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23 janvier 2007
Lisa Mandel a tiré la première, elle est très en forme. Trondheim a suivi, et commence très bien aussi. En tout cas, le festival d'Angoulême part sur les chapeaux de roue. Ça s'appelle les 24 heures de la bande dessinée, 24 auteurs qui doivent réaliser chacun une BD de 24 pages en 24h, pourvu qu'elle commence et se termine avec une boule de neige. Allez les suivre... 15 décembre 2006
Il y en aura toujours qui taperont trop fort. Qui plutôt que dire "t'as merdé", disent "de tout façon t'es qu'un connard". Qui le feront d'autant plus facilement que les autres, autour, le font. Qui le font alors qu'il n'auraient pas pensé, originellement, à ouvrir les vannes d'une violence qui n'était pas même tapie en eux. Qui soudainement s'imaginent qu'on ne peut pas critiquer sans balancer toute la vaisselle à la gueule. On appelle ça l'effet de meute. Ça marche très bien avec les supporters du PSG. Ça marche aussi avec les blogs.
On en connait au moins un qui a trop souvent oublié de le faire, et qui a raison de le faire aujourd'hui.
08 décembre 2006
Hier, pendant quelques heures, Heures Creuses a été inaccessible. Sans doute un souci d'hébergeur, je n'oserai croire que l'afflux de visiteurs (probable, je n'ai pas d'outil de stats précis) en provenance de la nouvelle sélection de L'Express puisse être à l'origine de ce plantage. Je ne vais pas en rajouter sur l'intitulé étrange de ce classement de l'Express. Versac l'a déjà bien dit. Je ne vais pas en rajouter trop sur la surprise de me voir y figurer : un blog laissé à demi-mort, devenu très personnel, qui parle essentiellement de la naissance de mon fils depuis quelques semaines, sur lequel je me suis toujours montré plus ou moins rétif à l'étalage d'opinions et que j'ai d'autant plus de mal à remplir depuis que la blogosphère déborde d'opinions, le voilà exposé parmi les meilleurs blogs d'opinion ? L'influence était au final un terme bien convenable, maniable et souple en regard de cet 'opinion' autoritaire et froid. Je vais répondre à ce lecteur déçu et agacé. Je vais lui répondre que ces citations, ces liens, ces listes, nous ne les décidons pas, j'en suis la preuve même : je ne bouge plus, je fais le mort, et me voilà secoué par un réveil des médias sur le sujet blog. Qu'y puis-je ? Nous en sommes même souvent les plus désolés. MAIS VENONS EN AU POINT Fimoculous est un blog américain. C'est, aussi bien dans la richesse de ses liens que dans sa permanente recherche de mise en forme et d'articulation de son contenu, un maître, un modèle, un étalon. Fimoculous est fou de listes, et il a récemment dressé celle des "30 meilleurs blogs que vous ne lisez (peut-être) pas encore". C'est une excellente liste, car Rex est allé chercher, pour la plupart, des blogs vraiment différents, qui savent nous accrocher sur un sujet a priori insipide ou léger, qui inventent un nouveau langage, qui savent jouer de l'outil blog, qui savent creuser leur obsession. Certains sont connus, oui, mais ils ont tous une bonne raison de se trouver dans cette liste. J'aimerais faire la même sorte de liste. Dégager des blogs français sous-exposés ou simplement valeureux. Mais surtout des blogs français qui sortent des catégories dans lesquelles on aime aller les chercher (politique, tendances, blogs sur les blogs, geek, et bla et bla et bla). Faire une liste qui nous console de celles que nous trop l'habitude de voir. Qu'ils soient tout en images, fous, obsessionnels, décalés, ou tout bonnement justes, mais surtout qu'ils donnent une image différente de cette blogosphère, ils m'intéressent. Utilisez donc les commentaitres, et aidez-moi donc, proposez et faites passer. 05 décembre 2006
Tiens, puisqu'on en parle. Ce Noël, vous avez le choix : - d'un côté, une pelletée de blogueurs qui profitent bien du bel appareil qu'on leur a offert, et finissent tous, ces influents, par parler du même, et par ne pas tant en faire une critique objective que de relater les mondanités accompagnant leur activité d'influenceur. - d'un autre côté, des journalistes baclant, faute de temps, leurs dossiers shopping de Noël (je sais ce que c'est / et il y a des exceptions, par exemple l'excellent guide du Point). Des spécialistes piochant à qui mieux mieux dans l'avalanche de communiqués de presse qui les noie chaque matin depuis deux mois, finissant par écrire comme on leur a dit, que 10 millions de pixels c'est trop génial et oublient qu'ils ont trouvé dégueulasses les quelques photos qu'ils ont faites en test. Bref, c'est pas la panacée. Et puis voilà. Un blogueur, qui ne se déclare pas influent, qui ne court pas après les mondanités marketing et les prêts produits ni n'est pourchassé par les attachées de presse. Un gars qui est juste passionné, connait son sujet, a un certain talent rédactionnel et une bon sens de la mise en forme, et qui écrit un long papier en forme de vrai / faux, qui est une merveille de clarté, de sincérité, avec une poincée de subjectivité sur le délicat sujet de la photo numérique. Ce blogueur, il s'appelle Monsieur Lâm. Le papier qu'il a écrit s'appelle "Démystifions la photo", et les journalistes blasés comme les blogueurs wannabe devraient tous s'en inspirer. Je ne m'exclus pas. En le lisant, je me trouve usé, et je me découvre jaloux. Félicitations Lam. 27 juillet 2006
Pas un journal, pas un site d'infos n'a omis de traiter le conflit depuis cet angle, à tel point que c'est devenu un méta-sujet, avec des articles sur le fait que des journaux s'emparent du sujet 'vu par les blogs'. Parmi tous les blogs évoqués et liés par les autres blogs et par la presse, l'un se distingue particulièrement : Kerblog, que j'ai vu évoqué pour la première fois par AEIOU. Son auteur y publie les dessins que lui inspirent la guerre qu'il vit de l'intérieur, depuis Beyrouth. Il a également enregistré un morceau de trompette sur fond d'explosions d'obus. Ce qu'il fait est beau, poignant, et il est passé un peu partout. Interviewé et mentionné par la BBC, Le Toronto Star, Les Inrocks, Le Melbourne Herald Sun, le Guardian. Et ce qui devait arriver arriva : Mazen Kerbaj n'en peut plus. Aujourd'hui, son billet ne comporte pas de dessin, mais un ras-le-bol. Il supplie les journalistes de ne plus l'appeler. Il ne veut plus répondre aux questions, raconter la même histoire à dix personnes différentes, remplacer l'émotion de ses dessins par un discours. A propos de son morceau de musique :
Un blogueur a été surexposé, trituré dans tous les sens. Et ce qu'exprime Majen n'est finalement que le reflet d'un paradoxe propre aux blogs : pourquoi interviewer quelqu'un qui s'est exprimé ? Pourquoi faire répéter ce qu'il a raconté ? Pourquoi le pousser à faire un discours sur son discours ? C'est d'autant plus flagrant sur un site comme celui de Mazen, un site qui montre quelque chose, un site qui peut s'observer et se raconter. Sans doute n'avons nous pas encore appris à regarder les blogs comme on observe une scène. A raconter un site. PS : Comme Mazen, je vous demande de ne pas partir dans des débats politiques suite à ce billet. J'y parle d'un blog. 16 mai 2006
Je m'y laisse donc prendre. J'apprécie beaucoup le Zazon et Chopin, je passe donc à la suivante, Zazon dans le métro. Et là, bizarre, une drôle d'impression de déjà-vu. Non pas l'impression qu'elle a imité un gag existant, mais bien celle d'avoir déjà vu exactement cette vidéo il y a déjà longtemps. Je n'ai pas eu à chercher bien loin. En 2004, Zazon avait une page sur un compte .mac. On y trouvait "Zazon dans le métro", "Zazon cherche le Québec", "Le ballet nautique hors de l'eau"... On en trouve d'ailleurs deux sur un autre blog Zazon, ici même... (Elle seraot passée sur Canal entre temps) Cela n'enlève rien au charme de la demoiselle. Je me dis juste que ses vidéos attendaient simplement qu'internet soit à même de mieux les diffuser. C'est chose faite. On attend donc les nouvelles oeuvres. Elle doit être contente. 06 mai 2006
A y'est, maintenant que le numéro des Inrocks spécial blog n'est plus disponible que dans les bibliothèques municipales, je peux me permettre de publier ici le texte que j'ai écrit pour le magazine à côté de la sélection. J'en profite pour remercier tous ceux qui m'ont dit qu'ils l'avaient apprécié. J'ai été un pionnier. J'ai fait partie du premier petit peloton, derrière quelques défricheurs partis en tête, à une époque où ne nous savions pas nous-même comment orthographier correctement ce mot qu'on s'appropriait à l'aveugle. Mon blog est dans sa cinquième année, autant dire une éternité. Et il s'ennuie. C'était une pure improvisation. Improvisation de moi-même en écrit, exercice, défouloir, work in progress, bref... A l'époque (vieux con), le weblog était à la fois perso et tourné vers qui veut bien le prendre : ni coin réservé, ni espace de vente de compétence quelconque, ni arrivée d'air pour érudition poussiéreuse. Aujourd'hui ce genre d'animal cherche sa place dans un monde presque trop riche pour lui. Il est entré dans une routine mortifère, comme si sa recette d'origine, une dissolution discrète de ma petite personne et de ma petite vie dans des écrits spontanés et volatiles, était aujourd'hui devenue la formule de son poison. Qui veut d'un blog qui parle de tout et de rien alors que se créent chaque jour des blogs spécialisés dans tout ? Que puis-je me permettre d'écrire alors que ma mère le suit et qu'il déborde quelquefois sur mon boulot ? Puis-je m'autoriser à ne rien avoir à dire sur le CPE qui vaille le coup d'être dit là ? Quelle posture adopter alors qu'on attend aujourd'hui de moi de correspondre à une image. Je suis Chryde, et personne ne prononce correctement ce surnom à la con (Krailledeuh, messieurs dames). Mais il est là, et c'est la première chose que le blog m'a donnée. D'abord cible des moqueries de ceux qui stigmatisaient ainsi cette étrange lubie devenue mode interplanétaire, il est peu à peu devenu le nom par lequel certaines connaissances se sont mises à m'appeler dans la "vraie vie". Et le blog, cet exercice hors norme qui donnait chair à ce pseudo, devenait en même temps objet constitutif de ma propre personne. J'ai passé des nuits à le redessiner, j'ai sacrifié des soirées et des heures de travail pour y écrire. Avec lui, j'ai fait fermer des sites radicaux islamistes, j'ai découvert des tragédies animées à base de Mario, j'ai chanté avec un chauffeur de taxi à Rio, je me suis astreint à l'écriture quotidienne, au façonnage de mon regard sur les petits riens. Il a été à la source de nouvelles amitiés, m'a offert des miettes de légitimité. Tout ça pour quoi ? Pour le plaisir. Quand je pense au plaisir que j'ai pris à faire ce blog, je pense à mon ami Thomas. Un dessinateur, toujours un petit moleskine en poche, qui croque partout, à la terrasse des cafés, en voyage, dans un train. J'imagine et j'envie sa virtuosité, comme un plaisir pris dans l'exercice en lui-même, dans l'esquisse. C'est sans doute ça, un blog. Un modelage sans fin, une esquisse perpétuelle qui déteste le vide. Je n'oserais donner de conseils, sinon celui-ci : il FAUT lire de temps en temps son blog à l'envers. C'est un exercice délicieux de se relire à reculons, comme un Libé du week-end. N'oubliez pas, si vous en créez un : c'est d'abord à vous qu'il s'adressera. Regardez, à qui d'autre qu'à moi ai-je écrit ici ? J'ai mis un billet de mon blog dans les Inrocks. 02 mai 2006
J'ai fait ce que je ne voulais pas faire. J'ai parlé sur mon blog de quelque chose qui méritait sans doute, avant tout, qu'on en parle en privé. Donc voilà. Billet d'hier fermé, pour ne pas avoir de regrets. Parce que c'est nauséabond, complexe, et épuisant. 01 mai 2006
Le même débat, depuis des années... Guillermo, chez Embruns.
25 avril 2006
Si tout se passe bien, ce mardi devrait paraître un numéro des Inrocks comprenant leur sélection des "50 meilleurs blogs". J'ai largement contribué à ce classement : j'ai fait une bonne partie de la sélection, quelques notules, et j'ai demandé à signer de mon pseudonyme de blogueur. C'est rare, mais ça me semblait plus honnête, vu combien cette sélection me ressemble et semblera familière à ceux qui pratiquent Heures Creuses depuis longtemps.
Ce ne fut pas une mince affaire, j'espère avoir plus ou moins réussi. Une fois que j'aurai vu le dossier tel qu'il a été publié, je pourrai noter ici les absents que j'aurais aimé voir montrés. En tout cas ce fut bien intéressant : monter une liste qui sorte du sempiternel classement global de la blogosphère, une liste qui ne nous ressorte pas certains qu'on a trop vus cité parce qu'il avait déjà été cités, sans toutefois chercher à tout prix l'originalité. Bref, enjoy, on a essayé de vous sortir du "manuel de self-marketing à l'usage des jeunes générations". (Youpi, Manur n'est presque plus malade !). 29 mars 2006
J'ai annoncé très sobrement l'arrêt du blog de Jean-Marc Morandini; Mais j'avais écrit un petit commentaire, que je ne comptais pas publier. Mais j'ai lu ça : "Dans un domaine moins réjouissant, je suis attristé par la fermeture du blog de Morandini qui a encore une fois été victime du dictat de Libération qui, en plus de donner des leçons à la terre entière, se révèle insultant et totalement déplacé". C'est Christophe Ginisty qui le dit et ça m'agace. Parce que dire ça, c'est offrir à Morandini une espèce d'"aura bloguienne", un trop beau cadeau. Alors je publie ce que j'avais écrit. A quoi a-t-on affaire ici ? A un journaliste-animateur, ultra médiatisé, franc tireur, qui se nourrit de certains médias, se trouve attaqué par d'autres. Qu'il se sente attaqué par Voici, par Libé et voici son affaire inscrite dans la continuité du genre : demandez à Guy Carlier, à Karl Zéro, il n'y a ici rien de bien nouveau. Si ce n'est que le blog sert de plus en plus souvent de
relais de popularité à ces personnages qui cultivent sinon l'impertinence,
sinon l'indépendance, du moins une image impertinente et indépendante et que
les journalistes paresseux aiment à décrire comme "trublions" :
John-Paul Lepers, Karl Zéro, Morandini... 19 janvier 2006
Mais voilà. Cette fois, on a eu des gens pour raconter. Des gens qui l'ont lu ,ce blog, avant qu'il ne soit mis hors ligne. Des gens qui en ont parlé volontairement sur lerus blogs, sans l'incitation ni l'excitation des caméras, des gens dont la réaction est aussi spontanée que réfléchie, des "spécialistes impromptus". Qui ont su se faire entendre avant que les caméras ne courent autour d'un vide.
Ce n'est pas une concurrence qui a lieu aujourd'hui entre blogueurs et journalistes, contrairement à ce que la fronde contre Libé aurait pu dans un premier temps laisser entendre (1). C'est plutôt un cadeau des premiers aux deuxièmes : les blogueurs offrent aux journalistes l'occasion de prendre un sujet au coeur, de le saisir. Je sais que dans pas mal de rédactions, aujourd'hui, on s'appuie sur les billets des blogs pour construire les sujets sur Garfieldd. C'est une chouette chose. Le blog est pris en considération, comme matériau, comme source. Et comptez sur certains journalistes pour prendre en compte de la manière la plus intelligente possible cette chouette chose. (1) La précipitation et le manque de rigueur du journaliste étaient certes condamnables, mais ne méritaient pas certaines paranoïas (NB) : Je n'avais jamais lu le blog de Garfieldd. Je l'ai lu en partie depuis. Et suis d'accord avec tout le monde pour trouver cette décision outrancière. Mon soutien est donc évident. -> La Liste des billets chez Embruns 23 juin 2005
Il y a quelques semaines, j'avais reçu un mail d'un inconnu qui me proposait d'aller voir son blog et de faire un échange de lien si je le trouvais bien. Je n'aime pas l'idée d'échange de liens, et je le trouvais un peu trop direct et péremptoire. Je n'ai donc pas donné suite. Je n'étais visiblement pas le seul à être gêné : il avait envoyé le même mail à de nombreux blogueurs, dont Christophe Ginisty qui s'en était ouvertement plaint. Mais ce n'était que la première vague. J'ai reçu sur mon adresse professionnelle un nouveau mail de lui. Encore plus rentre dedans, vu qu'il est passé à l'impératif :
J'ose espérer qu'il y a du second degré. Mais j'en doute, vu la liste des destinataires de ce mail : Edwy Plenel, Serge July, Laurent Amalric, Gilles Schneider, Ockrent, Fogiel, les rédacteurs, rédacteurs en chef et services de relations lecteurs des rédactions de Libération, Le Parisien, Métro, RFI, RTL, Le Monde, le Figaro, tf1, France 2, France 3, LCI, Charlie Hebdo, Le Canard Enchaîné, Indy Media... Le plus drôle c'est qu'aujourd'hui, en tête de son blog, un long billet sur son chat suivi d'un verbatim de Sarkozy. Ça dépote, en effet.
Mais si ce n'était que drôle et pitoyable... Seulement voilà : l'adresse mail depuis laquelle ce "communiqué" a été envoyé est la même adresse depuis laquelle parvenait à l'ensemble de la presse de longues, éreintantes et racistes diatribes contre Dieudonné au plus fort de l'affaire du même nom. La même adresse que celle du créateur d'un skyblog qui a été désactivé par Skyrock en raison de la teneur de ses propos. Sur Indymedia, il a en réaction traitée la radio de mafia "fasciste et pétainiste". (Je ne cautionne en rien cette longue et folle diahrée, bien évidemment). Quelqu'un de pas bien, en somme. Je ne mets donc pas son adresse en lien. Je veux le laisser dans son trou. 08 juin 2005
Vous connaissez sans doute Jason Kottke. Auteur depuis plusieurs années d'un weblog à la réputation et à la popularité croissantes, il avait décidé de faire le grand saut, de lâcher son job pour bloguer à plein temps. Sans pub, sans sponsor, sans autre financement que les dons que voudraient bien lui faire ses lecteurs, ceux qui croyaient que son travail, que le plaisir qu'ils avaient jusqu'ici pris à le lire, tout cela méritait quelques deniers offerts pour la suite. Seulement, il fallait s'y attendre, tous les donateurs ne s'estimaient pas mécènes : certains se sont mis à attendre des résultats. Ils avaient payé pour voir Mister Kottke bloguer à plein temps, ils voulaient voir un site qui tourne à plein régime. Raisonnement biaisé dès le départ, tant il semblait difficile à Kottke de faire bien plus que ce qu'il proposait avant de se lancer seul. Son site n'a guère changé depuis qu'il est indépendant mais qu'importe, il écrivait déjà bien, il écrivait déjà beaucoup... Mais voilà, une blogueuse-donatrice a craqué. Sur son site Things I am Over, Sarah Hater a écrit un long billet dans lequel elle peste contre les récentes activités fort peu productrices de Jason, à qui elle avait pourtant offert son argent. Comprenez, il est parti en voyage à Paris. Puis en Irlande. Puis il annonce qu'il va partir vivre quelques mois à la campagne. Et comble du comble, il tombe malade une journée, et a le culot de le dire sur son site.
L'actionnaire qui sommeille sous ses oreillers pastels n'en peut plus. Kottke est un monstre, un profiteur, un arnaqueur, un homme qui a pris l'argent des autres, imagine-t-elle, en pensant "cela paiera mon loyer, me permettra de m'offrir un bureau, d'aller en vacances, d'aller en vacances, d'aller en vacances et puis de poser un jour pour maladie". Ce, alors qu'en mettant de l'argent sur Kottke, elle s'imaginait "devenir techniquement son employeur". Elle et les autres s'étaient pourtant "engagés à tenir financièrement jusqu'à la fin de l'année et à l'aider à maintenir ou augmenter le trafic de son site". Elle l'accuse donc de ne rien faire d'autre que de rester planté sur son cul à pomper les liens de Waxy : "si vous réussissez à convaincre d'autres personne de payer vos factures pour que vous lisiez des weblogs toute la journée, vous leur devez un minimum d'explication sur le déroulé de vos journées", estime-t-elle. Je ne sais trop quoi penser en attendant de pouvoir lire une probable réponse de l'intéressé, qui pourrait donc se retrouver victime de ce qu'il aime tant, les weblogs, la publication personnelle, et le fait que n'importe qui peut facilement faire entendre ce qu'il a à vous reprocher. Je suis surtout sceptique face à la logique de rendement dont fait preuve cette dame : à part la référence à Waxy, elle ne fait aucune allusion à la qualité du site de Kottke, ne s'intéresse pas à ce qui est produit, mais au temps qui est affiché comme du temps de travail. Comme un chef qui vous reproche le moindre retard, mais ne sait pas trop sur quoi vous bossez. Elle fait en outre preuve d'une terrible mauvaise foi. Elle lui reproche de partir à la campagne ? Dans le billet où il évoque cet exode, il ne fait qu'une chose, se demander quel est la meilleure façon de rester connecté à Internet. Elle lui reproche d'être malade ? Il a quand même écrit un court billet et fait au moins cinq liens ce jour-ci. Il est allé à Paris ? Salopard, tout ce qu'il lui en a ramené, c'est un putain de diaporama, euh, non deux, et a juste continué à écrire sur son weblog durant son séjour. En Irlande oui, il a pris des vacances, mais a laissé dexu autres blogueurs remplir son site pendant son absence. J'aimerais bien que Cyril, qui est un donateur de Kottke, me dise ce qu'il en pense. Mais plus ce bilet avance, plus je me dis que cette fille est un investisseur, ferait mieux de placer ses billes chez Total, et ne pas perdre son temps à essayer de nous faire croire qu'elle défendait une cause, qu'elle soutenait l'essor de la publication personnelle. En tout cas, je trouve que ma barre MSN, c'est bien moins risqué ;) Et comme souvent, merci à Canclaux pour la découverte.
17 mai 2005
Dans un récent commentaire laissé chez son pince-fesse favori, Loïc Le Meur défend Typepad d'encourager l'endogamie propre aux plate-formes des blogues et défend les weblogs créés avec son outil d'être en partie responsable d'une "fracture blogosphérique" grandissante, qui en désempare certains, dont moi... Or, sans vouloir trop enfoncer le clou, je pense que Loïc et Typepad ont à voir avec ces deux phénomènes. Mais si pour l'endogamie, Loïc n'est pas responsable, il l'est pour la fracture. Sans que tout cela soit aussi néfaste qu'on puisse le penser... Messieurs-dames, veuillez entendre la belle histoire de l'arrivée soudaine et fracassante des lemeuriens sur nos belles terres.... ENDOGAMIE NATURELLEL'endogamie propre aux weblogs Typepad est naturelle : la facilité de mise en ligne, la richesse et la souplesse de configuration des blocs de sidebar font que la plupart des utilisateurs ne prennent pas la peine de trop modifier les templates (d'autant plus que l'opération est fastidieuse, je peux en témoigner). On retrouve donc des weblogs qui ont non seulement un design similaire, mais un vocabulaire commun : "A propos de l'auteur" / "Syndiquez ce site (XML) / "Albums Photos" / "Commentaires récents"... Ajoutez à cela un bloc qui affiche les derniers weblogs Typepad mis à jour : tout est fait pour encourager le sentiment de familiarité, qui attire naturellement le néophyte. Cela est naturel, cela est normal, cela n'est donc pas bien nouveau. Dans une foule, le jeune rasta perdu ira demander son chemin à un autre jeune aux cheveux sales, l'étudiant HEC à une personne en chemisette. TRANSHUMANCEPas besoin de chercher un responsable à l'endogamie, donc : nous sommes juste face à un phénomène instinctif de regroupement. En revanche, Loïc Le Meur (LLM) est bel et bien à l'origine de la longue transhumance qui a abouti à l'occupation d'une vaste zone de la blogosphère française par une nouvelle population, faite de néo-libéraux, de start-uppers, de gars qui posent en chemise blanche et penchent la tête sur leur photo friday-wear... C'est sans doute le même instinct qui est ici à l'oeuvre. LLM se lance dans les blogs, il veut que ça marche, il en fait la publicité dans son entourage, encourage ses amis à créer des blogs. Or, comme le dit la chanson, les amis de Le Meur sont entrepreneurs, la la lalaaa (cherche compositeur pour associer une mélodie à ce joli ver).
Au départ, donc, comme souvent, ces blogueurs n'avaient pas grand chose à dire, et s'attelaient à travailler leur sentiment d'appartenance à un clan, donnant l'image de vieux amis qui se retrouvent. Puis vite, des commentaires sociaux sur cette France à la traîne qui les méprise tant, eux qui veulent aller de l'avant : la nouvelle économie revient et elle n'a même pas mal. C'est le sentiment que donnent ces nouveaux weblogs. Ils sont tous apparus en quelques semaines, tous sur Typepad, tous donc, par impulsion plus ou moins directe de LLM et ce qu'on voit, donc, c'est une nouvelle bande. Nous ne pourrons pas les appeler nouvelle vague. Nous les appellerons donc les Lemeuriens. LES LEMEURIENSDans mon enfance, lorsque mon père partait en mission pour quelques jours, mes grands parents maternels venaient quelquefois nous garder. A chaque fois, mon grand-père en profitait pour ranger le cellier en bordel, sans que personne ne lui ait rien demandé. Durant les semaines qui suivaient, mon père maugréait sans cesse : il ne retrouvait rien. C'est un peu la même chose avec les Lemeuriens : s'ils ont dérangé les vieux loups qui reposaient ici, c'est qu'ils sont arrivés avec gros sourire, bienveillance et manches retroussées, prêt à enfin faire mousser cette blogosphère encore trop timide et surtout peureuse de l'argent.
Ils se sont donc mis au travail, ont bien suivi la leçon du maître, favorisant les échanges, les CONVERSATIONS, surveillant scrupuleusement leurs trackbacks, mesurant régulièrement leur popularité à l'aune du ratio billets/commentaires publiés, réfléchissant à la nature profonde de l'acte de bloguer dès leur troisième billet, cherchant la meilleure position à adopter pour en faire un bon outil de travail en entreprise, lançant des wikis parce qu'il paraît que c'est si pratique pour organiser un apéro, comme si on connaissait les gens avant de recevoir leur carte de visite. Malgré cette effervescence toute frivole et superficielle, malgré leurs excès et leurs maladresses, malgré leur arrivisme caractérisé, les Lemeuriens ont fait beaucoup pour les blogs. Un peu comme un mal nécessaire, comme notre poussée d'acné collective : nous aurons beau râler, nous, vieux de la vieille, nous ne pourrons nier qu'ils se sont bougés, qu'ils ont fait du bruit, et que grâce à eux, la France est en passe de devenir l'un des pays les plus dynamiques et aventureux en la matière. Où est le mal, alors ? Je serai malhonnête de nier une part (même minime) d'orgueil parfois blessé de se voir ainsi devancé par de (même pas) jeunes prétentieux qui m'ont honteusement doublé dans la queue (je les ai vus). Mais la crainte est là de voir les Lemeuriens dominer l'image donnée du blogs, noyer son pluriel dans un flot de dynamisme excessivement bienveillant. Les blogs ne sont pas que communication, business, échange, recettes de cuisine, management, bons plans et liens rigolos. Je sais que les Lemeuriens le savent. Il faut juste le leur rappeler de temps à autre.
06 mai 2005
J'ai mis mon blog en veille pendant quelques mois. J'ai observé mes vieux compères carnetiers comme derrière une vitre, suivi leurs activités sans donner signe de la mienne. J'ai joué au petit Lionel, laissant entrevoir un possible retour par quelques interventions sagement médiatisées, raisonnablement espacées. Puis je suis revenu. Et tout avait changé. Un heureux petit hoquet à l'étranger m'a fait manquer une grande réunion, la célébration du nouveau monde qui ne semble plus être le mien. Aujourd'hui je surfe, je saute de weblog en weblog, je vois de nouveaux noms, des nouveaux sites par dizaines, des gens que l'on appelle par leurs prénoms, des audiences qui nous auraient fait fantasmer il y a quelques mois à peine... Cela me donnerait presque l'impression de revenir voir un groupe d'amis perdus de vue pendant un court temps et de découvrir plein de nouvelles têtes, cent personnes quand nous étions quinze. Soudain, je me sens décalé. Je lis donc le brillant billet d'Embruns sur le phénomène de dilution, je pense à ce qui a été une grosse vague : assez lente dans son approche lointaine pour que nous la prévoyions, la craignions, et soudaine lorsqu'elle s'est abattue sur nous. J'ai l'impression d'avoir vu les blogs enfler, et n'avoir pas vu l'explosion. Je me sens un peu amorphe, un peu engourdi face à cette nouvelle donne. Je tourne mon weblog dans tous les sens, afin de trouver une nouvelle manière de lui donner consistance. Comme Embruns, je pense que l'avenir est à "des formes plus collaboratives et communautaires". Ne pas lâcher pour autant mon espace solipsiste. Ecrire sur son weblog, c'était converser dans un jardin aux vastes allées. C'est aujourd'hui gueuler un samedi midi aux Halles. Ça demande un peu plus de gymnastique. Mes exercices seront donc les suivants, pour un temps. A peu près quotidiennement, une photo du Brésil brièvement légendée. Et aussi, un nouveau blog (nouveau pour moi, j'entends) dépecé, critiqué, noté. Pour prendre la mesure, petit à petit, de la nouvelle donne. PS : Appel aux amis historiques. Comment avez vous réagi à l'explosion ? Comment voyez vous tout cela ? 02 septembre 2004
L'article évoque brièvement le prochain livre de Moix, Partouz (merci d'avance pour les requêtes Google, Yann), et en dit ça : "Partouz n'est pas un roman : c'est un blog nerveux et impudique, où Moix digresse sur tout ce qui l'intéresse. Problème : il aurait fallu raconter une histoire". Cher blog, bienvenue dans le vocabulaire. 26 août 2004
Feu d’artifice d’épaules dénudées, de minijupes transparentes, de décolletés pigeonnants, de nombrils brillants. Les filles tirent leurs dernières cartouches, on sent que l’hiver approche. Et les orages qui éclatent les uns après les autres réduisent la fenêtre de tir. Du coup, l’air est irrespirable, saturé de phéromones.
(...)
Elle porte une robe-blouse courte et kaki, assez pratique, et pas grand chose en-dessous je présume. Aux pieds, des mules ajourées, et, entre la robe et les mules, deux jolies jambes très bien dessinées, par un peintre italien on dirait, avec des genous un peu pointus comme je les aime.
J'aime les gens qui aiment les détails. PS : Vu que monsieur Lapinos furète, reluque et drague à la Sorbonne et à la Fnac Montparnasse, une petite Barbie vintage me semblait idoine. Ça m'a permis de découvrir KatsDolls, bon site de collection de vieilles poupées très très chics. 03 août 2004
Au final, c'est peut-être l'été, quand tout se ralentit, quand nos flux mêmes semblent passés en mode sieste, que nous prenons conscience d'être partie d'un tout. Avec nos blogs, nous donnons forme à quelque chose qui nous dépasse, nous faisons pousser un écosystème qui peu à peu règle nos rythmes, dirige nos textes, tisse de petites ficelles qui donnent leur cohérence à nos écrits, leur font se répondre, s'influencer, se dépasser. Notre animalité se révèle même face au clavier. Parler de "blogosphère" serait-il alors faire trop d'honneur à nos instincts virtuels ? Les nouveaux billets se font plus rares et nous nous dirigeons naturellement, en cette période sèche, vers les points où règne, dit-on, encore, la profusion. Nous déréglons nos habitudes, nous nous hasardons à fureter ailleurs. Nous traînons le soir au Bandy, weblog nostalgique qui narre les histoires désuètes des habitués d'un vieux bar à cocktails. Belle découverte.
Va savoir. L'écosystème s'autonourrit, s'adapte à merveille, même à la disette. Quand il a besoin d'écrits, il vous fait écrire sur leur absence, à remplir le vide en décrivant ce vide. PS : La première photo est de William Eggleston, photographe qui a donné ses lettres de noblesse à la couleur avant qu'elle ne soit reconnue. La secopnde de Christian Patterson, un disciple d'Eggleston. Mais Coincidences en parle tellement mieux. 06 mars 2004
Des chercheurs de chez Hewlett-Packard ont cherché à savoir comment un lien circulait sur Internet, comment une page devenait soudainement ultra-populaire, linkée de partout. Ils nous prépareraient une belle campagne de marketing viral à la Dalaro ou à la Puma que je ne serais pas plus surpris que ça. Toujours est-il qu'ils ont découvert un phénomène intéressant (pour les détails, allez lire sur Wired) : ce sont toujours les petits sites qui trouvent les liens biens, avant de se les faire piquer par de plus gros, qui ne les citent pas. En tant que "Monsieur boîte à liens" (la disproportion d'abonnements entre le fil RSS de la boite et celui du blog est désespérant, parfois), comprenez que cette découverte me turlupine. Il m'arrive fréquemment d'oublier où j'ai trouvé un lien. Il m'arrive tout aussi fréquemment de voir sur quelques sites des liens que j'avais posté auparavant sans être cité (Messieurs de Télérama ?) et sans être toujours sûr non plus, soyons honnêtes, qu'ils l'aient trouvé chez moi. Quand je suis cité pour une découverte, ça fait plaisir, comme à tout le monde.
A compter d'aujourd'hui, il faudra donc toujours citer plus (ou aussi) petit que soi. Pas la peine de citer un lien quand il est trouvé chez Metafilter ou Boing Boing. Et faire appel aux développeurs pour trouver un système plus convivial que ce foutu TrackBack pour indiquer facilement d'où vient un lien... Et puis surtout, continuer à en trouver, plein, pour vous. Vous proposer de m'en proposer (je vous citerai). Et les filtrer. Car la vertu d'une boîte à liens n'est pas tant de linker que de savoir quoi linker... "Angler, c'est choisir, et choisir c'est renoncer", me disait-on à l'école de journalisme. Le boulot est le même. PS : Les photos ont été prises sur le site du brillant Philippe Toledano. Lien trouvé sur l'excellent Conscientious consacré à la photo. Il l'a trouvé sur le non moins intéressant Coincidences, qui explique avoir découvert ce photographe en surfant sur Idanda, un site sur le graphisme tout aussi recommandable. En revanche, il ne se souvient plus comment il est tombé sur Idanda. Et je ne serais pas honnête si j'omettais de préciser que l'article de Wired qui a inspiré ce post a été trouvé chez Waxy. Mais lui, il est bien plus gros que moi... MAJ (Private joke) : Mediatic a-t-il indiqué à Boing Boing qu'il avait trouvé le lien sur Xerox chez Nincompoop ou chez moi ? ;) 11 décembre 2003
Quelquefois, trop de travail. Quelquefois, un léger manque d'inspiration. Encore, des mises à jour graphiques, Internet en panne, envie de boire des coups ou de me balader dans le froid plutôt que d'écrire. Pour toutes ces raisons, il y a quelquefois de grosses absences sur ce site. Et pour remédier à cela, une solution : Ceux qui n'ont pas peur peuvent eux aussi créer leur blog qui s'écrit tout seul. Un grand jury, composé d'hommes libres et d'androïdes dôtés des technologies les plus poussées d'intelligence artificielle, comparera les blogs humains et leurs avatars automatiques. Ceux qui sont moins bons que leurs robots seront expédiés dans le vide intersidéral et relégués en soixantième page de Google. 29 août 2003
Les blogs vont trop vite. Voilà qu'on ne trouve un moment qu'après midi pour raconter sa flash-mob, et qu'on ne sait plus trop quoi dire, tant les photos, compte-rendus et autres commentaires ont été nombreux. C'était chouette, étourdissant et trop rapide. "un enthousiasme et un plaisir enfantin pur. Un peu comme ce jour d'école au collège où toute la classe avait décidé - de concert - de sécher le cours de biologie de Mr. Langlet..." (Nincompoop). L'ivresse collective soudaine fait oublier pour un court laps de temps les scepticismes d'avant et les critiques d'après. (A cet égard, il vaut mieux lire les questions de Manur que les provocations de Laurent sur le sujet). En me rendant sous la pyramide, j'ai cherché à savoiur qui étaient les organisateurs. J'ai engagé la conversation avec un petit gars à casquette qui tenait sous le bras des formulaires de droit à l'image. A ses côtés, un grand gaillard filmait les préparations avec une application particulière. Il me disait connaître les organisateurs, ne pas pouvoir me les montrer. Puis il s'épancha un brin sur son devoir de réserve : "tu comprends, on ne voulait pas que ce soit trop médiatisé, parce que l'événement est quand même assez underground, et que plus y'aurait d'images dans les médias, moins ce serait bon pour notre toute petite boîte". Je m'étonne de voir le mot "boîte" arriver si près de underground, il bafouille un brin, me dit que les organisateurs de Parismobs ne sont pas une boîte, mais que lui et son collègue, oui, enfin, euh... mais ce n'est pas à moi de te dire ça, tu comprends... |