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09 mars 2007
La semaine dernière, Europe2 TV a diffusé deux éditions d'une émission musicale du début des années 1970, Pop2, présentée par Patrice Blanc-Francard. Un événement pour pas mal de monde, puisque dans cette émission, on pouvait voir un morceau de Robert Wyatt en concert avec son groupe Matching Mole ainsi que, surtout, trois extraits de l'un des premiers concerts de reformation du Velvet Underground à Paris, avec Louu Reed, Nico et John Cale : des images rares et précieuses que comme pas mal de monde, j'ai enregistré. Pour les concerts. Seulement, après avoir regardé l'émission,ceux-ci furent bien vite relégué au second plan. Parce que l'émission en elle même fut un choc, un heureux choc, une expérience assez jubilatoire. C'était en 1972, c'était en noir et blanc, c'était libre comme on ne sait plus le faire. Pop2 est une émission qui n'en avait cure, qui essayait, jouait, prenait le temps, expérimentait, faisait avec les pauvres moyens dont elle disposait, et le regarder 35 ans plus tardn c'est prendre un grand bol d'air frais. Premier exemple : le présentateur fait une revue de presse, assis dans l'herbe, avec des gendarmes en arrière plan qui scrutent le sol d'un terrain vague. Il commence à lire l'extrait d'une interview de Captain Beefhart dans Rock & Folk. Et alors qu'il lit, la caméra panote doucement vers la gauche, vers les gendarmes, tandis que la voix du présentateur est masquée par la musique de Beefhart. Vingt secondes, la caméra revient, ainsi que la voix, qui finit de lire son extrait. C'est d'une liberté folle, regardez plutôt (et je ne parle pas des débats sur le rock menés à la cool dans les jardins des Buttes Chaumont) Deuxième exemple : aujourd'hui, que l'on regarde Taratata ou la retransmission des Eurockéennes, un concert n'est jamais filmé avec moins de cinq caméras, des cut et des travellings rapides à n'en plus finir, des jeux de lumière, et pam pam pam il faut que ça bouge, que ça ne s'arrête pas. Pop2, en 1972, filme le concert du Velvet Underground avec deux caméras, deux caméras sages. Lorsque Lou Reed chante Berlin, la caméra s'approche lentement de son visage de profil. On ne voit pas ce qu'il regarde, il semble dans le vide, et alors que la caméra zoome, apparaît peu à peu le visage de Nico, floue à l'arrière, qui regarde Lou. Et en dix secondes quasi immobiles, l'image nous donne plus que dix minutes de Taratata. Lou Reed qui passe la main dans les cheveux, le lent travelling en cercle pour venir filmer John Cale au piano, la clope pendant ce solo... tout est lent, tout est fort. Et là ça m'a fait tout étrange. Avec les Concerts à emporter, on refilme comme en 72, et personellement, je trouve que ça fait du bien. En d'autres termes : à l'heure où nous pouvons être sur internet libres d'inventer et d'expérimenter de nouvelles formes, on ferait mieux d'aller voir l'époque où la télé était-elle aussi libre, incertaine et pauvre, plutôt que plagier ses codes d'aujourd'hui. Enfin, je dis ça, je dis rien... PS : Le blog Du bruit qui pense signale que la plupart des éditions de Pop2 sont disponibles (en payant) sur le site de l'INA. Promis, ça mérite vos petits euros (et les extraits gratuits vous montreront bien la qualité de cette émission) 20 juillet 2005
Jun veut donc créer des ordinateurs portables qui devinent ce dont on a besoin et se commandent différemment. On ne sait pas trop où tout cela va nous mener, mais une vidéo des Data Tiles montre qu'il est déjà bien avancé. Des plaques de verres indépendantes qui réagissent au toucher et interagissent les unes avec les autres lorsqu'elles sont mises à côté. C'est assez bluffant, et ça me fait penser à l'innovation la plus chouette que j'ai jamais vu, Blockjam, une série de cubes qui créent des séquences et( des boucles musicales quand on les pose côte à côte : le principe, la vidéo très didactique, une autre plus si
mple, le site de Vector Scan, créateur. Si on me demandait quel jouet je veux à Noël, ce serait celui-ci.* |