|
07 mai 2007
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait gris, maussade, par ici... Bien évidemment triste, déçu, un poil anxieux. Un peu satisfait toutefois que tout cela, cette campagne, soit terminée. Tout cela, ce ne sont que de meilleures raisons encore de nous consacrer à nos jolies choses. Tiens, je vais peut être réécrire. 10 janvier 2007
Couvrir un Keynote de Steve Jobs depuis mon ordi, branché sur 15 sites et trois canaux de chats est à chaque coup une expérience à la fois trépidante et frustrante. Hier, pour l'annonce de l'iPhone, ce le fut plus que jamais. Point de baratin ici, j'en veux un j'en veux un j'en veux un, mais juste quelques liens. Comme toujours, Kernel Panic fut à la fois à la pointe et très drôle. Voir son faux compte-rendu du Keynote, plein de très bonnes private joke. L'iPhone semblait déjà joli lors de la keynote, il a l'air encore plus beau en vrai. Voir la galerie sur Engadget. Pour rappel, un blog regroupe tous les iPhone imaginés depuis quelques mois. Sur Engadget, toujours, voir l'évolution des actions Apple et de quelques constructeurs de téléphones après l'annonce (le patron de Nokia a l'air trop content), ainsi qu'un comparatif des tailles. Gizmodo et David Pogue du New York Times ont pu prendre l'iPhone en main. Time fait un long article de quatre pages sur la genèse de la bête. Passionnant. MAJ : Un excellent article de Tristan Nitot sur l'ouverture ou non de l'iPhone, le non moins excellent compte-rendu de #ffooaa, la page MySpace du iPhone et le seul petit problème MAJ2 : Kottke a écrit le billet définitif sur l'iPhone. Et propose quelques liens intéressants : un FAQ de David Pogue (qui l'a eu une heure en main), un article qui explique l'iPhone pourrait sauver le marché de l'édition, un autre qui décrit le désintérêt des Japonais (ils ont déjà mille fois mieux) et bien sûr, l'écran tactile 'multi-touch' n'est pas exactement une nouveauté. 19 décembre 2006
Je ne comptais pas relayer cette "merveilleuse" idée du magazine américain TIME, qui a décidé de décréter que chacun de nous était la personne de l'année, pourvu que l'on ait uploadé une vidéo sur YouTube, raconté ses premières dents sur MySpace ou mis en valeur un article insolite sur Digg. C'est un merveilleux coup marketing, repris de partout, car chacun peut y mettre, y voir ce qu'il y veut, du grand média qui tient son prétexte pour un petit article facile sur l'émergence des nouveaux médias qu'il n'a toujours pas réussi à cerner au blogueur agacé de voir son objet chéri offert à tous et célébré par une multitude de bizuts émerveillés et tellement méchants. Bref, voilà, j'en ai parlé, je me suis contredit, on est bien partis. (Ceci dit, l'article qui accompagne cette une est parfois plutôt malin. Ne faites pas comme moi, n'attendez pas d'avoir lu trente billets dessus pour enfin le lire, il mérite mieux que ça). Non, la raison pour laquelle je vous en parle, c'est parce que cette couverture a dû en faire pester quelques uns chez Chrysler, sponsor officiel de la prestigieuse Une. Comprenez. Pendant plusieurs semaines, le jour de la publication de l'article, et contre quelques millions de dollars, Chrysler a diffusé une publicité expliquant "You might not be the person of the year, but you can drive like you are". Ouch. Ils auraient pu imaginer une pirouette de dernière minute, genre "Maintenant que vous êtes personnalité de l'année, il vous faut une voiture digne de votre statut". Mais ils ont dû virer le pauvre créatif malchanceux. PS1 : Commentaire le plus drôle concernant cette couverture trouvé sur DailyKos : "I'm on the cover of Time!! but who isn't? pfffft". PS2 : Ce n'est pas la première fois que Time décide de prendre un groupe de personnes plutôt qu'un homme ou une femme comme "personnalité de l'année". En 1966, c'était les moins de 25 ans. En 1969, les Américains moyens. 01 décembre 2006
08 septembre 2006
Qu'il est difficile de choisir un bon slogan, une formule accrocheuse, sympathique, qui réussit à englober et transmettre un état d'esprit tout en s'accommodant à tous supports, à tous messages qu'il est supposé accompagner. "Aujourd'hui, ça c'est Paris" est loin d'être un slogan exceptionnel. Mais il est sympathique, pas nocif pour un sou. Seulement, quand il se colle en bas d'une nouvelle campagne sur la sécurité routière, il faut bien faire attention à où il est placé. Parce que là, vu comme ça, ça fait bizarre. 13 avril 2006
Dégotée sur l'effrayant site Blog-Event, par un lecteur de Brain Not Found après un billet assassin de ce dernier sur le sujet. Nous y découvrons le merveilleux travail de "blog reporter".
06 avril 2006
C'est incroyable. J'ai laissé Moran***** en une de mon blog pendant une semaine. Faut pas me laisser faire ça.
Ce matin, à l'entrée du métro, des filles "jaune canari 118008" distribuaient des calepins jaunes aux couleurs du 118008 et ont eu l'air de ne pas me comprendre lorsque j'ai refusé leur petit cadeau. La dernière page de 20 minutes était elle aussi vendue à la gloire du 118 008, et quand je suis sorti à Porte de St Cloud, on a voulu me filer un Metro entièrement enrobé du jaune canari du 118 008 et tenu plié par un anneau 118 008. Partout, sur les bancs, sur le trottoir de la gare routière, ces anneaux déchiquetés traînaient. Nausée, rage, et incompréhension : les directeurs marketing n'ont-ils jamais entendu parler de phénomène de saturation ? Ma colère a aussitôt été étouffée par une image plus désespérante encore. Je suis resté comme un con : en face de moi, il y avait une publicité pour un burger Cauet. Un burger Cauet. Quelqu'un l'a goûté et en parle sur internet. Quelle époque. Je ne pouvais pas en plus laisser M**** en tête de mon blog. 21 mars 2006
Le CPE, c'est un peu comme tous les sujets sérieux, j'aime bien ce qu'en disent les autres. Joël, deux extraits d'un billet. Je tiens avant toute chose à exprimer ma sympathie nostalgique aux jeunes gens qui manifestent bruyamment. La grève romantique est un élément structurant de la jeunesse, je l’ai moi-même pratiquée en mon temps, et cela a été pour moi une expérience vivante et inoubliable de la prise de parole en public, de la manipulation de l’opinion et des cours de récréation, et des filles qui sont toutes plus belles au printemps quand on boit des bières assis par terre en écoutant Bob Marley que dans une salle de cours en préfabriqué. Vieux con bienveillant, va. Si on avait pu voir autant de monde dans les rues à propos des lois sur la présomption d’innocence, le logement social, les baisses d’impôts et les défiscalisations clientélistes, les constitutions et les croisements de fichiers informatiques, la fin des rave parties, la repression des téléchargeurs et des consommateurs de ganja, on serait quand même un peu plus enclins à se sentir mieux en France. Oui, c'est passé comme ça, tranquille, vers 17h. Le projet de loi sur le droit d'auteur a été voté cet après-midi. Vu sa bêtise, ses énormités, ses incohérences, son inadaptation, vous allez sans aucun doute en entendre de nouveau parler. C'est pas parce qu'il a fini par passer qu'on va tout laisser couler. 14 mars 2006
Je bosse beaucoup, j'y suis obligé. Je suis hyper angoissé par la vie. Je me dis qu'il va y avoir un jour où je ne vais plus avoir de boulot, qu'il y a un truc qui va se péter la gueule quelque part. Le fait de travailler énormément m'empêche de me poser trop de questions. Riad Sattouf, interviewé dans A Nous Paris 24 février 2006
03 janvier 2006
Il faut attirer le jeune, l'urbain, le gamin rebelle. Alors dans les rues des quartiers, on colle des grafittis géants de bonshommes jouant à la PSP. Ce que vous voyez, ci-dessus, c'est la dernière campagne de pub de Sony pour sa console portable. Elle a énervé tout le monde, et a mis pour la première fois les défenseurs du Street Art et les municipalités d'accord. Sony a quand même essayé de dire que non, elle n'y était pour rien, c'était juste que les gens adôôôrent la PSP, mais ça n'a pas trop pris. Le street art a répondu directement sur les murs. Les municipalités ont pris des mesures. La mairie de Philadelphie a lancé une injonction, exigeant que l'on enlève ces publicités.
21 novembre 2005
Bref. Le personnel du journal s'est mis en grève et il n'y aura pas de Libé demain à lire dans le train qui ne circulera pas. Pour l'annoncer, ils ont simplement mis sur Libe.fr un communiqué de trois lignes. Vu qu'il est dans la rubrique "Médias", le dernier papier de cette rubrique est automatiquement mis en lien. Cruelle ironie, que ce titre pour un papier qui n'a (presque) rien à voir, mais semble soudainement, tristement, à propos. 07 novembre 2005
Hier, à la télévision, j'ai vu Jean-Marie Colombani inviter les lecteurs qui avaient lâché Le Monde à revenir l'essayer, à profiter de la nouvelle formule pour lui donner une nouvelle chance. 21 octobre 2005
Le gros buzz du moment, c'est Dennis Madalone, ancien coordinateur des cascades de Star Treck, qui a soudainement vu la lumière et décidé de chanter pour soutenir l'Amérique. Ça s'appelle America We Stand As One, et je vous jure, ce n'est ni une blague, ni une vidéo réalisée pendant la vague du Hard FM des années 80. Ce serait déjà la vidéo la plus téléchargée sur internet. C'est trop beau, je suis le mouvement. Bon WE. 29 août 2005
25 juillet 2005
C'est aussi ça, un objet devenu symbole : un produit de consommation dont la seule représentation graphique et brouillonne permet de critiquer un mode de vie. Un iPod gribouillé, un slogan, et pan dans les dents. Le lecteur mp3, symbole d'un investissement sentimental grandissant dans notre rapport aux objets. 04 juillet 2005
Parce que les tueurs de iPod sont en ville. Que ce ne soit pas une excuse pour ne pas venir au Fightpod de mercredi (cliquez, le site est tout nouveau tout beau). 24 juin 2005
Je ne suis pas critique de ciné. Mais si je l'étais, je serais TRES énervé par ce genre d'invitation. On en souhaiterait presque que le montage ne soit pas bouclé. Parce que si c'est pour éviter le piratage du film (ça leur fait peur, la preuve ci-dessous), c'est monstrueux. La protection d'un copyright au détriment de l'intégrité d'une oeuvre, chapeau... 23 juin 2005
Depuis le temps que je rêvais de lire un papier comme celui-ci, quelqu'un qui évoque enfin ce pervers confort des entreprises modernes : les stages, exploitation légale, normalisée, acceptée. Mais exploitation quand même. C'est un courrier des lecteurs de Libé, c'est à lire d'urgence, c'est remarquable. 20 juin 2005
17 juin 2005
C'est fou ce qu'on peut trouver dans les commentaires d'Amazon. Il y a un an, un bug affichait l'identité des auteurs de commentaires, révélant ainsi que les écrivains vantaient souvent sous couvert leurs propres oeuvres. Là, je tombe sur un autre commentaire d'auteur, qui vous dissuade d'acheter son bouquin. Si l'on cherche sur l'Amazon américain le livre The Anarchist Cookbook, on tombe sur un mot de l'auteur, qui vous explique que ce livre, il l'a écrit en 1967, qu'il fumait de la drogue et croyait au communisme et fréquentait des gens bizarres. Depuis, il a couché avec une dame et a éduqué des enfants, fait des études, il va à l'église, et considère que ce livre était "le malheureux produit de ma colère adolescente et de la perspective d'aller au Vietnam, me battre dans une guerre en laquelle je ne croyais pas". Bref, il a essayé de faire disparaître son livre, d'en stopper la publication, mais il n'avait pas le copyright sur celui-ci. Et pire encore, l'internet a réveillé l'intérêt du public pour son ouvrage. Voilà un auteur réduit à demander à son public de ne pas acheter son livre, Beigbeder qui déboulerait à la Fnac Montparnasse pour vous cacher l'édition de poche de 99F. Il faut le comprendre aussi. Il ne dit pas juste merde, dans ce livre, il donne la recette des cocktails molotov, des bombes artisanales, plein de choses moyennement sympathiques. Les commentaires qui suivent sont à cet égard assez drôles. L'un des lecteurs explique l'avoir adoré gamin, mais en le relisant, "le seul passage utile est celui sur la drogue". Pour un autre, "on trouve sûrement de meilleurs conseils pour fabriquer des explosifs sur le net". Un bonheur. 14 juin 2005
Elle évoque sa captivité, et a de ces phrases, qui disent tellement plus que ce qu'elles racontent.
Comme ils disent dans les publicités pour les grands groupes, Bienvenue. Bienvenue dans un monde où la technologie nous libère des chaînes du bureau, nous permet d'être avec le monde entier au milieu du désert, de travailler avec du sable entre les doigts de pied, de fignoler nos Power Point en écoutant les mouettes, d'envoyer un mail à nos petits-enfants les fesses trempées par la neige d'un glacier. Trop la classe, merveilleux, de l'ordre du sublime.
Dès qu'il faut donner à voir l'invisible, la réseau flottant dans les airs, l'homme libéré du fil, on plane dans une représentation romantique faite d'espaces incongrus, de cheveux dans le vent. C'est çà se demander si ces technologies ne sont pas si rébarbatives qu'on ne peut en souligner l'attrait, l'intérêt qu'en exagérant l'avantage qu'elles procurent. Pas la peine d'attendre pour en voir le ridicule, mais il faudra toutefois les revoir dans dix ans. Elles seront alors l'équivalent des jeunes cadres dynamiques avec une Swatch, des calculettes Casio et des femmes qui assurent en Rodier. Ah, tu te souviens, quand on posait avec notre gros ordi à la terrase du village ? 25 mai 2005
Il y au moins une bonne chose avec le marketing viral : les publicitaires s'amusent. Et c'est toujours ça de pris, des gens qui s'amusent. Je me souviens de la fois où j'avais cherché à savoir comment avait été monté le canular Dalaro pour la Volvo S40. C'était avant que la campagne ne soit lancée en France, et j'avais réussi à décrocher une interview avec l'un des publicitaires néerlandais à l'origine de la blague. Il avait pris un malin plaisir à faire comme s'il existait vraiment un village où 32 personnes avaient acheté la même voiture la même semaine. Il m'expliquait, très pince sans-rire, que Volvo leur avait demandé un reportage sur ce phénomène. A la fin, il s'est excusé d'avoir "prolongé un petit peu" la blague. Je retournai la blague quelques mois plus tard : lorsque la campagne était lancée en France, mes articles sur le canular apparaissaient en tête des résultats lorsqu'on cherchait "Dalaro" sur Google. Si bien que Volvo a cherché à me joindre au milieu de la campagne, qui n'a jamais été poussée aussi loin en France qu'elle ne l'avait été en Grande-Bretagne.
Ce n'est déjà plus une surprise, le site est une publicité déguisée pour Voyages-sncf, supposée faire monter la sauce sur leur service de réservation d'avion. C'est mignon, c'est plutôt bien foutu, et on sent qu'ils ont dû s'amuser à le faire. Surtout, chez DDB, ils doivent bien rigoler : on y croit, puis on doute, puis on explique longuement pourquoi il ne faut pas y croire. Petits malins de marketeurs. 20 mai 2005
Je n'aurais jamais cru. Comme tout le monde, je m'en suis lassé depuis bien longtemps. Mais voilà : l'interview la plus intéressante que j'ai lue cette semaine concerne... les flash mobs. Elles semblent bien loin déjà, bien ringardisées, avec raison. Mais voilà cette fine interview de l'homme qui les a inventées, plutôt de celui qui a le premier eu l'idée. Bill, de New York City, qui a un regard juste sur le phénomène éphémère qu'il a créé. Ne serait-ce que lorsqu'il explique en quoi les flashmobs étaient selon lui new yorkaises par essence, ce Bill vaut le coup d'être lu.
"J'ai peut-être été le seul à être cynique depuis le tout début", dit-il aussi. J'aime bien.
Sinon, si vous comprenez bien l'anglais, regardez cette (vieille mais bonne) vidéo. Vous constaterez que les fans de Star Wars américains ont plus d'humour que les blogueurs. Enfin, faites un faux Photoshop dans une boîte. Un avion qui se crashe sur la musique d'Interpol 21 mars 2005
Ce matin, dans le métro, une femme s'est assise. Cheveux raides et roux, imperméable beige presque trop amidonné, un pansement à l'index, et un livre en italien sur l'histoire de Nutella. Woh, ça fait du bien de revenir (en douceur - progressivement - pas à pas - chaque chose en son temps). 24 novembre 2004
Allez, la petite histoire que j'a lue avant d'aller me coucher. Chris Turner est un journaliste canadien barbu. Il a récemment publié Planet Simpson, apparemment le livre de référence sur le dessin animé du même nom. Dans son livre, il a cité plusieurs paroles de Radiohead. Parfois en exergue, parfois dans le corps du texte. Un représentant de Warner a envoyé une facture à son agent. 350 dollars pour des emprunts, de trois lignes ou moins à chaque fois, de "The Bends", "Idiotheque" et "I might be wrong".
Il a écrit un long texte là dessus. Dans lequel il raconte qu'il hallucine d'autant plus qu'il a rencontré Thom Yorke et Johnny Greenwood en 2001, qu'il leur avait offert un exemplaire du magazine dans lequel avait été publié son essai sur l'environnement. Thom Yorke en avait palré au public entre deux chansons, le lendemain pendant son concert. Bref. Radiohead n'aurait probablement pas réclamé cet argent. Warner l'a fait. Fuck the intermediaries. L'histoire est longue, mais bien. Sinon, faudrait que je raconte des histoires à moi, à nouveau, un peu. 19 novembre 2004
C'est vendredi, il est temps de penser à occuper votre week-end. Permettez moi de vous faire deux aimables suggestions.
Donc, voilà : vous prenez le bouchon, la petite cage en fil de fer, le petit chapeau, et avec vos dix doigts et les outils de votre choix, vous faites une chaise. Vous pouvez même gagner des sous...
Si vous n'êtes pas très habiles de vos mains, et que le Beaujolais nouveau (honte à vous) vous a dégouté de l'alcool pour la semaine à venir, vous pouvez aussi passer, dimanche, au DIY Boogie. C'est une sorte de congrès rigolo et festif des fanzines et webzines. Il y aura plein de gens biens, plein d'activités rigolotes, et puis La Blogothèque sera présente, et vous gravera des compilations gratuitement, à la demande. Si c'est pas chouette, ça... 13 novembre 2004
A la fin de l'été dernier, un cascadeur est monté au sommet de l'un des buildings de Londres, pour se laisser tomber sur une pile de matelas. Quelques personnes remarquèrent ce qui se tramait. Elles se sont arrêtées, ont levé les yeux vers le haut du building, cherchant à voir le fou se préparant à sauter. D'autres personnes virent les premières personnes regardant vers le haut. Elles ont levé la tête à leur tour, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'une foule s'amasse dans la rue, les yeux vers le ciel. L'auteur du weblog City of sound passait par là. Il avait un appareil photo numérique, il a pris plusieurs clichés de cette foule levant le menton. C'est assez fascinant. Et le texte qui raconte la chose est passionnant. Bon week-end. Et merci pour tous ces liens... 07 novembre 2004
Avant-hier soir, je suis tombé sur cette excellente page : Writers against piracy, une parodie de manifestation d'écrivains en colère contre les bibliothèques publiques qu'ils assimilent au Napster des livres. Ils se sont rassemblés, six ou sept personnes devant la grande bibliothèque de New York, avec des slogans comme "Don't be a crook, buy a book" ou "It breaks my heart whhen you pirate my art". Je l'ai mis dans la boîte à liens avant d'explorer le site plus avant. Et quel site. Cette fausse manifestation était une initiative du groupe Improv Everywhere, une bande de potes qui multiplient les happenings délirants : une demande en mariage ou une partie de bingo dans le métro, une séance de natation synchronisée ou une croisière sur bateau gonflable dans une fontaine municipale... Suivis par des caméras de télévisions, ils ont créé la Hug Patrol et sont allés frapper à la porte d'inconnus pour les serrer dans leurs bras. Ou ont célébré l'anniversaire d'un inconnu qu'ils ont appelé Ted pour l'occasion.
Mais je suis d'accord avec Rumming through the crevices : leur plus belle performance est sans conteste Best gig ever. Ils ont choisi un de ces petits groupes 'provinciaux' qui viennent jouer avec dans de sombres salles new yorkaises pour se faire connaître. Et ils ont décidé d'en faire le meilleur concert que ce groupe ait jamais connu : ils sont venus à cinquante, ont réclamé des rappels, ont porté des t-shirts qu'ils s'étaient fabriqués à l'effigie du groupe, ont acheté tous les disques... Ayant appris, après le concert que cet enthousiasme était monté de toute pièces, le chanteur eut une belle réaction : "I don’t know about you, but I feel like I have one life to live, and I choose to forever believe in what I felt that night. It’s my memory, and just because I was told it wasn’t real, doesn’t mean it didn’t feel real TO ME. What do I care just as long as I had a GREAT TIME?" Bref, c'est plus léger, plus rigolo que des flash mobs, et ça prouve qu'elles n'avaient pas inventé grand chose. Putain, j'adore New York. 27 octobre 2004
Apple est fier de vous présenter le iPod édition limitée Jeanne Mas.
Voici donc l'objet le plus laid jamais sorti par Apple, et l'opération marketing la plus ridicule de l'année. Ça me fait penser à ces gens qui roulent en Golf Bon Jovi. J'ai toujours voulu aller leur demander s'ils l'avaient juste achetée pour l'autoradio de série. Mais on est souvent con quand on est en voiture, alors je me suis retenu. PS : Cet iPod affreux n'est qu'un ratage anecdotique. En revanche, j'ai le sentiment que Steve Jobs a commis la première bourde dans l'histoire de son baladeur chéri, en refusant d'y mettre la vidéo. Certes, il reste fidèle à la philosophie qui a présidé à la naissance de l'iPod : se limiter à des fonctions que l'on a optimisées au maximum. Ainsi, d'après les premiers aperçus de l'iPod photo, il semble que les fonctions relatives aux images soient parfaitement pensées et implémentées. Par exemple, quand on le branche sur une télé, les photos sont affichées en plein écran sur cette dernière, mais des commandes et des infos apparaisent sur l'iPod... Seulement, avec la vidéo, c'est un gros marché qui risque d'échapper à Jobs. Il explique qu'il a peur d'encourager le piratage. C'est une hypocrisie complète, à l'heure où en moyenne, il n'y aurait qu'une vingtaine de chansons achetées sur l'iTunes Music Store par iPod vendu dans le monde. Il explique également que l'écran de l'iPod est trop petit pour profiter pleinement d'une vidéo. Soit, mais il y a un câble pour brancher ça sur une télé. En outre, la plupart des téléphones qui proposent de la vidéo n'ont pas un écran plus grand, et ça marche, le public est demandeur. Surtout, il y a un vrai business pour la vidéo musicale. Les acheteurs de l'iTunes Music Store, prêts à dépenser 1 euro pour un morceau de musique ne seraient ils pas prêts à dépenser 1,50 euros pour avoir le morceau et la vidéo qui va avec ? Les utilisateurs d'iPod ne seraient ils pas enthousiastes à l'idée d'avoir les dernières bandes annonces de films sur leur baladeur, un domaine dans lequel Apple s'investit déjà pas mal... Enfin, n'aimeraient-ils pas pouvoir transporter les films qu'ils ont réalisé avec iMovie (une appli Apple) et les montrer à n'importe qui, n'importe quand ? Je ne comprends pas. Le Music Store permet l'afichage de vidéos. Reste donc juste à espérer que l'iPod photo est dôté d'une puce assez puissante pour qu'une simple mise à jour logicielle permette l'affichage de vidéos. Il y aurait ainsi peu à faire pour justifier le prix exorbitant de ce nouveau gadget, pour le mettre au niveau de ses concurrents de plus en plus pertinents et performants, pour prolonger le succès mérité de l'iPod, quoi... 01 septembre 2004
Naïvement, on avait cru que ce serait une belle soirée. La marque qui invitait était plutôt classieuse et avait acquis une réputation assez solide dans le monde de la musique pour nous faire espérer des invités prestigieux. D'autant plus que le lieu l'était, prestigieux. Et notre hôte avait pris soin de faire croire que les invitations étaient rares. Mais voilà : soirée Apple à l'Olympia, un four, un vrai. Et à la réflexion, on pouvait s'y attendre. Ce qu'on peut être naïf, parfois.
Deux Dj, de part et d'autre d'une scène bien triste et vide, s'agitent devant un écran vidéo. Dans la salle, en tout et pour tout, une trentaine de personnes qui les regardent, le bras plié, le verre en plastique contre le ventre. Trois quatre mecs essayent de danser, échouant misérablement à dissiper l'artificialité de leurs mouvements. Ils dansent comme votre grand cousin timide que l'on a forcé à se trémousser sur le tube de l'été lors d'un mariage : les bras collés sur son torse ridiculement penché de côté alors que les jambes restent raides, les avants bras qui moulinent. Impossible de ne pas noter leur gaucherie, il y a dix mètres carrés de vide autour de chacun d'eux.
Pas de show-room, de la mauvaise musique dont personne n'a rien à foutre, aucune présence d'Apple dans le décor, on ne sait pas même qui a organisé cette soirée. Et l'Olympia qui n'est pas adapté à ce genre d'événement. Son hall, censé être un lieu de transit, devient le centre de la soirée. Tout semble gauche et inadapté. Nous partons donc. Dans un coin derrière la première porte vers la sortie, deux ados face à face partagent le casque d'un iPod sans faire attention à l'agitation de façade alentour. Tout est dit. Nous leur offrons nos tickets-boissons. 14 août 2004
Will Smith se lève. Il s'asseoit sur le bord de son lit, dans un appartement un rien miteux. Il prend une télécommande, la pointe vers la caméra. Changement de plan : un zoom lent vers une chaîne hi-fi, une JVC. C'est clairement indiqué, la marque est en blanc, au beau milieu de la chaîne. Après une douche qui donne une bonne occasion de mettre en valeur la plastique de WS, on le voit prendre une boîte de chaussures. Des Converse : WS retourne la boîte dans tous les sens, lentement, le logo danse devant la caméra de bénéficier de son gros plan, losque WS lace ses baskets (des vintage, de 2004, malin). Il sort de son appartement. Un robot l'y attend, un robot coursier, le logo de Fed ex imprimé sur le torse (?). WS le bouscule, monte dans sa voiture : lorsqu'elle démarre, un gros plan sur les cercles croisés d'Audi.
"Pour le spectateur, difficile de zapper le nom de la marque. Plongé dans une salle obscure, captivé par l'intrigue, il ignore qu'il est la cible d'un message publicitaire détourné, qui se distinguera des slogans et des affiches qui l'assaillent via les médias traditionnels" (merci Douze Lunes)
PS: Il y a bien pire. Aux JO d'Athènes, les spectateurs n'ont pas le droit de prendre avec eux de bouteille d'eau ou de casse-croute, afin que Coca et MacDo puissent vendre leurs produits. Un article édifiant du Monde, lu grâce à Politique et LL. 13 août 2004
Ça promet 27 juillet 2004
Plus simple et économique que faire croire au rachat d'une place autrichienne par Nike, plus accessible que des détournements Photoshop, la dénonciation de l'emprise grandissante des marques sur notre société peut passer par des gestes simples.
26 juillet 2004
Un soir, sur le boulevard Richard Lenoir. Dans ma poche, une enveloppe contenant mon arrêt de travail, je cherche une boîte aux lettres, essaye de rester concentré, pour ne pas avoir à me blâmer, le lendemain, d'avoir encore oublié de poster ce satané courrier. Heureusement, la boîte arrive assez vite. Elle tourne le dos aux voitures, plantée au bord du trottoir, à côté d'un bistrôt fermé. Je prends l'enveloppe, m'apprête à la glisser, quand je suis pris d'un étrange doute. Ma lettre va-t-elle arriver si je la poste ici ?
05 juillet 2004
Ce matin, dans le cahier Emploi de Libé, perdue dans une jungle d'offres de formations floues et onéreuses, cette petite annonce. J'ai appelé le monsieur, j'étais malheureusement le premier. On a discuté cinq petites minutes.
Il peut faire n'importe quoi, ce monsieur. Enfin n'importe quoi sauf "les mathématiques, la chimie, la physique, la géométrie, tout ça je suis nul". Mais pour les sciences humaines, l'histoire, la culture, "surtout la culture", là y'a pas de souci. Bref, du secrétariat pour un chercheur ou des choses comme ça... J'étais le premier à appeler. L'annonce ne reparaîtra pas, "c'est un peu le loto". Alors, avec son accord, je me permet de lui offrir un numéro joker. Voilà, on pourrait avoir une idée chouette, où semaine après semaine, les sites se relieraient pour afficher son annonce. Parce que voilà, quelquefois, faut récompenser les culots modestes et pleins d'esprit. 25 mars 2004
Le Monde 2 a fait fort. Passent les digressions hebdomadaires, certes précieuses et surtravaillées (mais pas trop cons) d'Edwy Plenel. Passent également les notules de Christian Colombani, assez fines. C'est après que ça se gâte. Chaque semaine, nous avons donc droit à trois chroniqueurs fadasses, sans aucune originalité, qui nous donnent l'impression d'avoir rédigé leur papier entre deux cafés à 3,5 €. (attention, c'est long)
Certes, on trouve de bien pires chroniqueurs, certes j'ai lu bien plus mauvais. Il n'y aurait qu'à citer Philippe Nassif, votre Lexomil hebdomadaire dans Zurban. Mais ce qui m'agace, c'est de voir une telle culture de la médiocrité dans un magazine comme |