong était large, noir, s'y reflétaient les néons et les gigantesques publicités pour la bière locale. Nous glissions sur l'eau, apercevions la vie au bord du fleuve, et encore une fois j'ai joué à faire mon James Stewart dans Fenêtre sur cour. Des échappées dans les intérieurs, des couples sur un hamac, une fille en pyjama se frottant les cheveux, des jeunes en mobylette attendant la navette qui les emmènera sur l'autre rive... Ces intérieurs etaient confinés, l'espace était grand, le fleuve immense, les vaguelettes douces, les bruits diffus et lointains. Il faut faire un petit tour sur le Mekong le soir. Cela vaut mille tours organisés.

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Gwen a chopé une saloperie il y a deux jours. Fièvre et ventre en bordel, difficile pour elle de garder la forme tout au long de nos longues journées. 21h passées, soit tard ici, dans la ville de Cantho, gros port au bord du Mekong. Lorsque je l'ai laissée dans la chambre, la télé etait allumée sur Charlie's Angels surdoublé (la bande son originale sur laquelle une seule voix traduit tous les dialogues). En marchant dans la ruelle à la sortie de l'hôtel, de chaque côté, les portes étaient ouvertes, les télés presque toutes allumées sur la même chaîne (il y en a peu par ici, les autres choix se limitaient à une sitcom et une serie chinoise sur des samouraïs ). La même bande son en écho, les mêmes images se succédant à travers les maisons.

Gwen n'en peut donc plus de la cuisine vietnamienne, tout en l'adorant. Difficile. Il faut dire que cette cuisine est raffinée, variée, et que je regrette de n'avoir pas plus de temps pour goûter toutes ces choses qui sont vendues dans les rues. Seul souvenir un petit peu difficile il y a deux jours, lorsqu'à Ho Chi Minh Ville, un ami nous a pris au mot lorsque nous lui avons demandé de nous emmener dans un restaurant typique et de passer lui même la commande : têtes de pigeons, estomac de porc... Les soucis de Gwen ont alors commencé, et ce petit malin qui a commandé ces plats difficiles n'y a pas touché.

09.06.2004

Sans appareil

A défaut d'un appareil photo viable (trois réparateurs dans trois villes différentes, deux constats d'échec, un faux espoir), je fais fonctionner mes yeux comme un objectif. Je scrute, je focalise presque malgré moi, par force de regret, et accumule dans ma frêle memoire les photos que j'aurais pu faire, celle que j'aurais aimé reussir, les mémorisant tant bien que mal puisque je ne peux les fixer, ces images.

Pourtant, Dieu que ce pays est photogénique. C'est un ciel qui ne se permet jamais d'être fade, une lumière toujours là, à l'aube, pour allonger les ombres, un soir qui tombe dans le bleu noir d'une nuit américaine ou dans des rouges furieux. Ce sont des motifs répétés, des chapeaux coniques et des bols de pho, des idéogrammes et de la vapeur d'encens. Ce sont des vies qui se font dans la rue, des siestes improvisées sur le siège d'une moto, des enfants qu'on nourrit sur les trottoirs. Des maisons d'une seule pièce, portes grandes ouvertes sur la rue, des néons qui eclairent des murs pastels décatis, une vieille femme assise sur le carrelage. Aussi des rizières à perte de vue, des courbes se perdant dans l'horizon, des tombeaux plantés seuls sur les pentes de montagnes touffues, des gens qui sourient dès qu'on les regarde, des familles entières a cinq sur une mobylette, que sais-je encore ? Un pays de photos.

J'aurais aimé pouvoir photographier ce vieillard famélique et torse nu, le bras posé sur son comptoir dans le quartier chinois de Cholon. Cette fille, un pied sur une marche, l'autre sur le trottoir, qui vidait une bouilloire dans un grand seau. Ces jeunes qui faisaient de maladroits garde à vous face à leurs fusils posés en étoile, juste à côté de manèges pour enfants...

Surtout, photographier ce charmant rendez-vous de la nuit tombée, dans le petit parc qui longe l'avenue Pham Ngu. Des motos sagement rangées, une tous les trois mètres. Et sur chaque moto, un couple se bécotant, ce sur des centaines de mètres. A Saigon, dans les parcs, c'est baisers et Badminton. Ça, d'ailleurs, faudra qu'on en reparle.

08.06.2004

Ho Chi Minh, enivrante et malpolie

Il est six heures du soir. Il a plu un peu. Alors que le jour tombait, le ciel s'est fait menacant, comme il l'est si souvent à cette heure-ci dans cette partie du monde. Un ciel noir, une lumière crépusculaire, une chaude pluie d'été, et Saigon plus vivante, debordante et bruyante que jamais. Il y fait chaud, il y fait noir, couleurs et odeurs contrastées, pollution, poisson séché, bitume chaud et trempé. De nouveau ce mélange trop fort propre aux villes tropicales, cet opium de fin de journée. Villes d'Asie, vous êtes invivables et je vous aime.

On dénigre beaucoup Ho Chi Minh Ville, ou Saigon. On en aura entendu beaucoup de mal jusqu'ici, sur le chemin. La ville est bien moins agréable que Hanoi et ses petites rues, certes. Mais elle est folle et anarchique, contradictoire, écervelée et malpolie, comme un petit Bangkok. Elle est donc ce que j'aime, parce qu'elle est un peu tout et s'en fout.

A plus, on va voir ce que ca vaut la nuit. Ecrivez des commentaires....

Arrivee a Saigon

Arrive a Saigon a 4h du matin. Dormi quelques heures dans le train de nuit, puis quelques heures dans un mini hotel. Reveil dans une chambre aux couleurs chaudes, rideaux ondulant sous le ventilateur, les bruits de la ville au dehors. Filme des motos, peu a peu, plus pres a me plonger dans la frenesie.

07.06.2004

Parenthese atrabilaire

Hier, un hotel mal place a Ngha Trang, ville deja deprimante (putes, plages, musique de merde a fond les ballons, vide, et pour couronner le tout, cuisine mal digeree). C'est une femme francaise d'une quarantaine d'annees, surpoids, cheveux courts teints en rouge. Nous commencons a lui parler, comme cela se fait lorsque des touristes croisent des touristes, a lui poser des questions sur le Mekong dont elle revient. Mais en guise de reponse, nous n'avons droit qu'a une longue litanie de doleances : "Ah, j'etais venue il y a deux ans, c'etait merveilleux. Mais la, je vous le dis, le pays a change. Ils voient bien qu'on est francais, ils sont tres physionomistes vous savez, et ils savent que notre monnaie est forte, j'ai l'impression d'etre un euro ambulant. On ne peut rien faire sans etre harcelee, c'est l'arnaque permanente. Meme les cyclos pousse sont devenus trop chers. Moi,je vous le dis, je prends le taxi. Et je rentre la semaine prochaine". Pov'dame...

Ceci dit, oui, Nha Trang est deprimant. L'impression d'avoir perdu deux jours de vacances ici. A moins d'aimer vous bourrer la gueule arrime a une bouee, danser ivre mort sur "I like to move it move it" , ou vous moquer de quinquagenaires peu ragoutants tripotant de fraiches vietnamiennes, rien a faire ici. Si, payer cher, pour eviter que votre petite balade dans les iles ne se tranforme en beuverie Club Med. Vivement ce soir, le train, et donc retour au Vietnam. Il y a des villes qui vous font hair le tourisme.

06.06.2004

Musak

Mini-bus entre l'aeroport de Nha Trang (cite balneaire reposante et ininteressante) et notre hotel. Sur l'autoradio, une cassette jouee a fond. Santana, ce n'est deja pas brillant, mais repris par un mauvais joueur de guitare qui noie ses erreurs dans un accompagnement tout au synthe, c'est insupportable. Pas autant, cependant, que la reprise du theme d'Il etait une fois dans l'Ouest qui suit. Ils ont double le nombre de notes sur le motif a la flute et ont ajoute les aboiements d'un chanteur a la voix rocailleuse pour faire plus male, je suppose.

Cyber cafe de Nha Trang. Un chanteur pour dames, encore des synthes et des musiciens dont on imagine qu'ils dandelinent lentement de la tete pendant les breaks de boite a rythme. A cote de ca, Julio Iglesias c'est Scott Walker et Lara Fabian, Ella Fitzgerald.

On a tendance a ne pas y preter attention, au depart. Puis, a force de se demander quelle est cette horreur qui passe, on est force de l'admettre : les Vietnamiens ont, musicalement parlant, des gouts de chiotte. Aucune tradition musicale, pas de musique dans les rues. Dans les lieux publics, de la muzak enregistree a la chaine sur des Casio bon marche. Les bars pour touristes et expatries sont ici comme dans les autres pays, un refuge pour mauvais chanteurs de pop-folk californienne et succes mitiges d'il y a deux ans.

La musique traditionnelle, ce n'est pas mieux . Nous avons pu assister a un concert de musique Hmong, tribu de nord du Pays, donne dans une boite de nuit on fait pas mieux a La Plagne : une sorte de violon a une corde ne produisant que quatre fausses notes, un derive d'ocarina qui sonnait comme une grenouille anemique sous le pied d'une touriste australienne... Le tout sauve par un instant surprenant, lorsque l'un des musiciens a sorti un instrument hybride, entre la flute de Pan et la Kalachnikov, qui produisait un son digne d'une usine de moteurs est allemande. Du pur Einstürzende Neubauten, sur lequel notre musicien s'est mis a faire un break dance de fou sans les mains (occupees sur son MI16). Le seul homme en transe vu dans cette contree.

Serieux, prevoyez un baladeur et des bons disques. Parce que MTV Asia non plus, c'est pas ca.