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13 juin 2006
Serge July vient d'annoncer son départ "contraint et forcé" de Libération. C'est étrange, un peu fou. Je pense à tous mes copains à Libé. Pressé de voir la suite... 11 avril 2006
Sarko, quand il partira, il y aura des bouchons de champagne qui vont sauter chez nous. Il nous met une pression folle. Ça nous gave d'aller en banlieue. La plupart du temps, il ne s'y passe rien, c'est aussi calme que les centre-villes. C'est un CRS qui parle. Dans Libé, ce matin, un excellent article sur la lassitude des policiers.
Et cette photo fait partie de la couverture des manifestations par Hugues Léglise. Recommandée, avec les photos de Charlotte Gonzalez.
Et tiens , le même Hughes était sur le marathon, et là aussi il a été bon...
15 novembre 2005
Je rêve parfois de pouvoir me glisser dans le secret des 'grands', afin de savoir l'importance qu'ils ont décidé de donner à l'insignifiant. Du discours de Jacques Chirac donné hier soir, je ne retiens aujourd'hui qu'une chose, comme beaucoup : ses lunettes. Libé en fait son titre de une, le Parisien le souligne, les blogueurs apprécient et capturent, et forcément, on se demande si ça n'était pas un subtil coup de dernière minute, imaginé par un membre du cabinet un peu plus futé que les autres : les lunettes, ou l'artifice qui masquera au mieux la vacuité des propos du président. Qui nous permettrait d'en douter ? Pourquoi Chirac aurait-il soudainement renoncé à ses lentilles de contact ? Le discours n'était pas improvisé, on imagine mal une poussière venue se glisser quelques minutes avant le compte à rebours... Pourquoi, ce soir-là, ces lunettes que l'on avait pas vues depuis 20 ans ?
MAJ : Grandiose. L'AFP en a fait une dépêche : "Jacques Chirac, qui utilise plus souvent ses lunettes "depuis quelque temps" pour voir de loin, a choisi lundi soir de les porter pour lire le prompteur où défilait sa déclaration aux Français. M. Chirac porte très rarement ses lunettes en public, et quasiment jamais devant les caméras de télévision. Mais "depuis quelque temps, il se sent plus à l'aise avec ses lunettes pour voir de loin, ou regarder avec précision quelque chose d'éloigné, comme c'était le cas lundi soir lors de son intervention". RIEN A VOIR : Demain, c'est le quatrième FightPod. Venez, ça va être chouette. 10 octobre 2005
Finalement, je ne vais pas me plaindre. J'aurais pu être un vieux Noir à la Nouvelle Orléans.
Attention, la vidéo que je viens de mettre est très violente : Sur le Nouvel Obs.com, tout l'histoire : AP filme la violence injustifiée de policiers à la Nouvelle Orléans. 07 septembre 2005
Ils sont des milliers. Les gens sont là, qui aident, ou qui donnent. Mais pour Madame Barbara Bush, c'est gênant. Tous ces pauvres. Elle a visité l'Astrodome, et elle a dit : "What I'm hearing, which is sort of scary, is they all want to stay in Texas". Merci à toutes les personnes qui ont posté des photos sur Flickr. Les
photos de Slight Cuttler sont superbes. 01 septembre 2005
A la Nouvelle-Orléans, avant le désastre de l'ouragan, il y avait sur les murs des visages effrayants. Aujourd'hui, on trouve déjà sur les murs d''autres villes de petites fresques là pour soutenir la ville sinistrée. Et sur Craigslist, site de petites annonces gratuites, on trouve des tonnes de propositions d'appartements pour les réfugiés. Mais voilà, si tu viens me piller, je tire. Oops. (Série de photos impressionnante) 08 juillet 2005
07 juillet 2005
Je suis d'accord avec Manur : l'article de Libération sur les blogs et l'attentat de Londres est d'une rare ineptie. Pourquoi ? Parce qu'il ne fait qu'enfoncer des portes qui sont ouvertes depuis bien longtemps. Parce que les weblogs sont aujourd'hui le quotidien, et que cet article ne fait que le constater sans en prendre la mesure, sans chercher à voir ce que cela peut dire sur ce qui a changé en nous avec ces technologies. Ce que l'on constate sur les weblogs et Londres est né à New York il y a quatre ans, était déjà palpable à Madrid, et en Asie surtout, après le Tsunami. Les blogs servent à raconter, à rassurer, à débattre, spéculer, sa faire peur et exprimer sa colère. Sur les blogs, on parle beaucoup des événements qui nous ont choqué et donc, oui, les attentats de ce matin constituent le sujet le plus souvent évoqué sur les blogs. Et alors ? Il faut regarder comment ils racontent. Oui, il est intéressant de voir que des Londoniens se sont servis de leurs blogs pour rassurer leur entourage. Il ne l'est pas de dire que Londres est le mot clef le plus important sur Technorati, Flickr et autres outils d'agrégation. Il ne l'est pas de raconter que certains cherchent cabales et signes infernaux dans les dates des attentats. Demande-t-on aux journalistes de faire une synthèse sur les rumeurs les plus en vogue au café du commerce (oui, je sais, certains le font, mais ce n'est pas louable) ? Consacre-t-on des articles pour dire que c'est effectivement le sujet dont les gens parlent au téléphone ? Ce que je vois surtout avec cet attentat et la façon dont les blogs les suivent, c'est la confirmation d'un point : concernant les grands événements, la révolution n'est pas médiatique, elle est technologique et communicationnelle. Technologique parce que les gens commencent à utiliser les outils d'aujourd'hui pour communiquer : ils prennent des photos de l'événement sur leur téléphone portable et l'envoient sur des sites communautaures ou aux médias. C'est un fait. Communicationnelle parce qu'ils ne se servent pas tant de ces outils pour informer que pour exprimer et partager.
La photo de l'homme qui s'est pris depuis le tunnel du métro. Il l'a envoyée sur Moblogs.co.uk et à la BBC. Sur Flickr, les utilisateurs l'ont reprise et créditée comme venant de la BBC. Les blogueurs ne bougent pas. Pourquoi les blâmer ? Ce n'est pas leur métier, ce n'est pas sûr, ils n'ont pas l'autorisation. Mais ils veulent témoigner : ils capturent la télé, ils postent. Ils donnent à voir ce qui les choque. Ils témoignent donc, ils partagent, ils commentent, ils n'informent pas. Demain, et les jours suivants, nous aurons plus de photos et d'histoires. Nous aurons une ville qui se raconte. Pas de breaking news, pas de scoop, de révolution ni de nouveau média. Juste des gens qui souffrent, sont choqués, ont envie de l'exprimer, et se sont appropriés une nouvelle manière de faire ce que l'on fait depuis bien longetmps : être humain. 23 juin 2005
Depuis le temps que je rêvais de lire un papier comme celui-ci, quelqu'un qui évoque enfin ce pervers confort des entreprises modernes : les stages, exploitation légale, normalisée, acceptée. Mais exploitation quand même. C'est un courrier des lecteurs de Libé, c'est à lire d'urgence, c'est remarquable. 18 juin 2005
12 juin 2005
Je m'en souviens bien, c'était une fin d'après-midi, début janvier, à Lille. Nous sortions de l'Ecole de Journalisme avec quelques uns de mes élèves de première année, prêts à aller boire une bière après une journée de cours. Dans la rue, devant la porte, Sorj Chalandon, qui donnait des cours aux deuxièmes années, marchait en rond, l'air grave, le téléphone collé à l'oreille. Je lui envoyais une petite vanne et l'invitait à nous rejoindre. Sorj est journaliste depuis des années pour Libération. Il a été grand reporter, il a vécu mille guerres, a vu des hommes mourir devant lui, il a aussi été mon professeur, c'est l'un des hommes que je respecte le plus au monde. Lorsqu'il nous a rejoint au Bel Ouvrage, dix minutes plus tard, la tête était toujours basse, le regard préoccupé. Il s'est avancé vers notre table, s'est penché et nous a dit à voix basse : "On n'a plus de nouvelles de Florence depuis 24h. Elle n'a pas passé les coups de fil quotidiens". Moment étrange, silence, timide compassion, immédiate empathie, et donc inquiétude. Sorj s'est redressé, est parti rejoindre ses élèves de seconde année, il a bu et ri avec eux. Je me souviens, je le voyais de temps à autre le regard vide au milieu des rires étudiants.
Ce soir là, j'ai vécu l'absence de Florence Aubenas avant d'être informé de sa prise d'otage. Aujourd'hui, apprendre au réveil sa libération est plus qu'une bonne nouvelle. C'est une joie pure, pour quelqu'un que je n'ai jamais connu. Mais d'autres, que je connais bien, doivent pleurer de bonheur. Florence et Hussein sont libres, c'est un beau dimanche de Printemps. Je vais sourire toute la journée. 30 mai 2005
Ils se réjouissent. Ils sont en colère, tristes. Ils laissent chanter les autres. Ils en rient. Ils se taisent. Ils s'en foutent. Quant à certains, de toute façon... Et si vous me demandez, je ne suis pas particulièrement heureux de la chose... Pour les liens manquants, je vous fais confiance... La photo vient de là 23 mai 2005
Information obtenue de source proche du couloir : Cécilia Sarkozy est partie fricoter avec un publicitaire. Mais après un coup de fatigue largement médiatisé qui a fait frémir le pays, Nicolas va très bien. Très très bien même. 01 avril 2005
La dépêche AFP est tombée en plein climax papal, il y a donc peu de chances que cela fasse beaucoup de bruit. D'autant plus que c'est un détail. Mais c'est un détail à vomir. A vomir. Vendredi, en début d'après-midi, alors que les journalistes de la planète cherchaient à interpréter les bulletins de santé du Vatican, un bulletin de l'agence Reuters est tombé. On y apprenait que le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier donc, avait des "preuves de vie" de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun. Bien, très bien. Seulement, la deuxième dépêche, plus consistante, nous en disait plus. Barnier aurait affirmé cela mercredi dernier. L'information est restée confidentielle deux jours durant. Presque confidentielle : une poignée de gens l'ont entendue dès mercredi. Ils assistaient à l'enregistrement de Vivement Dimanche, l'émission politique-divertissement-digestion de Michel Drucker. Barnier était invité. C'est à Drucker qu'il a réservé la primeur de l'info. Ces dernières semaines, le gouvernement a multiplié les déclarations vagues concernant Florence et Hussein. Si vagues qu'à côté, les communiqués du Vatican étaient un modèle de clarté. Cette information est la première nouvelle concrète, préhensible que le gouvernement nous offre. Et il nous l'offre chez Drucker. De deux choses l'une. - Soit Barnier a merdé. Le gouvernement ne voulait pas communiquer sur le sujet (on le comprend) et le ministre en a dit un petit peu trop. Ce ne serait pas la première fois. - Soit le gouvernement a choisi de communiquer cette information à ce moment là, dans cette émission là. Et c'est scandaleux. Affligeant de mépris, de l'instrumentalisation de drame. C'est transformer l'angoisse en suspense, c'est glisser des nouvelles rassurantes et importantes entre deux blagues et un disque d'or à André Rieu. C'est glisser les vies d'une journaliste et de son guide dans les oublis dominicaux. C'est minable et dégradant. Aujourd'hui, on peut se faire condamner par la justice parce qu'on a révélé des détails sur un produit industriel qui n'est pas encore sorti, mais on peut réserver cordialement des informations sur la vie d'une otage à une émission de variétés. Super. (Lire aussi chez Brain Not Found) 29 novembre 2004
Alors que je prépare mes cours de jeudi et vendredi à l'Ecole de Journalisme, qui seront consacrés aux lecteurs, aux weblogs, à l'information et la publication du "many to many", je tombe aujourd'hui sur une série de liens qui me seront plus qu'utiles.
Il y a ensuite WikiNews, qui entend appliquer à l'info le principe libre et collaboratif qui a fait le succès de l'encyclopédie WikiPedia. Et puis il y a ce petit film étrange, Epic. Un reportage daté de 2014, qui résume, en partant de l'invention du World Wide Web, le chemin qui a mené à la fin des médias tels que nous les connaissons pour aboutir à des fils d'informations automatiques, personnalisés, reconstitués à partir des millions de témoignages mis en ligne par les internautes du monde entier. Epic est le nom du programme : "Evolving Personnalised Information Construct". Tout ce qui concerne ce qui est déjà arrivée (jusqu'en 2004, donc) est très bien résumé, et fait une formidable synthèse de l'évolution des réseaux sociaux, de la nanopublication, etc... Tout y passe : Google, Blogger, Amazon, Gmail, Newsbot, Friendster, le papier électronique... Et tout ce qui suit a beau être de la pure anticipation, ce qui y est dit constitue une projection presque raisonnable de ce qui pourrait arriver. En tout cas, cela pose des questions justes, amène à prendre du recul sur l'évolution actuelle. Et puis, le film est tellement bien fait qu'à la fin, le contenu, censé provenir d'un musée des médias américains, en 2014 donc, est licensié... en Creative commons. 16 novembre 2004
Le magazine TOC m'a invité, la semaine dernière, à un face à face avec le député socialiste Christian Paul, très concerné par les problématiques du peer-to-peer, du droit d'auteur et de ce que certains s'appliquent à nommer "piratage".
L'homme est très intéressant, posé et ses positions sont mesurées. Nous sommes tombés d'accord sur de nombreux points, et notamment sur celui-ci : il est difficile, aujourd'hui de poser les bases d'un débat sain, d'une réflexion sur ces sujets, tant ils sont pourris par des discours de l'extrême, notamment par l'insidieuse manière dont les "industries culturelles" tentent de modifier les schémas de pensée en criminalisant le moindre acte détournant le consommateur de l'achat de leurs produits. Le pire est de voir les instances dirigeantes de ce pays reprendre sans recul aucun les calomnies des lobbies. Fallait-il encore une preuve ? Elle est arrivée ce midi par la poste. L'invitation à un déjeuner de presse au Sénat, dont le thème m'effraie : "La création musicale est-elle encore possible en 2005 ?". On a donc passé un stade supplémentaire : il n'est même plus la peine de crier au loup et de souligner le nécessaire combat contre les "pirates du quotidien". Les lobbies peuvent désormais se dire en guerre, et reprendre à leur compte, sans souci aucun, la paternité de toute création. Il faudrait s'escrimer, jusqu'à la date de ce déjeuner (9 décembre), à leur expliquer que la création ne repose pas sur leurs investissements. Qu'au contraire, leur volonté de verrouiller la circulation des savoirs assèche justement le terreau où germe aujourd'hui toute création. Tout le thème d'un livre salvateur dont je parlerai ici bientôt. Je serai en tout cas à ce déjeuner. Peut être y trouverai-je matière à de belles anecdotes. DERNIERE MINUTE : Pascal Nègre, invité de ce déjeuner en tant que président de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), pourrait être empêché. Le 9 décembre, date du déjeuner, il doit en effet comparaître devant la 9ème chambre de la cour d'appel de Versailles aux côtés de Florent Pagny, condamné pour fraude fiscale. Nègre est poursuivi pour "complicité". Il avait été relaxé en première instance, mais le parquet a fait appel. La création musicale est désolée. Vraiment. 10 novembre 2004
Je réitère ici un appel passé assez discrètement sur mon autre weblog, Journalistes sur toile, parce que c'est assez urgent : je cherche à constituer une base de liens pouvant être utiles aux journalistes sur internet. Des sites de veilles, des weblogs pertinents, des articles qui ouvrent des perspectives ou résument des problématiques, tout ce qui a rapport aux journalistes et aux blogueurs, des annuaires, des sites pratiques... C'est pour mes élèves, c'est pour qui voudra, c'est pour constituer une belle base de liens. Merci d'avance. N'hésitez pas à faire passer le message. I need you. 28 octobre 2004
Certains ont collé du Pink Floyd sur la fin de 2001, Odyssée de l'espace et se sont aperçus que ça collait. D'autres ont fait la même chose avec le Magicien d'Oz. Difficile d'imaginer que de telles superpositions maniaques puissent un jour avoir une portée politique. Et pourtant...
L'équipe de Dangerous Squid a mis la bande sonore de Scarface sur un discours de Dick Cheney. Mieux : ils ont collé la bouche d'Al Pacino à la place de celle du vice-président. Et on se rend alors compte que cette bouche là sied bien aux yeux de Cheney. Surtout, on découvre à peine stupéfaits à quel point le discours de Tony Montana lui va également à merveille : il faut voir la fin de ce clip, quand Cheney déclare : "You're all a bunch of fuckin' assholes... You know why ? You don't have the guts to be what you wanna be. You need people like me, you need people like me so you can point your fuckin' fingers and say 'that's the bad guy'. So say goodnight to the bad guy !". C'est une vidéo .mov. Régalez vous : The biggest dick in America 23 août 2004
Si vous avez raté le début : Apple est pas très cool et verrouille ses fichiers musicaux. Real gueule contre Apple, joue les Robins des Bois et en profite pour se faire une virginité. Mais ça foire. Real défenseur du consommateur, de la liberté, de toutes les bonnes choses vraies ? Real, cette compagnie qui en 1999 enregistrait ce qu'écoutaient ses utilisateurs dans une grosse base de données sans les prévenir ? Ça sonne moyen, effectivement. Mais l'argument ne tient pas : Apple n'est pas plus sympa, même s'il en a l'air. Cette guerre des verrous, c'est surtout l'échec de la stratégie de la sympathie dans le marketing d'aujourd'hui. Ce qu'a fait Real aux verrous de l'iPod n'est pas une mauvaise chose, ce pourrait même être le premier pas vers une réflexion sur l'absurdité des DRM, ces procédés de protection qui enferment l'utilisateur dans une solution, une seule. Mais son erreur a été de vouloir jouer les Bons Samaritains, de s'instituer "libérateur de la musique", copain du pauvre utilisateur, chantre de la liberté de choisir. C'est un peu comme le nouveau copain de votre mère qui vous méprise mais vous fait un clin d'oeil et vous propose de jouer au foot pour qu'elle arrête de le sermonner sur votre sujet.
Ils ont des fans prêts à vendre leur mère pour savoir à quoi ressemblera le nouvel iMac, mais ils les narguent. Ils ne mettent pas en avant les sites qui leur sont dédiés, ne les aident jamais, réduisent la communication à minima, et on les adore encore. Le pauvre Real, qui veut jouer le mec sensible, se prend un rateau. Bref, les consommateurs seraient-ils comme les filles dans nos souvenirs d'ados, à aimer le méchant et ignorer le gars sympa ? Non : ils savent juste que quand elles nous tendent la main, ce n'est pas pour notre bien. Même si elles lancent un weblog pour nous le jurer. PS : Ben voilà que Wired fait un chouette article sur le sujet. Citation de l'Electronic Frontier Foundation : "L'idée selon laquelle Real se battrait pour les droits des consommateurs est ridicule". Point barre. 20 août 2004
Commençons par un rapide résumé de "l'affaire" : Apple sort l'iPod, tout le monde aime l'iPod. Apple lance ensuite l'iTunes Music Store (iTMS), un magasin en ligne pour acheter des morceaux de musique au téléchargement, et tout le monde s'accorde pour dire qu'il s'agit du meilleur service existant. Pour la Pomme, la boucle est bouclée. Les gens qui ont un iPod achèteront la musique sur l'iTMS, le magasin "qui va avec". Les gens qui veulent acheter de la musique sur l'iTMS feront l'acquisition d'un iPod pour pouvoir l'écouter dans le métro. ACTE I
Rob Glaser, le patron de Real, envoie donc un mail à Steve Jobs, le patron d'Apple : il trouverait ça bien, il trouverait même ça "bon" (pour le consommateur, donc l'humanité) que les morceaux qu'on peut acheter sur son magasin, Rhapsody, puissent être joués sur l'iPod. Steve Jobs, qui déteste qu'on prétende mieux savoir que lui ce qui est "bon", l'envoie balader. Glaser se fait oublier, mais fourbit ses armes. ACTE II Un beau jour, Real annonce donc qu'il lance Harmony, un logiciel qui rend compatible avec l'iPod les morceaux achetés sur Rhapsody (vous suivez ?). Steve Jobs, juste avant son cancer, voit rouge, et accuse Real d'utiliser des méthodes de pirates : "je vais te poursuivre devant la justice et neutraliser ton méchant logiciel", voilà sa réponse à l'attaque. ACTE III
Bien évidemment, ça foire. Le weblog est noyé sous les commentaires de fans d'Apple, de même que la pétition qui devient un recueil d'insultes. Une pétition concurrente est lancée, qui réunit deux fois plus de signatures. Demain, la suite de cette palpitante chronique 16 janvier 2004
Mercredi après-midi, Nicole Fontaine m'a proposé un café. C'est une très bonne hôtesse, une dame charmante, fluette, au sourire un rien crispé et pleine de bonnes volonté. Cependant Nicole Fontaine est très bien entourée. Derrière elle, son conseiller en la matière, n'avait de cesse de lui glisser de petits bouts de papiers avec les réponses idoines à nos dérangeantes questions. Je n'ai pas eu son nom, mais j'ai pu parler un peu avec lui après le point presse : il connait très bien son sujet. Il est ainsi facile de dire d'une ministre qu'elle ne connaît rien à un sujet. C'est vrai, mais c'est pour ça qu'on paye des conseillers. C'est un argument vain... parmi tant d'autres. (Texte très long, je vous préviens... cliquez sur More) Certes, la LEN a de quoi inquiéter, et la polémique qu'elle a engendré est légitime à de nombreux égards. Ne serait-ce que parce que les parlementaires, s'ils avancent une juste cause (la lutte contre la pédo-pornographie), la montent en un principe si fort que peu importent les moyens, leur efficacité et leurs conséquences. Lors du point-presse, à chaque fois que quelqu'un mentionnait les ambiguités de certains paragraphes, leur absurdité et leur dangerosité, Nicole Fontaine répondait par une petite litanie sur la pédophilie. Supposait-elle ainsi que nous n'avions pas saisi l'importance de cette cause ? Oui, donc, il y a de quoi pester contre la LEN. Aussi, faut-il bien le faire. De tous les weblogs et forums qui se sont exprimés sur le sujet depuis la semaine dernière, rares sont ceux qui ont pris le temps de voir ce qui était vraiment condamnable. Il faut ainsi louer ici le travail de Padawan, qui a le mérite d'avoir planché en profondeur, et d'appuyer ses propos. Trop de sites se sont malheureusement laissés enivrer par les raccourcis de la ligue Odebi, qui a certes une juste cause, mais prend des raccourcis un peu dérangeants pour frapper plus fort. Beaucoup de monde s'appuie ainsi sur le document "La LEN pour les nuls" pour appuyer ses propos. Or, ce texte a de nombreux défauts. Le premier est de ne pas mentionner une seule fois une donnée essentielle : la LEN est la transposition française d'une directive européenne. De nombreux points de cette loi sont issus de la Commission. On ne peut pas expliquer la LEN avec une telle omission. Ensuite, parmi les opposants à la LEN, qui a regardé les points qui posent problème ? Qui a mis un lien vers les textes. En ce sens je trouve les initiatives de Imaginons un Réseau Internet Solidaire bien plus sérieuse et juste : leur dossier, complet, cite tous les passages critiqués, fait des liens vers tous les documents disponibles, permet à tout un chacun de se faire sa propre opinion. L'inverse de la démagogie, en quelque sorte. Qui sait, par exemple, que l'obligation de surveillance a priori ne concerne que les sites illicites, c'est à dire ceux qui traitent de la pédophilie, de l'incitation à la haine raciale, du négationnisme... ? Que l'influence des maisons de disques (et dieu sait que j'éxècre leur misérable lobbying) n'a pas tant porté sur ce point que ça ? J'ai lu les textes, assisté à la conférence de presse des FAI, au point presse de Nicole Fontaine, j'en ai parlé des heures avec Alexis Braud, fondateur d'Ouvaton, pionnier de la lutte actuelle. La LEN pose de gros problèmes, mais il faut bien préciser lesquelles. 1) Le mail et la suppression de la notion de "correspondance privée" dans sa définition. Les parlementaires assurent que s'ils l'ont enlevée, ce n'est que pour les courriels envoyés au forums et aux groupes de discussion. Toute correspondance privée par mail restera privée, assurent-ils. Mais ils ne justifient que difficilement cette suppression, ont apparemment du mal à expliquer pourquoi ils l'ont jugée nécessaire. 2) La surveillance "spécifique" 3) Retirer les contenus dénoncés comme illégaux 12 décembre 2003
Je me souviens, c'était à l'époque du gouvernement Jospin, quand Delanoë gagnait et que la droite n'en menait pas encore large. Michèle Alliot-Marie, alors présidente du feu-RPR, s'était plainte des journalistes, notamment de leurs écoles squattées par des gars de gauche. Elle entendait donc créer "une formation pour les jeunes du RPR désireux d'entrer dans les écoles de journalisme". L'UMP règne aujourd'hui, mais ils ont toujours la même peur : les journalistes sont de gauche. Merde, même au Figaro, il n'y aurait plus que Jacques Faizant pour voter à droite. En mars dernier, ils répétaient que ces salauds de journalistes étaient "plus à gauche que la moyenne des Français" mais concluaient leur colloque par cette phrase optimiste : "le climat intellectuel est en train de changer en France. Il se traduira dans le comportement de la presse à l’égard de la droite et dans la façon de traiter l’actualité".
Le tout est à chaque fois caché sous un malhonnête alibi d'enquête qui entendrait démonter le "phénomène" en expliquant très journalistiquement comment fonctionne cette fascinante machine. A chaque fois, son nom (qui se suffit à lui même), des photos serrées, des légendes évasives, comme s'il n'était pas la peine d'articuler le bonhomme à un angle ou un événement de l'actu : il est partout, il est lui même sa propre justification, sa force est telle qu'il n'a pas besoin des contingences de l'actualité pour être l'actualité. C'est effrayant, comme des rappels subliminaux : "Little minister is watching you". |