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03 janvier 2006

La Bonne Année !

Allez, meilleurs voeux, et tout...

Bonneannee2006

(L'originale)

01 janvier 2006

Message ivre de bonne année

Basty1 était accrédité pour assister aux débats de l'Assemblée nationale sur le droit d'auteur, le 21 décembre dernier. Il a gardé l'autocollant qui lui donnait accès à la chose, et me l'a offfert cette nuit. C'est un chouette cadeau, qui me fait bien plaisir.

Dsc00420

La soirée du nouvel an a commencé, pour des raisons en partie dépendantes de ma volonté, un peu après minuit. J'avais décidé de me lâcher, de boire (je suis encore un peu ivre), d'oublier les barrières que chaque jour je posais. J'ai fait le con, je me suis amusé, ça m'a fait du bien. Un bien fou. Ne pas penser à la gueule de bois, demain. Pensez à m'occuper de ma princesse, surtout.

Bonne année, tout le monde. Qu'elle vous permette de créer de belles choses, qu'elle vous offre l'occasion de vous amuser et de profiter, de créer.

Je vais me coucher.

06 juillet 2005

Précédés par notre réputation

Hier soir, dans le minuscule bar rock Planète Mars de la rue Keller. Je passe derrière un mec qui déclare à ses amis "Moi, le mojito, ça me retourne la tête". Moi-même un peu éméché, je lui glisse "bois autre chose, donc". Lui : "Ah, mais tu écoutes ce que dit tout le monde ?
- Oui, et je le raconte sur Internet.
- Horreur ! Un blogueur !".

19 mai 2005

Le Oui, le Non, le Rien

Fabius Je vois ça, je lis ça, et puis ça aussi, et à peine me suis-je intéressé à ce Traité pour la Constitution Européenne que je pense ça.


C'est un peu comme ce moment tragique qu'atteignent parfois les guerres larvées dans les couples. Quand il y a eu tellement de mensonges, de coups bas, de mauvaise foi, de déclarations pernicieuses que le sujet de la querelle a été oublié, que ni l'un ni l'autre ne peut plus avoir raison, que le conflit porte désormais sur le conflit. Qui a commencé, on ne peut pas vraiment le savoir. Mais on a oublié le texte, on l'a déformé dans un sens, puis on l'a déformé encore plus de l'autre côté pour démonter la déformation adverse, et ainsi de suite...


Les Oui nous prennent pour des cons. Les Non nous prennent pour des cons. Le postulat de base de ce débat a été l'assurance que les Français ne liront pas (et comprendront encore moins) ce texte. Donc, il n'est plus qu'une matière maléable sur laquelle modeler nos peurs, que ce soit du libéralisme ou de l'isolement au sein de l'Europe. Au final, quoi ? Plus ça va, plus le meilleur moyen de dire merde aujourd'hui, c'est le ni Oui ni Non. J'ai peur, pour la première fois de ma courte vie d'électeur, d'avoir une envie motivée, raisonnée, de ne pas voter.


PS : La photo de Laurent Fabius que j'ai ici honteusement tronquée est l'oeuvre d'Olivier Roller. Un grand photographe qui, d'après ce que j'ai vu sur son site, doit voir ma fenêtre (dernière à droite en dessous du balcon) depuis la sienne et partage de vagues connaissances avec moi. C'est étrange d'apprendre ça par ses photos.

10 mai 2005

Alerte people (CSA)

Hervé Bourges a pris le métro aujourd'hui. C'était peu avant 15h, à la station Porte de Saint Cloud. Il avait l'air un peu perdu, parce que les rames arrivaient des deux côtés. Il s'est assis sur un strapontin, a ouvert Le Monde, et a lu un article sur la TNT, une chronique sur la soirée politique de TF1 et un dernier sur les soucis de Guy Drut.

Il est descendu à Grands Boulevards.

06 mai 2005

Mesure de la nouvelle donne

J'ai mis mon blog en veille pendant quelques mois. J'ai observé mes vieux compères carnetiers comme derrière une vitre, suivi leurs activités sans donner signe de la mienne. J'ai joué au petit Lionel, laissant entrevoir un possible retour par quelques interventions sagement médiatisées, raisonnablement espacées.


Puis je suis revenu. Et tout avait changé. Un heureux petit hoquet à l'étranger m'a fait manquer une grande réunion, la célébration du nouveau monde qui ne semble plus être le mien. Aujourd'hui je surfe, je saute de weblog en weblog,  je vois de nouveaux noms, des nouveaux sites par dizaines, des gens que l'on appelle par leurs prénoms, des audiences qui nous auraient fait fantasmer il y a quelques mois à peine... Cela me donnerait presque l'impression de revenir voir un groupe d'amis perdus de vue pendant un court temps et de découvrir plein de nouvelles têtes, cent personnes quand nous étions quinze. Soudain, je me sens décalé.


Je lis donc le brillant billet d'Embruns sur le phénomène de dilution, je pense à ce qui a été une grosse vague : assez lente dans son approche lointaine pour que nous la prévoyions, la craignions, et soudaine lorsqu'elle s'est abattue sur nous. J'ai l'impression d'avoir vu les blogs enfler, et n'avoir pas vu l'explosion.


Je me sens un peu amorphe, un peu engourdi face à cette nouvelle donne. Je tourne mon weblog dans tous les sens, afin de trouver une nouvelle manière de lui donner consistance. Comme Embruns, je pense que l'avenir est à "des formes plus collaboratives et communautaires". Ne pas lâcher pour autant mon espace solipsiste. Ecrire sur son weblog, c'était converser dans un jardin aux vastes allées. C'est aujourd'hui gueuler un samedi midi aux Halles. Ça demande un peu plus de gymnastique.


Mes exercices seront donc les suivants, pour un temps. A peu près quotidiennement, une photo du Brésil brièvement légendée. Et aussi, un nouveau blog (nouveau pour moi, j'entends) dépecé, critiqué, noté. Pour prendre la mesure, petit à petit, de la nouvelle donne.


PS : Appel aux amis historiques. Comment avez vous réagi à l'explosion ? Comment voyez vous tout cela ?

29 mars 2005

J'aime David Byrne

David Byrne est un chic type. Un mec bien. Un grand monsieur. A vingt ans, il était un musicien important des années 80. A cinquante et quelques, cheveux blancs en l'air, il revient en accumulant les belles initiatives, branchées sans tomber dans le jeunisme.

Il a monté un label qui empile précieuses découvertes et judicieuses rééditions. Il a un site perso sur lequel il a lancé une radio du meilleur goût. Il fait le con avec Power Point. Et puis il a un carnet web dont la lecture est un délice au quotidien. Pour ce carnet, il a gagné le prix du meilleur plumitif web décerné par Esquire. Quant on lui a remis le prix, il a déclaré ça :

"In a conversation with a friend, she mentioned an acquaintance who, when she asked what he'd been doing lateley, replied peevishly, "Haven't you been reading my blog?" If I ever say that, you can take the award back."

J'aime ce type.

23 mars 2005

J'aime mon pseudo (et il me le rend bien)

Il y a quelques mois, c'était il y a longtemps déjà, je me souviens avoir eu un chat très très tardif avec LLM, le monsieur sur la photo de ma page d'accueil temporaire. Il bloguait depuis peu, et avait un peu de mal avec les réactions enflammées que suscitaient certains de ses billets, avec la fronde qui s'abattait parfois sur lui.

Cela avait été assez étrange. Je m'étais alors retrouvé dans la position du vieux sage qui apprend au petit scarabée les quelques règles élémentaires de ce monde nouveau qui fait briller ses yeux mais embrume parfois son jeune coeur. Je lui avais pourtant dit quelque chose de tout simple, de presque évident, un truc presque aussi pur qu'un proverbe chinois.

Aujourd'hui, j'ai assez envie de dire la même chose à quelqu'un vis à vis duquel je ferais mieux de ne pas trop la ramener, vu que je vais travailler, sinon avec, du moins pour lui. Christophe Ginisty a vécu quelque chose qui lui a fait du mal, causé par son blog, autour de son blog. Je suis désolé pour lui, certes.

Mais je lui dirai tout de même ça :  "Faire un blog, c'est mettre un pied dans la sphère public. C'est t'offrir à des gens que tu ne connais pas, sans savoir ce qu'ils feront de toi". C'est un risque. Comme quoi, les pseudos, même ridicules, c'est parfois bien utile.

Mon nom d'emprunt à la con, toi qui ne sert plus à rien, toi qu'une personne sur deux écorche ("ah, vous êtes Shrideuh ?"), toi qui est un peu ridicule quand on y pense, je t'aime.

11 décembre 2004

Spams

Ça y'est, il fallait bien que ça m'arrive : mes commentaires sont spammés. Plus de 500 en deux jours... Je voulais changer de système, refaire le site, ce sera une bonne occasion. Mais je voulais passer à Movable type et ça ne semble pas l'idéal non plus. Mon Dieu, que faire ?

24 novembre 2004

Les embarras (d'autres) quotidiens

Je ne sais pas quoi faire de mes blogs. Je me suis construit trois appartements, j'ai pris résidence dans une charmante auberge, et chaque soir, je ne sais où habiter. Je passe une heure ici, deux là-bas, la nuit je rêve de tous. Et je me crée chaque soir des dilemmes, ne sachant pas comment meubler un tel ou un tel, n'arrivant à me décider : cette histoire, irait-elle mieux ici, là ?

Heures Creuses me plait et plaît aux autres parce qu'on y trouve de tout, parce qu'on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Même moi, je sais rarement ce que je vais écrire trois minutes avant de l'écrire. De toute façon, si je prévois, si je planifie, si je commence à jeter quelques phrases sur un bout de papier ou que je sauve un début de billet comme un brouillon, je sais qu'il ne finira jamais en ligne.

Je prends quelquefois de grandes décisions. Allez, ras le bol, j'écris tellement ailleurs, Heures Creuses sera un site avec des photos, quelques histoires et des états d'âmes (c'était septembre). Mais je me retrouve en novembre autoproclamé hérault de la lutte anti lobbying. Non que ça me déplaise de parler de ça. Il y a un sentiment d'urgence qui me plaît bien.

Mais voilà, je suis en manque d'histoires. J'en ai un peu marre de raconter celles des autres, que je trouve sur le web. Je suis jaloux de certaines personnes, je suis jaloux de Philippe Dumez, dont je dévore le fanzine dans mes trajets métropolitains, de ces histoires de kiné parano avec les portables, d'accès de culpabilité après la première fessée donnée, tout ça... Je suis jaloux de Tita, je suis jaloux de Rom et de tant d'autres... Je suis jaloux de Gwen qui, le soir venu, me raconte ses souvenirs d'enfance.

Parfois le sentiment, comme ça, de vivre en ligne, littéralement. Il faut réapprendre à poser les yeux sur le réel. On va s'y mettre, un minimum.

04 novembre 2004

Là bas...

Quelques colères outre-Atlantique (Attention. Plusieurs liens par mots. Egalement posté dans la boîte).

03 novembre 2004

All same, all same

Lever à 5h30. A la radio, on donne l'avantage à Bush. Dans le métro, je dors. Au boulot, plus ça va, plus Bush est donné gagnant. Et puis voilà... Les jeunes ont téléchargé en masse le clip d'Eminem qui leur dit d'aller voter, mais n'ont pas du le regarder jusqu'au bout.

On pourrait se dire quels cons. Mais comme le fait lapidairement Embruns, faut juste repenser à nous. En 2002, les électeurs de Jospin ne s'étaient pas mobilisés, ceux de Le Pen oui. Ici, pareil, c'est sans doute le manque de mobilisation démocrate qui est à blâmer : certains le pressentaient, comme le montre bien la légende sous cette photo : "Did you vote ? Well, unless you're a republican, that is".

Et puis ça aussi, ce papier dans Slate, Simple, but effective. Why you keep losing to this idiot, dans lequel le journaliste explique que Bush était simple, clair, et c'est ce qui lui a permis de gagner face à un Kerry qui "parlait, parlait encore, ajoutant une phrase avec prépositions à une autre, jusqu'à ce que personne ne puisse dire de quoi il parlait". Ça me rappelle un peu un Jospin décrit comme trop cérébral, intello et distant par rapport à un Chirac sympa et rigolo...

Bref. All same, all same. Everywhere. Bah. Si vous voulez en lire plus et que vous n'avez pas peur des longs textes en anglais, 16 textes qui imaginent les quatre ans à venir.

02 novembre 2004

Pour comprendre l'élection deux heures avant

On aurait presque fini par se dire, depuis ce côté-ci de l'Atlantique, que Bush passerait et que ce ne serait pas si grave... Au moins, les Etats-Unis seraient sûrs d'avoir un(e) président(e) démocrate en 2007, on éviterait une candidature de Schwarzy, tout ça. Et puis Kerry a-t-il les moyens de changer tout ça en quatre ans, de ratrapper les bourdes, de relever son pays ? Tout ça... Un mauvais fatalisme.

Puis on lit, la veille de l'élection, un long et parfait article du New Yorker, The Choice. Qui dresse le bilan de l'administration Bush en n'évoquant l'Irak qu'en fin d'article, qui résume à la perfection, et avant toute chose, le vol de l'élection de 2000, le désastre économique, le favoritisme des tax-cuts en faveur des plus riches, les atteintes aux libertés, avant d'en venir au 11 septembre face auquel la réaction de Bush fut "an almost palpable bewilderment and anxiety", à l'Afghanistan où "the job has been left undone" ou à l'Irak avec cette conclusion définitive : "If the exposure of American weakness encourages our enemies, surely the blame lies with those who created the reality, not with those who, like Senator Kerry, acknowledge it as a necessary step toward changing it".

C'est ensuite un plaidoyer raisonné en faveur de Kerry : "The damage visited upon America, and upon America’s standing in the world, by the Bush Administration’s reckless mishandling of the public trust will not easily be undone. And for many voters the desire to see the damage arrested is reason enough to vote for John Kerry. But the challenge has more to offer than the fact that he is not George W. Bush".

Ça ne changera rien. Mais ça met les idées au clair. Maintenant on va attendre. Laisser les chaînes de télévision organiser leurs soirées spéciales élections américaines alors qu'on ne connaîtra aucun résultat avant le milieu de la nuit. Ils votent encore. Et se dire que parce que les sondages n'ont pas pris en compte les jeunes électeurs, Kerry a sans doute plus de chances de gagner qu'on le croyait...

PS : ne ratez pas l'excellent travail de veille fait par Canclaux ici et

12 octobre 2004

La petite boîte dans la grande

Trop de retard dans mes liens, et trop de fatigue pour avoir le courage de faire un post par lien. Voici donc, pour vous, une méga boîte à liens. On est parti...

Maintenant que les Flash Mobs sont dépassés (ça fait longtemps, en fait, fadrait peut-être le dire à Paris Mobs), on en met dans les séries télés et même dans les opéras. Remarquez certains ont bien créé la comédie musicale Top Gun et d'autres une histoire d'amour entre Alien et Predator.



La très drole équipe de The Onion nous fait un délicieux guide sur les élections américaines. John Kerry doit maudire le photographe du NYT Magazine (moi je l'adore cette photo). Bush, lui, fait pleurer les enfants : il va falloir leur acheter des T-shirts de contre attaque. Pour consoler Goerge, que dire ? Qu'il a un meilleur logo que Kerry ? Pas sûr. Enfin, on sait qui était vraiment le monsieur qui débattait avec John Edwards l'autre soir.

La pub pour la Nouvelle Renault (avec son jeu de morpion sur parking) vous gonfle ? Faites votre malin en évoquant ce brillant ancêtre. Vous pouvez aussi faire semblant de choquer les prudes avec ces photos qui n'ont de porno que leur cadrage.

Parenthèse. Le lien de la semaine est là : The Horus Archive, des centaines de milliers de photos de toutes les époques collectionnées par un certain Sándor Kardos. Cliquez sur "Entrance", c'est magique.

Un petit film très mignon et très étrange aussi, Watermelon Love, sert d'introduction au site du même nom. Plus intrigant encore, ce Bunny of the Month club : si vous souscrivez, il vous envoie chaque mois par la poste une peluche mutante avec défaut de fabrication, lapin à trois yeux, ours à une jambe, etc... Et j'apprends à l'instant l'existence de sociétés spécialisées dans la fabrication de labyrinthes dans les champs de maïs. Parlant de choses qui nous demandent de réfléchir : une animation qui raconte un délire mystique sur le Scrabble, très classe : Craziest.

Oh, et puis tiens, des hots dogs mort vivants, on regarde sous les jupes des mannequins. Et pour pleurer Christopher Reeves, M. Superman, un seul T-Shirt.

Enfin, cette théorie : comme Woody Allen, mon vieil ami Matthieu pense (enfin, pensait, il est marié maintenant) que le meilleur moyen de faire tomber des canons était de sortir avec un canon et de le faire savoir. (N'essayez pas de me faire dire s'il a essayé ça ou pas, c'est un ami, je le respecte). Bref, il aurait dû avoir cette idée avant : Wing Women, une agence qui vous prête une fille pour montrer aux autres filles que vous pouvez faire tomber des filles.

Une dernière chose. Dans trois jours, j'ai 30 ans. Mon Dieu. Dansons.

Mauvaises excuses

On se demande aujourd'hui pourquoi certaines entreprises et institutions dépensent une bonne partie de leur budget dans un service communication. A quoi bon, quand on voit qu'il n'est désormais plus nécessaire de trouver de bons arguments pour défendre une décision, assumer une position ou justifier ses difficultés.

Patrick Devedjian, qui est sans doute le plus intéressant (dans le sens Delarue du terme) de nos ministres, est champion en la matière. Pour justifier l'autorisation de systèmes de brouillages des téléphones dans les cinémas, il a invoqué hier sur France Info "l’effet désastreux" que les sonneries de portable "peuvent avoir sur les recettes (des exploitants de cinéma) et donc sur l’équilibre du film". C'est évident : la semaine dernière, je voulais aller voir un film. Mais j'ai renoncé, désespéré d'avance d'avoir à supporter deux sonneries de portables étouffées dans un manteau interrompre mes deux heures de film en dolby surround plein pot.

Ce matin, c'est Pierre Cerisier, dirigeant des vidéos clubs Video Futur, qui fait art de vacuité. Pour expliquer le déclin du marché de la location de DVD, il cite dans 20 minutes "la seconde guerre en Irak, les grèves du printemps 2003 et la canicule", qui ont eu "un énorme impact". Il est évident, en effet, que les grèves incitent les gens à ne pas rester chez eux pour regarder un film, qu'une actualité grave pousse à lâcher toute fiction légère pour ne s'intéresser qu'à la triste réalité. Quand à la canicule, je ne trouve même pas une excuse fallacieuse. Je ne vois pas : ça a fait fondre les lecteurs DVD ? Ça a décimé le quatrième âge, première cible des vidéos clubs ?

Si vous arrivez en retard au bureau, donc, n'hésitez pas : invoquez Abou Grahib, le 11 septembre, les bombes sales...

06 octobre 2004

Les films "indie"

Quand Lost in Translation est sorti aux Etats-Unis, la plupart des weblogs musicaux américains que je fréquente régulièrement (Slatch, Large Hearted Boy pour n'en citer que deux) ne parlaient que de ça. Certes, il y avait l'alibi musical, de poids : une bande originale superbe, comprenant les premiers morceaux que le grand Kevin Shields daignait nous offrir depuis des lustres. Mais les sites parlaient surtout du film, de sa mise en scène, de la grandeur de Bill Murray, de la culotte transparente et du sourire d'enfant de Scarlett Johanson... Bref, ils aimaient le film autant que la musique dont il s'habillait.

Quelques mois plus tard, alors que les mêmes sites s'excitaient sur sa sortie en DVD, le film sortait en France, et on commençait à en parler sur le même style de sites, ceux qui aimaient la musique dite "indé", qui avaient adulé My Bloody Valentine hier et appréciaient Sébastien Tellier ou Wilco aujourd'hui. Bref, ce film semblait rassembler autour de lui non pas une communauté cinéphilique, mais musicale.

Il aura fallu l'annonce d'un second film pour que je commence à me poser cette question, la naissance d'un nouveau genre cinématographique qui joue sur le même terrain qu'une certaine musique. Ce film sort ce mercredi en France, il s'appelle Eternal Sunshine of the spotless mind. Quand il a été annoncé aux Etats-Unis, ce sont les mêmes sites qui se sont enflammés. Depuis quelques semaines, ils adorent Garden State, et sont impatients de voir The Life Aquatic with Steve Zissou, le nouveau Wes Anderson (moi aussi, ceci dit).

Qu'ont donc ces films en commun ? Sans les avoir tous vus, je commence à rassembler les pistes. Tout d'abord, la musique. Christophe Conte, des Inrocks, brossait dans une récente conférence les différentes mutations qu'avait connues les bandes originales ces dernières années. Il y avait les classiques musiques de film, les horribles compilations de vieux hits du passé et de tubes programmés (Ecoute, Forrest, écoute) et puis Tarantino, qui faisait son histoire du cinéma avec des chansons. Il oubliait ces films là : ils ont une qualité essentielle, celle de prendre des chansons comme une matière brute, de les utiliser comme une musique originale, de les faire habiter l'image et les sentiments qu'elle est censée véhiculer. C'est en tout cas le cas pour Lost in Translation et La Famille Tenenbaum : difficile d'oublier le Needle in the Hay d'Elliott Smith sur la scène du rasage / tentative de suicide.

Bon, déjà une piste. J'entends creuser cela, mais il faudra aller les voir un par un. On peut déjà avancer qu'ils sont tous des films doux amers, comédies mélancoliques mettant en scène des personnages comme détachés du réel. Et puis, tous des films avec une actrice en petite culotte. Gwyneth Paltrow dans sa salle de bain, Scarlett dans son lit, Nathalie Portman en bikini la nuit... Et comment ne pas aimer Eternal... quand la bande annonce nous montre Krinsten Dunst qui danse sur un lit en débardeur et panties ?

Bref, une piste à explorer. Maintenant, on va aller vérifier au ciné, et trouver un nom à mettre sur cette nouvelle catégorie. Des idées ?

18 septembre 2004

Mise en abyme

Les culottes arriveront un jour. Et demain, surtout, une bonne nouvelle (pourquoi je n'ai pas écrit beaucoup).

12 septembre 2004

Prophète



Quand il fait beau, mieux vaut sortir prendre des photos.

Dimanche après-midi, sur l'un des ponts du Canal St-Martin.

30 juillet 2004

Politique et gros nichons

Un peu plongé dans la convention démocrate. C'est pour ça les liens anti-bush à côté. Allez, en cadeau : pourquoi les campagnes politiques françaises ne seront jamais aussi captivantes que celles d'Outre-Atlantique.

PS : Apparemment, les weblogs accrédités à la dite convention n'ont pas été particulièrement brillants : "from simply forgettable to the utterly ridiculous"


03 avril 2004

Impression nocturne

Ecouter "Partir quand même" de Françoise Hardy, la nuit, dans un taxi sur les quais face à la Conciergerie, c'est la classe ultime. Soooooo Eighties...

01 avril 2004

Des petites fiches

Un journaliste britannique a été invité à visiter la demeure de Stanley Kubrick quelques mois après sa mort. Il y est retourné au moins une fois par mois, plusieurs fois, le temps de glisser ses petits doigts dans les montagnes d'archives classées par le réalisateur.

Heureusement pour nous, il a pris le temps d'écrire son article. Citizen Kubrick : un papier fascinant, qui ne s'attache pas tant à ce que Kubrick archivait, mais à comment il archivait. Des fiches par milliers, dans des boîtes qu'il avait lui-même conçues, des années pour refaire la vie de Napoléon heure par heure, des dizaines de milliers de photos de portes pour choisir celle qui servira dans un bref plan d'Eyes Wide Shut, les lettres de fans classées géographiquement, au cas où il aurait besoin d'en envoyer un vérifier l'état d'un écran où sera projeté 2001...

Article précieux donc, et la question qui suit : les génies sont-ils tous de grands maniaques, des réservoirs à petites marottes, des fous du classement ? Il y eu un autre grand homme de ce siècle passé, il a travaillé avec Stanley. Et lui aussi, il aimait les petites fiches bien ordonnées, choisissait sa position en fonction de l'heure et déclarait :

Je n'oserais traduire. On ne touche pas à Nabokov impunément. Il détestait les traducteurs. N'empêche, j'aimerais bien voir ses fiches Bristol.

PS : Maintenant qu'il n'est plus ministre de l'Intérieur, risque-t-on moins à envoyer un yaourt sur la voiture de Sarkozy ?

29 mars 2004

Bas bleu

Il s'est passé quelque chose dimanche soir. Lundi matin, même la salle de pause n'était plus la même.

C'était un vote sanction, tout le monde est d'accord. Mais je me demande si la sanction portait sur le seul fond, sur les choix de Raffarin et son équipe. La forme a joué, l'UMP a été puni d'avoir été si arrogant, suffisant, dédaigneux. Non seulement l'action méprisait ceux plus bas, mais elle était à chaque fois nappée d'un petit dédain précieux. Pan dans les dents.

23 mars 2004

Bilan du premier tour des régionales

Avec retard

18 mars 2004

En attendant plus long

Envie de rapidement ôter mes doigts du clavier (même si le soleil se couhe encore trop tôt pour me laisser profiter de lui), mais quand même...


  • Pas forcément eu le temps d'écrire beaucoup parce que je me penche sur un nouveau projet, bien excitant vu ce que j'y ai vu, vu les quelques phrases échangées avec ceux qui le lancent. Ce n'est pas un grand mystère, personne ne vous en voudra si vous l'apprenez avant le lancement, mais bon, pas encore de lien. Disons juste que c'est un chouette site qui a décidé de rajouter /blog à son URL. Et promis, ça promet.
  • D'ailleurs (après j'arrête les indices), j'y ai écrit un petit truc sur cette découverte fascinante : les bonus multimédia existaient déjà à l'époque des vynils. Prenez un ZX Spectrum, un ancien leader des Buzzcoks, vous obtenez XL-1, dix minutes de sons bizarres qui, si on les enregistraient sur une cassette pour les charger sur l'ordi, faisaient une sorte de screensaver lo-fi.
  • La bonne nouvelle du jour : y'a un nouveau Jarmush qui sort bientôt. Avec Benigny, Iggy Pop, les White Stripes et surtout un dialogue entre RZA et Bill Murray. Seul souci, il s'appelle Coffee and Cigarettes (lien vers la bande annonce). Juste quand il faudrait que j'arrête.
  • Si vous avez écouté trop de musique, allez chercher les sons de Audible Frequency, ça change.
  • Et puis c'est pas parce que c'est le printemps qu'il faut faire n'importe quoi avec son cerf-volant.
  • Allez, ne buvez pas trop, ça pourrait vous jouer des tours. A demain.

15 mars 2004

Correctifs espagnols

L'information va très vite. Quelques heures à peine après la rédaction de mon précédent billet sur les attentats de Madrid, la piste Al Qaïda s'étoffait. Elle devenait de plus en plus sérieuse, les indices étaient chaque heure plus nombreux et plus consistants, mais le gouvernement espagnol continuait de privilégier l'hypothèse d'une action de l'ETA. Ce lundi matin, on peut lire que non seulement Aznar et consorts la privilégiaient mais qu'ils donnaient instruction aux médias, aux ambassades, de la défendre. Jeudi soir, les Espagnols étaient dans la rue pour dire leur ras-le-bol de l'ETA. Vendredi matin, ils étaient toujours dans la rue, mais condamnaient, outre la violence, les manipulations du gouvernement. En quelques heures, ce que j'avais écrit, aussi convaincu que maladroit, était caduc. J'estimais qu'il ne fallait pas blâmer le "réflexe" ETA. L'entêtement intéressé est, lui, plus que condamnable.
Lundi, ce gouvernement a été sorti, débouté. Il le méritait. C'est une belle chose que de voir le pouvoir des urnes, de constater que le peuple peut encore agir, punir ceux qui lui mentent.

12 mars 2004

Dénoncer, ne pas accuser

A travailler dans l'information, on se façonne, presque malgré soi, une carapace discrète, qui ne laisse affleurer que quelques émotions timides face aux horreurs qui défilent sur le fil AFP. L'attentat de Madrid ne m'a frappé que ce matin, sous la douche. Hier, il y avait toutes ces photos, wagons éventrés, corps, regards perdus, ces files de voyageurs soufflés par ce qu'ils viennent de vivre. Mais ce n'étaient que des images, à choisir, à jauger, celle-ci assez parlante, celle-là trop violente, cette autre on dirait du Goya... Point de cynisme, mais le drame comme un matériau que l'on a pour métier de travailler, de décortiquer, en essayant au possible de garder la tête froide... jusqu'à ce que l'émotion soit cloisonnée avant qu'on ait eu à lui demander.

Le lendemain est toujours plus difficile. C'est là que je prends conscience. C'est là que je pense à eux. Mais c'est là aussi qu'il faut commencer à ouvrir grand la bouche, tendre le menton vers le haut pour accueillir l'entonnoir des rumeurs, des spéculations, des avis contradictoires. Et c'est sans doute le plus difficile.

Bien évidemment, comme pas mal de monde, j'ai pensé à la date, je me suis dit "tiens, un 11". Mais cette pensée s'est vite évaporée. Et je n'imaginais pas que Libé, dans son courrier des lecteurs, oserait publier les délires paranoïaques d'un internaute, qui a tout de même pris la peine de calculer que l'attentat avait eu lieu 911 jours après le 11/9 : "Je trouve la coïncidence un peu grosse pour être seulement fortuite", écrit-il... Sans commentaire.

Dès hier soir, on commençait à lire des billets expliquant que la piste ETA était trop énorme, des papiers déjà assortis d'erreurs (Quand j'ai écrit le papier, l'information du démenti de l'ETA n'était pas passée, toutes mes excuse à Impasse Sud). Aujourd'hui, la piste Al Qaïda existe, elle est sérieuse. Mais la seule chose que l'on puisse dire, c'est que l'on ne sait pas. Je trouve immature, et insultant pour les Espagnols d'affirmer que la dénonciation de l'ETA était facile et profitable au gouvernement du pays. Faut-il rappeler que des millions d'Espagnols ont manifesté dans les rues du pays en dénonçant l'organisation séparatiste ? Ils n'étaient pas manipulés par leurs politiques. Même s'ils s'étaient trompés, même si ce n'est pas ETA, leur colère a une histoire qu'il s'agirait de ne pas oublier, nous Français qui avons peu souffert de ces violences : cela fait près de 30 ans que l'ETA fait couler le sang dans toute l'Espagne, 30 ans que les Espagnols manifestent contre cette organisation.

Certes, l'enquête rend plausible la responsabilité d'Al Qaïda, d'un de ses faisceaux, ou d'un groupe obscur se revendiquant comme en faisant partie : le côté aveugle et massif, la mystérieuse camionnette, les menaces préalables... Mais il ne faut pas non plus oublier que nombre d'indices permettent encore d'étayer la thèse ETA : les tracts, le sac à dos, l'explosif utilisé, les arrestations précédentes, les élections à venir. On ne sait pas. Et si oui, il faut critiquer certains journalistes qui se sont jetés sur la thèse ETA, il ne faut pas féliciter pour autant ceux qui privilégient aussi aveuglément la piste islamiste.

La théorie du complot est en passe de devenir la normalité. Il est étonnant de voir qu'après le 11 septembre, il était de bon ton de mettre en doute la responsabilité d'Al Qaïda et qu'aujourd'hui, c'est exactement l'inverse. Parce que trop de personnes prennent comme point de départ la réaction gouvernementale. Partant de l'a priori selon lequel un gouvernement accusera toujours celui qu'il est confortable d'accuser, et non celui qui semble probable sur des bases rationnelles, on s'empresse trop de prendre le contre-pied des discours officiels. Parce que, c'est bien connu, on nous cache tout, on nous dit rien.

Alors, oui, peut-être est-ce un groupuscule islamiste. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut blâmer et taxer de machiavélisme le gouvernement espagnol qui a privilégié la piste basque. Et surtout, les millions d'Espagnols qui ont suivi. Aujourd'hui, il ne s'agit pas de chercher qui dénoncer, mais de dénoncer ces actes. Et de partager leur deuil.

MAJ : Samedi matin. Lis que la ministre des Affaire étrangères espagnole a donné comme consigne de continuer à déclarer que la piste ETA était privilégiée. Alors qu'elle est de moins en moins probable.

03 mars 2004

Mots d'amour à Sarko

Voilà. On lit les annonces de Libé pour se distraire, on les trouve mignons, ces petits mots. Et on apprend, un mercredi matin, qu'ils étaient des messages codés entre un groupuscule étrange et les policiers de Sarko. Merde. On peut plus croire en rien. Suzy, t'es une salope.

25 février 2004

Jugeons un magazine par sa couv

La couverture du dernier numéro de Nova magazine a quelque chose d'étrange, de particulier, de rare : elle ne nous dit rien sur ce qu'il y a dedans. Juste cette photo d'Edouard Baer, une bulle innocente, et voilà. C'est devenu rare. Bien trop rare.

Sur les weblogs américains, un article a fait, ces derniers jours, beaucoup parler de lui. Il a un long titre très explicite : Le déclin final et l'effondrement complet des couvertures de magazines américains. C'est pas très sexy, mais ça a le mérite d'être clair. Et ce qui est dit en dessous est très bien.

Pour faire bref, il y eut un art de la couverture de magazine, une époque où on faisait appel à un artiste pour les réaliser , où une image forte, conceptuelle, ludique, suffisait à donner le ton du numéro. Où l'on avait assez confiance en un magazine pour l'acheter parce qu'on étaitinterpellé, attiré par cette image. Aujourd'hui, il faut un people en couverture, et plein plein plein d'accroches, le plus possible, autant d'hameçons capable de déclencher une impulsion d'achat.

Pour, au final, se retrouver avec quoi ? Le même phénomène que les bonnes bandes annonces de mauvaises comédies. C'est alléchant sur l'instant, toujours désastreux ensuite. En France, le phénomène est le même. Il y a le pire : les couvertures d'Entrevue, agression permanente, mes petites instants nauséeux lors des trajets souterrains. Laides, putassières, mensongères, elle ne sont sauvées que par une chose : le contenu du magazine est pire encore.

Mais même les magazines de qualité ne font plus l'effort d'interpeller avec élégance ou intelligence. Que faut-il blâmer ? La banalisation de l'image ? La pusillanimité éditoriale induite par la pléthore d'études marketing ? Une audace perdue ? Ou un contenu qui ne mérite plus, lui-même, qu'on le vende si bien ?

Sur Nova, il n'y avait donc rien. Mais je l'ai acheté. Par curiosité pour la nouvelle formule, parce que je leur au fait confiance, aussi. J'ai eu raison, il y avait plein de choses bien dedans.

Voyez par vous même

17 février 2004

Il faut le dire

Je me suis fait chier devant Podium. Mais pas autant qu'en écoutant le nouvel album de Air. Dois-je vivre caché ?

16 février 2004

Trop à coeur

  • Il y a eu un petit bug sur le site canadien d'Amazon ce week-end. Les critiques des lecteurs, que l'on peut soumettre sur inscription mais qui apparaissent anonymes, ont soudainement révélé l'identité de leurs auteurs. Et l'on s'est alors rendu compte que grand nombre d'écrivains multipliaient les critiques élogieuses de leurs propres livres en se faisant passer pour "un lecteur de Chicago", ou descendaient ceux des autres. Dave K.Eggers, connu pour son "Oeuvre déchirante d'un génie renversant", reconnait l'avoir fait. Il explique : "I've done that one or two times before, when I like a book and the reviews on Amazon seem bizarre. In this case I just tried to bring back some balance". Article du NY Times
  • Il n'y a pas que dans les livres. Il serait facile de faire de la pub pour un album ou pour un site en allant envahir, masqué, les forums et commentaires de weblogs. Je soupçonne d'ailleurs certains d'avoir usé de cette pratique tendencieuse sur Heures Creuses.
  • On a lu, ici et là, des critiques bien peu réfléchies sur Lost in translation, qui stigmatisaient le regard qu'il portait sur les Japonais. Le summum a été atteint, il y a peu, avec la mise en ligne du site Lost in racism qui, le plus sérieusement du monde, demande à voter massivement contre ce film aux Oscars. Comprenez... "The group feels that the film dehumanizes the Japanese people by portraying them as a collection of shallow stereotypes who are treated with disregard and disdain. The film has no meaningful Japanese roles, nor is there any significant dialogue between the main characters and the Japanese. Such portrayals perpetuate negative stereotypes and attitudes that are harmful to Asian Americans in the United States who already are viewed as foreigners in their own country".
  • J'ai un Mac. Et parfois, la "communauté Mac" me fait un peu honte. Un petit rigolo a créé une page pour dire qu'il avait eu un G5 à Noël, qu'il était dégouté, et qu'il l'avait vidé pour mettre un PC dans la tour du mac. Les mac-addicts se sont enflammés, ont hurlé au sacrifice, avant d'apprendre que c'était une blague. Ils étaient un peu penauds...
  • Mieux encore, l'un des textes les plus drôles (malgré lui) que j'ai pu lire ces derniers temps, dans lequel un possesseur d'iPod s'attriste qu'un quidam dans le métro, lui aussi équipé d'un iPod, ne lui ai pas retourné un regard complice... Dure solitude des temps modernes...
10 février 2004

Flâner le mardi (malgré tout)

  • Mardi riche en découvertes, qui compensent la morosité du retour au travail. Une boîte à liens bien fournie, avec parmi les friandises cette animation aussi désespérante qu'inventive qui résume bien plus cyniquement ce que je déplorais hier.
  • Trop riche pour en parler à côté, Le Flâneur. Sous une esthétique délicate, diaphane, un webzine new yorkais qui a pour lui de se réclamer à la fois de Walt Whitman et des Beastie Boys. De beaux articles, des essais photos originaux, des croquis qui parlent de tétons qui percent sous les vestes en cuir. Que du bon.
  • Il y a quelques semaines, j'avais mis un lien vers Fast Film, projet démesuré, étourdissant d'un réalisateur allemand hors norme : faire un court métrage qui soit un condensé des plus grands films de l'histoire pliés en origami. Pour cela, il a imprimé 65.000 images de ces films, quelquefois les 24 images d'une seconde, les a fait plier, posées dans un décor 3D. Je voulais en reparler, j'ai laissé passer l'occasion, depuis Libé en a fait un papier. Si c'est flou, allez voir le making of, vous serez étourdis.
  • Fast Film entre dans une phase de dépeçage du cinéma, où au delà du film, on s'intéresse à ses images, ses photogrammes, sa pellicule. Dans le même esprit, il faut voir ce projet, Cinema Redux, qui fait une petite capture de chaque seconde d'un classique (Vertigo, The Barber, Taxi Driver), et les juxtapose pour en faire une image abstraite. Il aplatit un film, plutôt que le dérouler, et le résultat ressemble étrangement à l'image d'un disque dur.
  • Hop, justement, procédé inverse avec Data Data qui fait un film (animé, avec du son) à partir de l'examen de votre disque dur. Mais là, on touche au fond du nerd, au pire du geek, on en restera là...
  • Pour tous les garçons qui se posent la question. Le plus que charmant minois qui ouvre Heures Creuses vient de la couverture de Playboy, novembre 1971.
06 février 2004
29 janvier 2004

Battons nous pour de meilleurs slogans

"Arrêtons de consommer plus pour consommer mieux"

"Stop ! Réagissons pour une vie meilleure"

L'un de ces slogans a été trouvé par le PS pour sa campagne aux régionales, l'autre est la nouvelle publicité Carrefour. Saurez-vous reconnaître qui fait quoi ?

14 janvier 2004

Translation Nostalgia

Il fallait que je le voie, cela faisait quelques mois, déjà, que l'envie était là.

Il fallait que je satisfasse les fantasmes nés de l'apparition de quelques noms aimés, que je vérifie les promesses tenues par quelques images trop brèves, des images d'une ville que je voulais voir en grand, d'acteurs que je voulais voir plus longuement, le son de guitares que je voulais entendre en Dolby, une histoire suggérée que je voulais voir se dérouler, lentement.

Cette histoire, on l'a assez résumé, expliquée, par ailleurs. Je ne parlerai donc pas de Sinatola et du Lat Pack (vidéo quick time), des fax et des piscines, des orteils morts et de la solitude. Parce que j'arrive trop tard. D'autres en ont parlé, beaucoup : ce film était attendu. Pas comme un événement à la Kill Bill. Il était attendu intimement, comme si on savait déjà qu'on allait le chérir, qu'il nous déçoive ou pas, qu'on allait retrouver des sons, des musiques, des lenteurs qu'on aimait déjà. Et des acteurs.

Bill Murray est grand. On l'a toujours su, convaincus, même si l'on avait pas toujours assez d'arguments pour le défendre. Sans doute n'avait-il pas eu l'occasion, auparavant, d'exprimer son talent. Sans doute trop peu de gens ont-ils vu le délicat et doux-amer Rushmore (Wes Anderson, Monsieur Tenenbaum). Lost in Translation est plus qu'une confirmation, plus que "le grand rôle d'un acteur comique". Il donne à Bill Murray l'occasion de dévoiler la densité de son jeu. Il y a plus dans un de ses sourires que dans la filmographie d'Anthony Hopkins. Il est la mélancolie et le rire, l'amertume et la maladresse, Buster Keaton et James Stewart.

Son talent s'est pour moi exprimé physiquement, dans la dernière du film, lorsque son dernier sourire m'a tiré les tripes, déjà mises à mal par le regard humide de Scarlett Johanson. Larmes.

La phrase la plus importante de Lost in Translation restera pour moi cette question de Scarlett, qui demande à Bill Murray, dans le reflet d'une baie vitrée, de lui promettre qu'ils ne reviendront jamais. Fi de tous ceux qui raillent sa vision étriquée de Tokyo. Sofia Coppola a filmé un voyage plus qu'une ville, elle a filmé un voyage comme on s'en souvient, pas comme on le raconte. Ces moments, ces silences, chaleurs, anecdotes, ennnuis qui font qu'on était ailleurs et que c'était différent. Pas seulement parce qu'on était plus grand que les Japonais. Je ne suis jamais allé à Tokyo. J'ai pourtant aujourd'hui l'impression de me souvenir de cette ville, j'en suis nostalgique.

Il y aurait tant d'autres choses à dire : la finesse des dialogues, ce moment où l'actrice nie Scarlett face à son photographe, la piscine à carreaux... Mais rideau. Contemplation et nostalgie.

07 décembre 2003