|
« février 2007 | Accueil | mai 2007 » 20 mars 2007
Je viens de passer l'une des journées les plus folles de ces derniers mois. La conclusion d'un mois de travail, d'angoisse, d'appréhensions. Jusqu'au dernier moment, je pensais que ça pourrait ne pas se faire. Et puis ça s'est fait. Trop lessivé pour le raconter en détail, mais voilà, nous avons fait un Concert à emporter avec Arcade Fire. Et c'était plus fou que dans mes rêves. Pour ceux qui étaient là, les gens qui tournaient autour du groupe alors qu'ils chantaient 'wake up' au milieu du public de l'Olympia, c'était nous. Je raconterai ça mieux bientôt, les vidéos seront en ligne dès lundi. En tout cas, comme début de ma nouvelle vie, ça se pose là... 16 mars 2007
Ce matin, pour la deux millième et l'avant dernière fois, j'ai levé la tête à mi-parcours, le métro arrivait à Alma-Marceau. Comme toujours. J'ai marché dix minutes le long d'un périphérique disgracieux, présenté un badge, pris un ascenceur. Mes cartons étaient déjà fait depuis quelques jours. J'ai purgé mes mails, prévenu mes contacts du changement, vidé mon disque dur. J'ai traîné, pas mal, fait mon intéressant pendant la dernière conférence de rédaction, fumé quelques clopes sur la terrasse. Autour de moi, ils sont restés pareils. Mathieu joue de son humour bonhomme, Raphaël bougonne pour le principe entre deux calembours, Ludmilla semble sur une autre planète, Renaud téléphone et tape les épaules avec excès, Amélie me demande toutes les 3 minutes si ça va me faire bizarre, Hélène court, Pascal court plus, David essaye de garder son sérieux, Fabrice surjoue son contraste avec moi... Certains sont mes collègues depuis plus de six ans. Même si on n'a jamais fait de soirées ensemble, même si nous sommes tous différents, c'est une petite famille que je quitte aujourd'hui. J'ai tout fait comme il faut, un pot, un discours, tout ça... Mais là, quelques minutes avant de quitter cette rédaction, je ne sais trop comment faire. Serrer des mains, entonner une petite mélodie, me faire discret ? Finalement j'écris pour eux... Merci les garçons, merci les filles. Vous allez me manquer. Je m'appelle Christophe Abric. Depuis six ans et demi, je suis journaliste pour la rubrique high-tech de lci.fr. Aujourd'hui, je m'en vais. 14 mars 2007
J'aime beaucoup Astro. Parce qu'il a de bonnes idées, qu'il les met à éxécution, qu'il a une vraie carapace et ne se laisse pas marcher dessus. Alors qu'il négociait depuis des mois pour que RadioBlogClub puisse avoir une existence légale, la SACEM a néanmoins décidé de le faire fermer. Astro, lui, ne la ferme pas. Voici son communiqué :
Courage Astro. Ne lâche pas le morceau : on est tous avec toi. En attendant : http://beta.radioblogclub.com 13 mars 2007
Ah tiens ! Quelqu'un dans les commentaires me signale cette initiative très intéressante. Leg, les concepteurs de la pub SFR, ont décidé de lancer un blog pour évoquer les accusations dont ils sont l'objet... Premier billet prometteur, dans lequel passe la colère; On attend la suite avec impatience : Le blog de Leg. 09 mars 2007
La semaine dernière, Europe2 TV a diffusé deux éditions d'une émission musicale du début des années 1970, Pop2, présentée par Patrice Blanc-Francard. Un événement pour pas mal de monde, puisque dans cette émission, on pouvait voir un morceau de Robert Wyatt en concert avec son groupe Matching Mole ainsi que, surtout, trois extraits de l'un des premiers concerts de reformation du Velvet Underground à Paris, avec Louu Reed, Nico et John Cale : des images rares et précieuses que comme pas mal de monde, j'ai enregistré. Pour les concerts. Seulement, après avoir regardé l'émission,ceux-ci furent bien vite relégué au second plan. Parce que l'émission en elle même fut un choc, un heureux choc, une expérience assez jubilatoire. C'était en 1972, c'était en noir et blanc, c'était libre comme on ne sait plus le faire. Pop2 est une émission qui n'en avait cure, qui essayait, jouait, prenait le temps, expérimentait, faisait avec les pauvres moyens dont elle disposait, et le regarder 35 ans plus tardn c'est prendre un grand bol d'air frais. Premier exemple : le présentateur fait une revue de presse, assis dans l'herbe, avec des gendarmes en arrière plan qui scrutent le sol d'un terrain vague. Il commence à lire l'extrait d'une interview de Captain Beefhart dans Rock & Folk. Et alors qu'il lit, la caméra panote doucement vers la gauche, vers les gendarmes, tandis que la voix du présentateur est masquée par la musique de Beefhart. Vingt secondes, la caméra revient, ainsi que la voix, qui finit de lire son extrait. C'est d'une liberté folle, regardez plutôt (et je ne parle pas des débats sur le rock menés à la cool dans les jardins des Buttes Chaumont) Deuxième exemple : aujourd'hui, que l'on regarde Taratata ou la retransmission des Eurockéennes, un concert n'est jamais filmé avec moins de cinq caméras, des cut et des travellings rapides à n'en plus finir, des jeux de lumière, et pam pam pam il faut que ça bouge, que ça ne s'arrête pas. Pop2, en 1972, filme le concert du Velvet Underground avec deux caméras, deux caméras sages. Lorsque Lou Reed chante Berlin, la caméra s'approche lentement de son visage de profil. On ne voit pas ce qu'il regarde, il semble dans le vide, et alors que la caméra zoome, apparaît peu à peu le visage de Nico, floue à l'arrière, qui regarde Lou. Et en dix secondes quasi immobiles, l'image nous donne plus que dix minutes de Taratata. Lou Reed qui passe la main dans les cheveux, le lent travelling en cercle pour venir filmer John Cale au piano, la clope pendant ce solo... tout est lent, tout est fort. Et là ça m'a fait tout étrange. Avec les Concerts à emporter, on refilme comme en 72, et personellement, je trouve que ça fait du bien. En d'autres termes : à l'heure où nous pouvons être sur internet libres d'inventer et d'expérimenter de nouvelles formes, on ferait mieux d'aller voir l'époque où la télé était-elle aussi libre, incertaine et pauvre, plutôt que plagier ses codes d'aujourd'hui. Enfin, je dis ça, je dis rien... PS : Le blog Du bruit qui pense signale que la plupart des éditions de Pop2 sont disponibles (en payant) sur le site de l'INA. Promis, ça mérite vos petits euros (et les extraits gratuits vous montreront bien la qualité de cette émission) 08 mars 2007
On y arrive, je vais bientôt pouvoir le dire. Le grand virage. Et à mesure que j'en approche, je me rends compte que j'ai préparé le terrain sans vraiment en avoir conscience, que je me suis accoutumé à l'idée, que j'y ai accoutumé mon entourage, et que à travers des multiples rencontres, je me construis et dessine un avenir excitant. Cela faisait longtemps que je n'avais rencontré autant de monde. Autant de gens intelligents, motivés, fous, enthousiastes, enthousiasmants, dérangeants, professionnels, avec de la gnacque, des désirs, une vision, de la volonté, des idées. Et tous ces gens sont là. Je suis aujourd'hui heureux de les avoir croisé, de les revoir bientôt, d'avoir envie de reparler ou de faire des choses avec eux. Miam. Miammmmm. Ça va être bien ! 05 mars 2007
Je me sens exactement comme cela, ces jours-ci, comme l'homme en suspension sur cette photo. Dans un état un peu indescriptible, que l'on ne saurait arrêter ou affirmer : toute interprétation que l'on pourrait faire de cette image correspondrait à mon état. Je plane un peu, je flotte, je me suis lancé, je reste suspendu, je pourrais aussi bien me ramasser. C'est incertain, c'est nouveau, c'est bien. Qui s'en plaindrait ? Une belle série de photos de Denis Darzacq (agence VU) : La Chute. |