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07 mai 2007

Il fait gris

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait gris, maussade, par ici... Bien évidemment triste, déçu, un poil anxieux. Un peu satisfait toutefois que tout cela, cette campagne, soit terminée.

Tout cela, ce ne sont que de meilleures raisons encore de nous consacrer à nos jolies choses. Tiens, je vais peut être réécrire.

10 janvier 2007

iPhone : quelques liens

Couvrir un Keynote de Steve Jobs depuis mon ordi, branché sur 15 sites et trois canaux de chats est à chaque coup une expérience à la fois trépidante et frustrante. Hier, pour l'annonce de l'iPhone, ce le fut plus que jamais. Point de baratin ici, j'en veux un j'en veux un j'en veux un, mais juste quelques liens.

Appleiphone

Comme toujours, Kernel Panic fut à la fois à la pointe et très drôle. Voir son faux compte-rendu du Keynote, plein de très bonnes private joke.

L'iPhone semblait déjà joli lors de la keynote, il a l'air encore plus beau en vrai. Voir la galerie sur Engadget. Pour rappel, un blog regroupe tous les iPhone imaginés depuis quelques mois.

Sur Engadget, toujours, voir l'évolution des actions Apple et de quelques constructeurs de téléphones après l'annonce (le patron de Nokia a l'air trop content), ainsi qu'un comparatif des tailles.

Gizmodo et David Pogue du New York Times ont pu prendre l'iPhone en main.

Time fait un long article de quatre pages sur la genèse de la bête. Passionnant.
Et pour les fous, ce que Woz en pense depuis son Segway.

Bref, c'est la folie

MAJ : Un excellent article de Tristan Nitot sur l'ouverture ou non de l'iPhone, le non moins excellent compte-rendu de #ffooaa, la page MySpace du iPhone et le seul petit problème

MAJ2 : Kottke a écrit le billet définitif sur l'iPhone. Et propose quelques liens intéressants : un FAQ de David Pogue (qui l'a eu une heure en main), un article qui explique l'iPhone pourrait sauver le marché de l'édition, un autre qui décrit le désintérêt des Japonais (ils ont déjà mille fois mieux) et bien sûr, l'écran tactile 'multi-touch' n'est pas exactement une nouveauté.

19 décembre 2006

C'est vous, ou pas

Je ne comptais pas relayer cette "merveilleuse" idée du magazine américain TIME, qui a décidé de décréter que chacun de nous était la personne de l'année, pourvu que l'on ait uploadé une vidéo sur YouTube, raconté ses premières dents sur MySpace ou mis en valeur un article insolite sur Digg. C'est un merveilleux coup marketing, repris de partout, car chacun peut y mettre, y voir ce qu'il y veut, du grand média qui tient son prétexte pour un petit article facile sur l'émergence des nouveaux médias qu'il n'a toujours pas réussi à cerner au blogueur agacé de voir son objet chéri offert à tous et célébré par une multitude de bizuts émerveillés et tellement méchants.

Bref, voilà, j'en ai parlé, je me suis contredit, on est bien partis. (Ceci dit, l'article qui accompagne cette une est parfois plutôt malin. Ne faites pas comme moi, n'attendez pas d'avoir lu trente billets dessus pour enfin le lire, il mérite mieux que ça).

Oryoumight

Non, la raison pour laquelle je vous en parle, c'est parce que cette couverture a dû en faire pester quelques uns chez Chrysler, sponsor officiel de la prestigieuse Une. Comprenez. Pendant plusieurs semaines, le jour de la publication de l'article, et contre quelques millions de dollars, Chrysler a diffusé une publicité expliquant "You might not be the person of the year, but you can drive like you are". Ouch. Ils auraient pu imaginer une pirouette de dernière minute, genre "Maintenant que vous êtes personnalité de l'année, il vous faut une voiture digne de votre statut". Mais ils ont dû virer le pauvre créatif malchanceux.

PS1 : Commentaire le plus drôle concernant cette couverture trouvé sur DailyKos : "I'm on the cover of Time!! but who isn't? pfffft".

PS2 : Ce n'est pas la première fois que Time décide de prendre un groupe de personnes plutôt qu'un homme ou une femme comme "personnalité de l'année". En 1966, c'était les moins de 25 ans. En 1969, les Américains moyens.

25_underMiddle_americans

01 décembre 2006

Loïc le Meur dort sans pyjama

... et avec son mac. Après avoir refusé un vidéo chat, voilà son excuse : Image_1_2

08 septembre 2006

Ça, c'est Paris !

Qu'il est difficile de choisir un bon slogan, une formule accrocheuse, sympathique, qui réussit à englober et transmettre un état d'esprit tout en s'accommodant à tous supports, à tous messages qu'il est supposé accompagner.

"Aujourd'hui, ça c'est Paris" est loin d'être un slogan exceptionnel. Mais il est sympathique, pas nocif pour un sou.

Seulement, quand il se colle en bas d'une nouvelle campagne sur la sécurité routière, il faut bien faire attention à où il est placé. Parce que là, vu comme ça, ça fait bizarre.
Cestrparis

13 avril 2006

La phrase du jour


  CNN was present 
  Originally uploaded by Tin Green.

Dégotée sur l'effrayant site Blog-Event, par un lecteur de Brain Not Found après un billet assassin de ce dernier sur le sujet. Nous y découvrons le merveilleux travail de "blog reporter".

"Son travail s'apparente à celui d'un journaliste, sauf que le blog-reporter devra se soustraire à la ligne éditoriale fixée par l'organisateur."

06 avril 2006

Saturation publicitaire


  La Mano Que Grita...Y Ya La Tengo! 
  Originally uploaded by lorenzodom.
C'est incroyable. J'ai laissé Moran***** en une de mon blog pendant une semaine. Faut pas me laisser faire ça.

Ce matin, à l'entrée du métro, des filles "jaune canari 118008" distribuaient des calepins jaunes aux couleurs du 118008 et ont eu l'air de ne pas me comprendre lorsque j'ai refusé leur petit cadeau. La dernière page de 20 minutes était elle aussi vendue à la gloire du 118 008, et quand je suis sorti à Porte de St Cloud, on a voulu me filer un Metro entièrement enrobé du jaune canari du 118 008 et tenu plié par un anneau 118 008. Partout, sur les bancs, sur le trottoir de la gare routière, ces anneaux déchiquetés traînaient. Nausée, rage, et incompréhension : les directeurs marketing n'ont-ils jamais entendu parler de phénomène de saturation ?

Ma colère a aussitôt été étouffée par une image plus désespérante encore. Je suis resté comme un con : en face de moi, il y avait une publicité pour un burger Cauet.

Un burger Cauet. Quelqu'un l'a goûté et en parle sur internet. Quelle époque.

Je ne pouvais pas en plus laisser M**** en tête de mon blog.

21 mars 2006

Le gentil trentenaire et le CPE

Le CPE, c'est un peu comme tous les sujets sérieux, j'aime bien ce qu'en disent les autres. Joël, deux extraits d'un billet.

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Je tiens avant toute chose à exprimer ma sympathie nostalgique aux jeunes gens qui manifestent bruyamment. La grève romantique est un élément structurant de la jeunesse, je l’ai moi-même pratiquée en mon temps, et cela a été pour moi une expérience vivante et inoubliable de la prise de parole en public, de la manipulation de l’opinion et des cours de récréation, et des filles qui sont toutes plus belles au printemps quand on boit des bières assis par terre en écoutant Bob Marley que dans une salle de cours en préfabriqué.

Vieux con bienveillant, va.

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Si on avait pu voir autant de monde dans les rues à propos des lois sur la présomption d’innocence, le logement social, les baisses d’impôts et les défiscalisations clientélistes, les constitutions et les croisements de fichiers informatiques, la fin des rave parties, la repression des téléchargeurs et des consommateurs de ganja, on serait quand même un peu plus enclins à se sentir mieux en France.

Oui, c'est passé comme ça, tranquille, vers 17h. Le projet de loi sur le droit d'auteur a été voté cet après-midi. Vu sa bêtise, ses énormités, ses incohérences, son inadaptation, vous allez sans aucun doute en entendre de nouveau parler. C'est pas parce qu'il a fini par passer qu'on va tout laisser couler.

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14 mars 2006

Travailler trop

Je bosse beaucoup, j'y suis obligé. Je suis hyper angoissé par la vie. Je me dis qu'il va y avoir un jour où je ne vais plus avoir de boulot, qu'il y a un truc qui va se péter la gueule quelque part. Le fait de travailler énormément m'empêche de me poser trop de questions.

Riad Sattouf, interviewé dans A Nous Paris

24 février 2006

La jolie prison dorée

Google_time_1 Time a publié un reportage photo sur la vie dans les bureaux de Google à Santa Clara. Piscine, crèche, garde de chiens, resto, salle de jeux, terrain de volley, ou comment faire pour être sûr que vos employés ne rechigneront pas à travailler tard le soir, ou à rester au bureau un week-end sur deux. C''en est presque à se demander pourquoi il n'ont pas encore pensé à faire un village, tout bêtement. Life in the Googleplex Photo Essay.

03 janvier 2006

Sony fait des pubs graffiti

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Il faut attirer le jeune, l'urbain, le gamin rebelle. Alors dans les rues des quartiers, on colle des grafittis géants de bonshommes jouant à la PSP. Ce que vous voyez, ci-dessus, c'est la dernière campagne de pub de Sony pour sa console portable. Elle a énervé tout le monde, et a mis pour la première fois les défenseurs du Street Art et les municipalités d'accord. Sony a quand même essayé de dire que non, elle n'y était pour rien, c'était juste que les gens adôôôrent la PSP, mais ça n'a pas trop pris.

Le street art a répondu directement sur les murs. Les municipalités ont pris des mesures. La mairie de Philadelphie a lancé une injonction, exigeant que l'on enlève ces publicités.

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Les deux photos sont de Habit Forming. Il en a fait tout un tas, et n'est pas le seul.

21 novembre 2005

Grève, ironie et algorithmes

GrevelibeLibération veut supprimer 38 postes, dont 28 de journalistes. La nouvelle ne me réjouirait pas en temps normal, elle me réjouit d'autant moins que j'ai pas mal de copains là-bas, embauchés il n'y a pas si longtemps, donc susceptibles d'être parmi les premiers à partir si certaines vieilles pièces rancies (trop de noms pour tous les citer ici) ne se décident pas à partir pour laisser de plus jeunes tenter de sauver un canard qui le mérite.

Bref. Le personnel du journal s'est mis en grève et il n'y aura pas de Libé demain à lire dans le train qui ne circulera pas. Pour l'annoncer, ils ont simplement mis sur Libe.fr un communiqué de trois lignes. Vu qu'il est dans la rubrique "Médias", le dernier papier de cette rubrique est automatiquement mis en lien. Cruelle ironie, que ce titre pour un papier qui n'a (presque) rien à voir, mais semble soudainement, tristement,  à propos.

07 novembre 2005

Le Monde se vend près des gratuits

Hier, à la télévision, j'ai vu Jean-Marie Colombani inviter les lecteurs qui avaient lâché Le Monde à revenir l'essayer, à profiter de la nouvelle formule pour lui donner une nouvelle chance.
Lemondemetro
Ce matin, j'ai vu à quels lecteurs ils s'adressait. A l'entrée de la station de métro, à côté d'une pile de Metro (celle de 20 minutes était déjà épuisée), traînait un paquet de prospectus vantant la fameuse nougelle formule. C'est ce qu'on appelle une publicité bien ciblée. Assez pressé de la voir.

21 octobre 2005

Pour l'Amérique, ensemble

Le gros buzz du moment, c'est Dennis Madalone, ancien coordinateur des cascades de Star Treck, qui a soudainement vu la lumière et décidé de chanter pour soutenir l'Amérique. Ça s'appelle America We Stand As One, et je vous jure, ce n'est ni une blague, ni une vidéo réalisée pendant la vague du Hard FM des années 80. Ce serait déjà la vidéo la plus téléchargée sur internet. C'est trop beau, je suis le mouvement.

Bon WE.

29 août 2005

Dans tes rêves

Que ce soit clair.
Zzzzazzdggg09
Ho ho ho....

25 juillet 2005

Le iPod, icône du vide

C'est aussi ça, un objet devenu symbole : un produit de consommation dont la seule représentation graphique et brouillonne permet de critiquer un mode de vie. Un iPod gribouillé, un slogan, et pan dans les dents. Le lecteur mp3, symbole d'un investissement sentimental grandissant dans notre rapport aux objets.

04 juillet 2005

Cache ton iPod

Ipodmurder 
Jetez vos casques blancs. Achetez des clefs USB de merde. Offrez des clefs USB à vos enfants ados (on n'a pas besoin de 30 Go quand on a 17 ans). Déguisez votre baladeur en gros bois. Faites gaffe.  Faites de la gym. Apprenez le karaté.

Parce que les tueurs de iPod sont en ville.

Que ce ne soit pas une excuse pour ne pas venir au  Fightpod de mercredi (cliquez, le site est tout nouveau tout beau). 

24 juin 2005

Ton film avec des bouts en moins

Je ne suis pas critique de ciné. Mais si je l'étais, je serais TRES énervé par ce genre d'invitation.

Island_verso1

On en souhaiterait presque que le montage ne soit pas bouclé. Parce que si c'est pour éviter le piratage du film (ça leur fait peur, la preuve ci-dessous), c'est monstrueux. La protection d'un copyright au détriment de l'intégrité d'une oeuvre, chapeau...

Island_avertissement

23 juin 2005

Mon esclave s'appelle stagiaire

Parce qu'une entreprise qui ne propose qu'un stage, au mieux indemnisé 30 % du Smic, à des jeunes diplômés qui totalisent parfois cinq ou sept ans d'études supérieures, et trois ou quatre stages déjà, cette entreprise comprend-elle vraiment la «valeur travail» ? Un travail n'est-il pas censé être rémunéré ? Est-il bien normal qu'en France autant de jeunes soient légalement exploités par les entreprises ? Est-il est normal que cette main-d'oeuvre réalise gratuitement le travail d'une secrétaire normalement payée au Smic, voire carrément celui d'un collaborateur payé beaucoup plus ?

Exhausted

Depuis le temps que je rêvais de lire un papier comme celui-ci, quelqu'un qui évoque enfin ce pervers confort des entreprises modernes  : les stages, exploitation légale,  normalisée, acceptée. Mais exploitation quand même. C'est un courrier des lecteurs de Libé, c'est à lire d'urgence, c'est remarquable.

20 juin 2005

Le blog du premier matin

Pessinblog

Dans le Monde 2 de dimanche dernier. J'aime Pessin.

17 juin 2005

Ne lisez pas mon livre

C'est fou ce qu'on peut trouver dans les commentaires d'Amazon. Il y a un an, un bug affichait l'identité des auteurs de commentaires, révélant ainsi que les écrivains vantaient souvent sous couvert leurs propres oeuvres. Là, je tombe sur un autre commentaire d'auteur, qui vous dissuade d'acheter son bouquin.

Si l'on cherche sur l'Amazon américain le livre The Anarchist Cookbook, on tombe sur un mot de l'auteur, qui vous explique que ce livre, il l'a écrit en 1967, qu'il fumait de la drogue et croyait au communisme et fréquentait des gens bizarres. Depuis, il a couché avec une dame et a éduqué des enfants, fait des études, il va à l'église, et considère que ce livre était "le malheureux produit de ma colère adolescente et de la perspective d'aller au Vietnam, me battre dans une guerre en laquelle je ne croyais pas".

Anarchy

Bref, il a essayé de faire disparaître son livre, d'en stopper la publication, mais il n'avait pas le copyright sur celui-ci. Et pire encore, l'internet a réveillé l'intérêt du public pour son ouvrage. Voilà un auteur réduit à demander à son public de ne pas acheter son livre, Beigbeder qui déboulerait à la Fnac Montparnasse pour vous cacher l'édition de poche de 99F.

Il faut le comprendre aussi. Il ne dit pas juste merde, dans ce livre, il donne la recette des cocktails molotov, des bombes artisanales, plein de choses moyennement sympathiques. Les commentaires qui suivent sont à cet égard assez drôles. L'un des lecteurs explique l'avoir adoré gamin, mais en le relisant, "le seul passage utile est celui sur la drogue". Pour un autre, "on trouve sûrement de meilleurs conseils pour fabriquer des explosifs sur le net". Un bonheur.

14 juin 2005

Une phrase de Florence

Je me suis dit, ça y'est, ils vont me sortir et me mettre une balle dans la tête sur Internet.

Elle évoque sa captivité, et a de ces phrases, qui disent tellement plus que ce qu'elles racontent.

Je suis beau, j'ai pas de fil

Comme ils disent dans les publicités pour les grands groupes, Bienvenue. Bienvenue dans un monde où la technologie nous libère des chaînes du bureau, nous permet d'être avec le monde entier au milieu du désert, de travailler avec du sable entre les doigts de pied, de fignoler nos Power Point en écoutant les mouettes, d'envoyer un mail à nos petits-enfants les fesses trempées par la neige d'un glacier. Trop la classe, merveilleux, de l'ordre du sublime.

NumeriserCette semaine, l'Express mag est entièrement consacré au "Numérique nomade". En couverture, un body-buildé torse nu - entre moine zen et jeune du 93, on ne voit pas la marque du jogging blanc - surfe d'un doigt sur son portable, assis en tailleur sur une dune au milieu du désert. Comprenez : le sans-fil, c'est la liberté retrouvée, un souffle nouveau, l'adieu aux cordes et aux noeuds. J'aime comment c'est à chaque fois représenté, avec un savant mélange de zénitude et de romantisme.

Dès qu'il faut donner à voir l'invisible, la réseau flottant dans les airs, l'homme libéré du fil, on plane dans une représentation romantique faite d'espaces incongrus, de cheveux dans le vent. C'est çà se demander si ces technologies ne sont pas si rébarbatives qu'on ne peut en souligner l'attrait, l'intérêt qu'en exagérant l'avantage qu'elles procurent.

Pas la peine d'attendre pour en voir le ridicule, mais il faudra toutefois les revoir dans dix ans. Elles seront alors l'équivalent des jeunes cadres dynamiques avec une Swatch, des calculettes Casio  et des femmes qui assurent en Rodier. Ah, tu te souviens, quand on posait avec notre gros ordi à la terrase du village ?

25 mai 2005

Transatlantys, ha ha ha

Il y au moins une bonne chose avec le marketing viral : les publicitaires s'amusent. Et c'est toujours ça de pris, des gens qui s'amusent.


Je me souviens de la fois où j'avais cherché à savoir comment avait été monté le canular Dalaro pour la Volvo S40. C'était avant que la campagne ne soit lancée en France, et j'avais réussi à décrocher une interview avec l'un des publicitaires néerlandais à l'origine de la blague. Il avait pris un malin plaisir à faire comme s'il existait vraiment un village où 32 personnes avaient acheté la même voiture la même semaine. Il m'expliquait, très pince sans-rire, que Volvo leur avait demandé un reportage sur ce phénomène. A la fin, il s'est excusé d'avoir "prolongé un petit peu" la blague.


Je retournai la blague quelques mois plus tard : lorsque la campagne était lancée en France, mes articles sur le canular apparaissaient en tête des résultats lorsqu'on cherchait "Dalaro" sur Google. Si bien que Volvo a cherché à me joindre au milieu de la campagne, qui n'a jamais été poussée aussi loin en France qu'elle ne l'avait été en Grande-Bretagne.


Twomenlaughing_1 Le même amusement, je l'ai senti hier en parlant au téléphone avec le responsable communication de DDB, le groupe qui a créé le site Transatlantys.com, vantant la construction prochaine d'un réseau ferré sous-marin qui relierait Paris à New York en 8 heures. Je parlais à un gosse qui a fait une bonne blague. Il m'a fait épeler l'adresse du site, a joué celui qui le découvrait, pris un ton surpris lorsqu'il a vu le nom de son groupe dans les mentions légales du site. Puis il a promis de se renseigner et de me rappeler. Bien sûr.


Ce n'est déjà plus une surprise, le site est une publicité déguisée pour Voyages-sncf, supposée faire monter la sauce sur leur service de réservation d'avion. C'est mignon, c'est plutôt bien foutu, et on sent qu'ils ont dû s'amuser à le faire. Surtout, chez DDB, ils doivent bien rigoler : on y croit, puis on doute, puis on explique longuement pourquoi il ne faut pas y croire. Petits malins de marketeurs.

20 mai 2005

Ah, si j'étais un nerd...

Je n'aurais jamais cru. Comme tout le monde, je m'en suis lassé depuis bien longtemps. Mais voilà : l'interview la plus intéressante que j'ai lue cette semaine concerne... les flash mobs.


Elles semblent bien loin déjà, bien ringardisées, avec raison. Mais voilà cette fine interview de l'homme qui les a inventées, plutôt de celui qui a le premier eu l'idée. Bill, de New York City, qui a un regard juste sur le phénomène éphémère qu'il a créé.


Ne serait-ce que lorsqu'il explique en quoi les flashmobs étaient selon lui new yorkaises par essence, ce Bill vaut le coup d'être lu.

"D'un côté, [chaque New Yorkais] veut découvrir ce qui excite tant tout les autres. De l'autre, ils veulent juste faire partie de ce qui se passe (...) Le désir collectif de ne pas 'passer à côté' a aidé les flash mobs à grossir"

"J'ai peut-être été le seul à être cynique depuis le tout début", dit-il aussi. J'aime bien.


Tunick Pour continuer avec les conseils de lecture (en anglais également, désolé), les plus geeks d'entre vous pourront aller lire ce billet de Robert Cringely sur les récentes décisions de Google, Microsoft et Apple, et ce qu'elles pourraient changer dans nos vies. Long, complexe, passionnant.


Sinon, si vous comprenez bien l'anglais, regardez cette (vieille mais bonne) vidéo. Vous constaterez que les fans de Star Wars américains ont plus d'humour que les blogueurs.


Enfin, faites un faux Photoshop dans une boîte. Un avion qui se crashe sur la musique d'Interpol

21 mars 2005

Back

Ce matin, dans le métro, une femme s'est assise. Cheveux raides et roux, imperméable beige presque trop amidonné, un pansement à l'index, et un livre en italien sur l'histoire de Nutella.

Woh, ça fait du bien de revenir (en douceur - progressivement - pas à pas - chaque chose en son temps).

24 novembre 2004

350$ les 87 mots

Allez, la petite histoire que j'a lue avant d'aller me coucher.

Chris Turner est un journaliste canadien barbu. Il a récemment publié Planet Simpson, apparemment le livre de référence sur le dessin animé du même nom. Dans son livre, il a cité plusieurs paroles de Radiohead. Parfois en exergue, parfois dans le corps du texte. Un représentant de Warner a envoyé une facture à son agent. 350 dollars pour des emprunts, de trois lignes ou moins à chaque fois, de "The Bends", "Idiotheque" et "I might be wrong".

Il a écrit un long texte là dessus. Dans lequel il raconte qu'il hallucine d'autant plus qu'il a rencontré Thom Yorke et Johnny Greenwood en 2001, qu'il leur avait offert un exemplaire du magazine dans lequel avait été publié son essai sur l'environnement. Thom Yorke en avait palré au public entre deux chansons, le lendemain pendant son concert.

Bref. Radiohead n'aurait probablement pas réclamé cet argent. Warner l'a fait. Fuck the intermediaries. L'histoire est longue, mais bien.

Sinon, faudrait que je raconte des histoires à moi, à nouveau, un peu.

19 novembre 2004

Deux idées pour votre week-end

C'est vendredi, il est temps de penser à occuper votre week-end. Permettez moi de vous faire deux aimables suggestions.


Vous aurez sans doute plus de matériel après les fêtes, mais on ne va pas se priver d'une raison futile et délicieuse d'acheter du champagne. Design Within Reach, site américain qui entend rendre le design plus accessible et mieux répandu, organise cette année pour la deuxième fois son grand concours de chaises en bouchons de champagne.

Donc, voilà : vous prenez le bouchon, la petite cage en fil de fer, le petit chapeau, et avec vos dix doigts et les outils de votre choix, vous faites une chaise. Vous pouvez même gagner des sous...

Si vous n'êtes pas très habiles de vos mains, et que le Beaujolais nouveau (honte à vous) vous a dégouté de l'alcool pour la semaine à venir, vous pouvez aussi passer, dimanche, au DIY Boogie. C'est une sorte de congrès rigolo et festif des fanzines et webzines. Il y aura plein de gens biens, plein d'activités rigolotes, et puis La Blogothèque sera présente, et vous gravera des compilations gratuitement, à la demande.

Si c'est pas chouette, ça...

13 novembre 2004

Les yeux vers le ciel

A la fin de l'été dernier, un cascadeur est monté au sommet de l'un des buildings de Londres, pour se laisser tomber sur une pile de matelas. Quelques personnes remarquèrent ce qui se tramait. Elles se sont arrêtées, ont levé les yeux vers le haut du building, cherchant à voir le fou se préparant à sauter. D'autres personnes virent les premières personnes regardant vers le haut. Elles ont levé la tête à leur tour, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'une foule s'amasse dans la rue, les yeux vers le ciel.

L'auteur du weblog City of sound passait par là. Il avait un appareil photo numérique, il a pris plusieurs clichés de cette foule levant le menton. C'est assez fascinant. Et le texte qui raconte la chose est passionnant.

Bon week-end. Et merci pour tous ces liens...

07 novembre 2004

Better than flash mobs

Avant-hier soir, je suis tombé sur cette excellente page : Writers against piracy, une parodie de manifestation d'écrivains en colère contre les bibliothèques publiques qu'ils assimilent au Napster des livres. Ils se sont rassemblés, six ou sept personnes devant la grande bibliothèque de New York, avec des slogans comme "Don't be a crook, buy a book" ou "It breaks my heart whhen you pirate my art". Je l'ai mis dans la boîte à liens avant d'explorer le site plus avant.

Et quel site. Cette fausse manifestation était une initiative du groupe Improv Everywhere, une bande de potes qui multiplient les happenings délirants : une demande en mariage ou une partie de bingo dans le métro, une séance de natation synchronisée ou une croisière sur bateau gonflable dans une fontaine municipale... Suivis par des caméras de télévisions, ils ont créé la Hug Patrol et sont allés frapper à la porte d'inconnus pour les serrer dans leurs bras. Ou ont célébré l'anniversaire d'un inconnu qu'ils ont appelé Ted pour l'occasion.

Mais je suis d'accord avec Rumming through the crevices : leur plus belle performance est sans conteste Best gig ever. Ils ont choisi un de ces petits groupes 'provinciaux' qui viennent jouer avec dans de sombres salles new yorkaises pour se faire connaître. Et ils ont décidé d'en faire le meilleur concert que ce groupe ait jamais connu : ils sont venus à cinquante, ont réclamé des rappels, ont porté des t-shirts qu'ils s'étaient fabriqués à l'effigie du groupe, ont acheté tous les disques... Ayant appris, après le concert que cet enthousiasme était monté de toute pièces, le chanteur eut une belle réaction : "I don’t know about you, but I feel like I have one life to live, and I choose to forever believe in what I felt that night. It’s my memory, and just because I was told it wasn’t real, doesn’t mean it didn’t feel real TO ME. What do I care just as long as I had a GREAT TIME?"

Bref, c'est plus léger, plus rigolo que des flash mobs, et ça prouve qu'elles n'avaient pas inventé grand chose. Putain, j'adore New York.

27 octobre 2004

Dieu, qu'il est laid (MAJ)

Apple est fier de vous présenter le iPod édition limitée Jeanne Mas.

Voici donc l'objet le plus laid jamais sorti par Apple, et l'opération marketing la plus ridicule de l'année. Ça me fait penser à ces gens qui roulent en Golf Bon Jovi. J'ai toujours voulu aller leur demander s'ils l'avaient juste achetée pour l'autoradio de série. Mais on est souvent con quand on est en voiture, alors je me suis retenu.

PS : Cet iPod affreux n'est qu'un ratage anecdotique. En revanche, j'ai le sentiment que Steve Jobs a commis la première bourde dans l'histoire de son baladeur chéri, en refusant d'y mettre la vidéo. Certes, il reste fidèle à la philosophie qui a présidé à la naissance de l'iPod : se limiter à des fonctions que l'on a optimisées au maximum. Ainsi, d'après les premiers aperçus de l'iPod photo, il semble que les fonctions relatives aux images soient parfaitement pensées et implémentées. Par exemple, quand on le branche sur une télé, les photos sont affichées en plein écran sur cette dernière, mais des commandes et des infos apparaisent sur l'iPod...

Seulement, avec la vidéo, c'est un gros marché qui risque d'échapper à Jobs. Il explique qu'il a peur d'encourager le piratage. C'est une hypocrisie complète, à l'heure où en moyenne, il n'y aurait qu'une vingtaine de chansons achetées sur l'iTunes Music Store par iPod vendu dans le monde. Il explique également que l'écran de l'iPod est trop petit pour profiter pleinement d'une vidéo. Soit, mais il y a un câble pour brancher ça sur une télé. En outre, la plupart des téléphones qui proposent de la vidéo n'ont pas un écran plus grand, et ça marche, le public est demandeur.

Surtout, il y a un vrai business pour la vidéo musicale. Les acheteurs de l'iTunes Music Store, prêts à dépenser 1 euro pour un morceau de musique ne seraient ils pas prêts à dépenser 1,50 euros pour avoir le morceau et la vidéo qui va avec ? Les utilisateurs d'iPod ne seraient ils pas enthousiastes à l'idée d'avoir les dernières bandes annonces de films sur leur baladeur, un domaine dans lequel Apple s'investit déjà pas mal... Enfin, n'aimeraient-ils pas pouvoir transporter les films qu'ils ont réalisé avec iMovie (une appli Apple) et les montrer à n'importe qui, n'importe quand ?

Je ne comprends pas. Le Music Store permet l'afichage de vidéos. Reste donc juste à espérer que l'iPod photo est dôté d'une puce assez puissante pour qu'une simple mise à jour logicielle permette l'affichage de vidéos. Il y aurait ainsi peu à faire pour justifier le prix exorbitant de ce nouveau gadget, pour le mettre au niveau de ses concurrents de plus en plus pertinents et performants, pour prolonger le succès mérité de l'iPod, quoi...

01 septembre 2004

An Apple evening in Paris

Naïvement, on avait cru que ce serait une belle soirée. La marque qui invitait était plutôt classieuse et avait acquis une réputation assez solide dans le monde de la musique pour nous faire espérer des invités prestigieux. D'autant plus que le lieu l'était, prestigieux. Et notre hôte avait pris soin de faire croire que les invitations étaient rares.

Mais voilà : soirée Apple à l'Olympia, un four, un vrai. Et à la réflexion, on pouvait s'y attendre. Ce qu'on peut être naïf, parfois.


Le grand hall de la salle est plein à craquer. Difficile de circuler dans les escaliers / gradins qui mènent au bar bondé. Chaque invité s'est vu distribuer des tickets vierges de l'Olympia qui donnent droit à des boissons gratuites. Au choix : demi dans un gobelet en plastique, whisky-coca, gin-tonic, soda ou jus de fruit toujours dans les gobelets en plastique. Il y a foule, pourtant la salle est grande. L'explication de cette exceptionnelle densité ne viendra que lorsque, muni de nos fadasses demis, nous pénétrerons dans la salle à proprement parler.

Deux Dj, de part et d'autre d'une scène bien triste et vide, s'agitent devant un écran vidéo. Dans la salle, en tout et pour tout, une trentaine de personnes qui les regardent, le bras plié, le verre en plastique contre le ventre. Trois quatre mecs essayent de danser, échouant misérablement à dissiper l'artificialité de leurs mouvements. Ils dansent comme votre grand cousin timide que l'on a forcé à se trémousser sur le tube de l'été lors d'un mariage : les bras collés sur son torse ridiculement penché de côté alors que les jambes restent raides, les avants bras qui moulinent. Impossible de ne pas noter leur gaucherie, il y a dix mètres carrés de vide autour de chacun d'eux.

Retour dans le hall pour l'éclair de lucidité. Le ratio homme/femme est navrant, une pour six au bas mot. L'ambiance est tristement masculine, et en se plantant en haut des gradins pour balayer l'assistance du regard, on constate que cette soirée Apple n'est pas ce que l'on attendait. Elle a été organisée pour les revendeurs et partenaires. Vestes à carreaux beigeasses, chemises Ralph Lauren voyantes, pantalons à pince et cranes dégarnis : on a été trompés, ce n'est pas une soirée parisienne, c'est la réunion bimensuelle de la convention des revendeurs Apple en province.

Pas de show-room, de la mauvaise musique dont personne n'a rien à foutre, aucune présence d'Apple dans le décor, on ne sait pas même qui a organisé cette soirée. Et l'Olympia qui n'est pas adapté à ce genre d'événement. Son hall, censé être un lieu de transit, devient le centre de la soirée. Tout semble gauche et inadapté.

Nous partons donc. Dans un coin derrière la première porte vers la sortie, deux ados face à face partagent le casque d'un iPod sans faire attention à l'agitation de façade alentour. Tout est dit. Nous leur offrons nos tickets-boissons.

14 août 2004

I, sponsor

Will Smith se lève. Il s'asseoit sur le bord de son lit, dans un appartement un rien miteux. Il prend une télécommande, la pointe vers la caméra. Changement de plan : un zoom lent vers une chaîne hi-fi, une JVC. C'est clairement indiqué, la marque est en blanc, au beau milieu de la chaîne. Après une douche qui donne une bonne occasion de mettre en valeur la plastique de WS, on le voit prendre une boîte de chaussures. Des Converse : WS retourne la boîte dans tous les sens, lentement, le logo danse devant la caméra de bénéficier de son gros plan, losque WS lace ses baskets (des vintage, de 2004, malin). Il sort de son appartement. Un robot l'y attend, un robot coursier, le logo de Fed ex imprimé sur le torse (?). WS le bouscule, monte dans sa voiture : lorsqu'elle démarre, un gros plan sur les cercles croisés d'Audi.

En quarante-cinq secondes, trois marques, mises en valeur sans aucune dissimulation, sans même un effort de finesse. Oh, rien de bien nouveau : il y avait eu Gap et Guinness dans Minority Report, Seul au monde qui ressemblait à un documentaire à la gloire de Fed ex (encore). Mais jamais je n'avais fait face à une telle grossièreté, celle d'une séquence à valeur nulle dans l'intrigue, prolongement du générique et dernière pseudo-dissimulation de l'importance des marques dans le financement des films. Un article le dit très bien dans le Libé de ce week-end :

"Pour le spectateur, difficile de zapper le nom de la marque. Plongé dans une salle obscure, captivé par l'intrigue, il ignore qu'il est la cible d'un message publicitaire détourné, qui se distinguera des slogans et des affiches qui l'assaillent via les médias traditionnels" (merci Douze Lunes)


Pendant le générique du film, on voyait une ombre s'avancer timidement, cacher l'écran les épaules courbées et se baisser : I, Robot était le premier film dont je regardais une copie filmée dans la salle. Je n'ai pas eu l'impression de voler qui que ce soit. J'avais des Converse au pied. Des vintage, des années 80.

PS: Il y a bien pire. Aux JO d'Athènes, les spectateurs n'ont pas le droit de prendre avec eux de bouteille d'eau ou de casse-croute, afin que Coca et MacDo puissent vendre leurs produits. Un article édifiant du Monde, lu grâce à Politique et LL.

13 août 2004
27 juillet 2004

Super Size Répu

Plus simple et économique que faire croire au rachat d'une place autrichienne par Nike, plus accessible que des détournements Photoshop, la dénonciation de l'emprise grandissante des marques sur notre société peut passer par des gestes simples.

Je ne suis même pas sûrs que les auteurs de cette plaisanterie étaient conscients de sa portée politique. C'était hier soir, vers minuit, place de la République, à Paris.

26 juillet 2004

La boîte aux lettres

Un soir, sur le boulevard Richard Lenoir. Dans ma poche, une enveloppe contenant mon arrêt de travail, je cherche une boîte aux lettres, essaye de rester concentré, pour ne pas avoir à me blâmer, le lendemain, d'avoir encore oublié de poster ce satané courrier. Heureusement, la boîte arrive assez vite. Elle tourne le dos aux voitures, plantée au bord du trottoir, à côté d'un bistrôt fermé. Je prends l'enveloppe, m'apprête à la glisser, quand je suis pris d'un étrange doute. Ma lettre va-t-elle arriver si je la poste ici ?

La boîte est pourtant en bon état, l'heure des levées clairement indiquée. Mais ma subite suspicion est tenace : je doute d'une boîte aux lettres de la Poste, je me demande si elle n'est pas abandonnée, si elle encore fréquemment relevée. Comme s'il s'agissait d'un vestige du passé, comme une cabine téléphonique taguée, le combiné arraché. Une institution pérenne, cinq fois vieille comme moi, presqu'éternelle, vacille. J'ai plus confiance en un service de mail qu'en mon facteur, et la panique change de bord. Mes habitudes virtuelles font tanguer mes certitudes matérielles. Quelle horreur. J'ai soudainement envie de poster des tonnes de lettres, et de les suivre. Comme pour me rassurer.

05 juillet 2004

L'annonce dans sa forme la plus pure

Ce matin, dans le cahier Emploi de Libé, perdue dans une jungle d'offres de formations floues et onéreuses, cette petite annonce. J'ai appelé le monsieur, j'étais malheureusement le premier. On a discuté cinq petites minutes.

Il arrive à la retraite, trop mince pour lui assurer un bon train de vie. Tout ça parce qu'il a "pas mal bourlingué, pas toujours cotisé". Mais ces balades , ça lui fait un "CV de quatre pages", et ça, "c'est pas facile à caser dans une petite annonce". Alors le monsieur s'est dit que "sait lire et écrire, ça veut tout dire", il l'a mis dans son annonce même si à l'origine, c'est Guitry qui l'a dit.

Il peut faire n'importe quoi, ce monsieur. Enfin n'importe quoi sauf "les mathématiques, la chimie, la physique, la géométrie, tout ça je suis nul". Mais pour les sciences humaines, l'histoire, la culture, "surtout la culture", là y'a pas de souci. Bref, du secrétariat pour un chercheur ou des choses comme ça...

J'étais le premier à appeler. L'annonce ne reparaîtra pas, "c'est un peu le loto". Alors, avec son accord, je me permet de lui offrir un numéro joker. Voilà, on pourrait avoir une idée chouette, où semaine après semaine, les sites se relieraient pour afficher son annonce. Parce que voilà, quelquefois, faut récompenser les culots modestes et pleins d'esprit.

25 mars 2004

La chronique, c'est pas pour les retraités

Le Monde 2, depuis qu'il est hebdomadaire, s'est rapidement glissé dans mes petits rituels du week-end. Cela tient bien sûr à ce qu'il accompagne parfaitement le café du début d'après-midi, que feuilleter ses pages photos est un moyen assez tranquille d'attendre que la gueule de bois passe. Mais cela tient aussi à ce qu'il s'ouvre sur quatre délicieuses pages de chroniques de merde, et dieu sait ce que j'aime les chroniques de merde.

Le Monde 2 a fait fort. Passent les digressions hebdomadaires, certes précieuses et surtravaillées (mais pas trop cons) d'Edwy Plenel. Passent également les notules de Christian Colombani, assez fines. C'est après que ça se gâte. Chaque semaine, nous avons donc droit à trois chroniqueurs fadasses, sans aucune originalité, qui nous donnent l'impression d'avoir rédigé leur papier entre deux cafés à 3,5 €. (attention, c'est long)

  • Commençons avec Geneviève Brisac, critique littéraire depuis quelques années au Monde, nous parle de sa vie citadine : sa chronique s'appelle "En Ville". Geneviève écrit comme le ferait une quinqua qui essaye de passer pour classe, branchée et décontracte auprès des filles de ses copines qui pigent pour Biba et Zurban, mais qui tient malgré tout à faire passer un message fort. Or, elle n'a rien à dire : la semaine dernière, elle a brillamment réussi à faire un parallèle entre la campagne du ministère de la Santé nous invitant à marcher plus et le nombre de manifs qui nous ont fait marcher ces dernières semaines (Marcher <-> Marcher, vous avez saisi ?). La semaine d'avant, elle nous racontait combien elle avait souffert pour obtenir une nouvelle télécommande Noos, et que c'était vraiment des gens qui respectaient pas les gens. Bref, Geneviève Brisac s'ennuie ferme. Et dans Le Monde 2, ça fait un peu tâche.
  • Suit Pierre Assouline, un monsieur de prestige, un pas n'importe qui, un monsieur qui écrit bien, et qui sait écrire sur les autres personnes qui écrivent tout aussi bien (si ce n'est mieux) que lui : il a été rédacteur en chef de Lire et il parle sur France Culture. Avec un tel bagage, on pourrait s'attendre à du lourd. Mais non, encore raté. La première chronique de monsieur nous expliquait que le Scarface de de Palma était un film mythique, surtout dans les banlieues, parce qu'il était une chronique de l'ascension puis de la chute. La semaine dernière, plus fort encore, Assouline découvre avec stupeur que merde, on met de moins en moins le nom du réalisateur sur les affiches de film, qui mettent en avant "le créateur ou encore les producteurs, à croire qu'ils en seraient les auteurs !". J'ai peur que samedi prochain, il ne s'offusque de la schizophrénie de Beigbeder.
  • Suit Pierre Lescure, M. Canal +, et ses leçons d'analyse des médias. Mais j'ai assez éreinté pour aujourd'hui.

Certes, on trouve de bien pires chroniqueurs, certes j'ai lu bien plus mauvais. Il n'y aurait qu'à citer Philippe Nassif, votre Lexomil hebdomadaire dans Zurban. Mais ce qui m'agace, c'est de voir une telle culture de la médiocrité dans un magazine comme