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« mai 2005 | Accueil | juillet 2005 » 29 juin 2005
Je me souviens de ce numéro 1, Léonard Cohen en couverture,que j'avais lu dans les escaliers du lycée privé où je faisais mon hypokhagne. Du numéro 3 qui m'avais permis de ratrapper un retard honteux sur les Boo Radleys, du numéro 8 avec Rocard, qui fut le seul jamais acheté par un autre membre de ma famille, de cette photo ridicule de Jeff Buckley en couverture du n°16 aussi. Après le n°27, j'ai bouffé du Echenoz comme jamais. Dans le n°47 et quelques autres, il y a mon nom. J'étais stagiaire, un assez mauvais souvenir dont je suis en partie responsable. Ce n°47, je m'en souviens, avec Nos années sauvages en couverture. Il y avait eu une énorme bourde à l'impression, deux pages avaient été inversées sur l'ouverture d'un article, ce qui donnait au final une photo coupée en deux, un texte au milieu, un effet involontaire étrange et joli. Et puis lentement, les liens se sont distendus. Certains numéros ont continué de me marquer : les Unshuttables, à la veille de la première élection remportée par Tony Blair (101), qui a longtemps trainé dans le trois pièces que je partageais avec Manu et Fred. Celui sur la mort de Jeff Buckley (108), bien sûr, j'en ai des frissons rien qu'en regardant la couv. Celle sur Kerouac (137), tombée pile au bon moment, le rendez-vous annuel du numéro "rentrée rock" dans lequel JD Beauvallet faisait rêver pour l'année avec plein de groupes encore en cocon, le numéro 200 et ses pépites cachées, le n°350 sur New York un an après le 11 septembre, le n°370 avec mon copain Sidi Ali sur la couv, le n°437 arrivé bien bien trop tard, les Inrocks parlant du mp3 un peu profondément pour la première fois en avril 2004. Au final, on a beau ne plus le lire beaucoup, trouver qu'il a parfois fait trop de compromis, vendu des couvs, un peu trop renoncé aux reportages et au défrichage musical, on a beau trouver qu'il nous ressemble moins que par le passé, il faut reconnaître que c'est énorme. Tout ce qu'ils ont vu, rencontré, découvert, traité, la façon dont ils ont grossi, comment ils ont du gérer tout ça, comment cela doit être difficile. Pour avoir accompagné ma jeunesse, pour être en partie responsable de ce que je suis et aime, surtout pour votre ténacité, ne serait-ce que pour ça même, chapeau bas, Les Inrocks. Et merci Pierre de m'avoir fait rire, ce matin dans le métro, avec ton article d'intro au numéro anniversaire. 28 juin 2005
Nous avions pris contact avec des gens dont nous aimions le travail, nous nous tenions prêt à leur dire de commencer le travail, dès que le budget était validé. Puis le budget a rétréci, rétréci, sans jamais être validé, l'échéance approchait, jusqu'à ce que le budget soit si petit qu'il nous allait nous falloir bricoler pour pouvoir rémunérer un minimum un graphiste nouveau qui allait devoir nous aider en un temps inhumain. Surtout qu'expliquer ce que je voulais, quel boulot... Pendant ce temps, un graphiste qui nous avait aidé dans le temps nous appelait, mais il était tard, et... et merde. Quel embarras. Pas mal de gens se sont pris les pieds dans mon tapis, je m'en excuse ici, collectivement. J'apprend un nouveau métier, à jongler avec de nouvelles contingences, à définir de nouvelles exigences, à tenir des délais. Ces deux derniers sont les plus durs. Les délais, c'est dans mes gênes. Mais dire ce que l'on veut sans être capable de le faire, définir quelque chose qui ne se dit pas et qu'on ne peut pas dessiner à quelqu'un dont c'est le métier, mon Dieu... Bref. C'est encore du bel amateurisme. Mais l'enthousiasme est là. Mercredi 6, on se battra avec des iPod, et ce sera comme à la maison... Merci de venir, ça va être TRES sympa. 24 juin 2005
Je ne suis pas critique de ciné. Mais si je l'étais, je serais TRES énervé par ce genre d'invitation. On en souhaiterait presque que le montage ne soit pas bouclé. Parce que si c'est pour éviter le piratage du film (ça leur fait peur, la preuve ci-dessous), c'est monstrueux. La protection d'un copyright au détriment de l'intégrité d'une oeuvre, chapeau... 23 juin 2005
Il y a quelques semaines, j'avais reçu un mail d'un inconnu qui me proposait d'aller voir son blog et de faire un échange de lien si je le trouvais bien. Je n'aime pas l'idée d'échange de liens, et je le trouvais un peu trop direct et péremptoire. Je n'ai donc pas donné suite. Je n'étais visiblement pas le seul à être gêné : il avait envoyé le même mail à de nombreux blogueurs, dont Christophe Ginisty qui s'en était ouvertement plaint. Mais ce n'était que la première vague. J'ai reçu sur mon adresse professionnelle un nouveau mail de lui. Encore plus rentre dedans, vu qu'il est passé à l'impératif :
J'ose espérer qu'il y a du second degré. Mais j'en doute, vu la liste des destinataires de ce mail : Edwy Plenel, Serge July, Laurent Amalric, Gilles Schneider, Ockrent, Fogiel, les rédacteurs, rédacteurs en chef et services de relations lecteurs des rédactions de Libération, Le Parisien, Métro, RFI, RTL, Le Monde, le Figaro, tf1, France 2, France 3, LCI, Charlie Hebdo, Le Canard Enchaîné, Indy Media... Le plus drôle c'est qu'aujourd'hui, en tête de son blog, un long billet sur son chat suivi d'un verbatim de Sarkozy. Ça dépote, en effet.
Mais si ce n'était que drôle et pitoyable... Seulement voilà : l'adresse mail depuis laquelle ce "communiqué" a été envoyé est la même adresse depuis laquelle parvenait à l'ensemble de la presse de longues, éreintantes et racistes diatribes contre Dieudonné au plus fort de l'affaire du même nom. La même adresse que celle du créateur d'un skyblog qui a été désactivé par Skyrock en raison de la teneur de ses propos. Sur Indymedia, il a en réaction traitée la radio de mafia "fasciste et pétainiste". (Je ne cautionne en rien cette longue et folle diahrée, bien évidemment). Quelqu'un de pas bien, en somme. Je ne mets donc pas son adresse en lien. Je veux le laisser dans son trou.
Depuis le temps que je rêvais de lire un papier comme celui-ci, quelqu'un qui évoque enfin ce pervers confort des entreprises modernes : les stages, exploitation légale, normalisée, acceptée. Mais exploitation quand même. C'est un courrier des lecteurs de Libé, c'est à lire d'urgence, c'est remarquable. 22 juin 2005
Si vous avez lu sur l'épaule de votre voisine ou regardé le JT jusqu'à la fin, vous devez savoir qu'il a fiancé la Katie en haut de la tour Eiffel, à l'aube. Vous n'êtes pas sans ignorer, non plus, que les soupçons les plus sérieux pèsent sur ce mariage, qui n'aurait servi qu'à une chose : convertir la demoiselle à la scientologie. C'est réussi : Katie Holmes a accepté d'être la fière descendante d'extra-terrestres au grand coeur, vénère L. Ron Hubbard, va avoir de plus jolis rôles et faire don mensuel de quelques uns de ses millions à la secte. Aux Etats-Unis, certains ne supportent pas l'idée d'une innocence ainsi sacrifiée : "Free Katie", donc. Mais voilà seulement la partie émergée de l'Iceberg.
Et s'il n'y avait que ça. Mais cette folle danse païenne dans l'émission d'Oprah Winfrey ? La façon dont il tient sa future ? Sa réaction face à un arroseur britannique, faussement calme, comme s'il essayait de le contrôler par la pensée ? Et puis la similitude entre l'affiche de la Guerre des Mondes et la couverture d'un livre de Ron Hubbard ? Mon Dieu ! He's a monster ! Merci Tom. Tu pimente l'actualité people, tu me donnes envie de lire Voici et les blogs de gossip, il y a enfin un vrai méchant au pays des coucheries, des téléphones gratuits, des gros bateaux et des poignards dans le dos. Tom, grand génie du divertissement. Ce gars, c'est Hollywood. 21 juin 2005
Et puis une fête de la musique qui a commencé avec la nouvelle de l'annulation du concert que je voulais aller voir demain, je ne suis pas trop pour. Ce soir, donc, je vais la jouer tout tranquille. Soir d'été. Peut être me laver la tête. Parce que le chemin vers le Fight Pod est semé d'embûches. Parce qu'un peu partout, on avance tout doucement. Aujourd'hui, nous avons décidé, DW et moi, de rendre publique la bêta de notre site parisien. C'est Parisist, c'est encore un crash test, on a beaucoup à faire, nous prenons encore les volontaires et les critiques. Merci de vos encouragements et de vos coups de pied au cul. 20 juin 2005
18 juin 2005
17 juin 2005
C'est fou ce qu'on peut trouver dans les commentaires d'Amazon. Il y a un an, un bug affichait l'identité des auteurs de commentaires, révélant ainsi que les écrivains vantaient souvent sous couvert leurs propres oeuvres. Là, je tombe sur un autre commentaire d'auteur, qui vous dissuade d'acheter son bouquin. Si l'on cherche sur l'Amazon américain le livre The Anarchist Cookbook, on tombe sur un mot de l'auteur, qui vous explique que ce livre, il l'a écrit en 1967, qu'il fumait de la drogue et croyait au communisme et fréquentait des gens bizarres. Depuis, il a couché avec une dame et a éduqué des enfants, fait des études, il va à l'église, et considère que ce livre était "le malheureux produit de ma colère adolescente et de la perspective d'aller au Vietnam, me battre dans une guerre en laquelle je ne croyais pas". Bref, il a essayé de faire disparaître son livre, d'en stopper la publication, mais il n'avait pas le copyright sur celui-ci. Et pire encore, l'internet a réveillé l'intérêt du public pour son ouvrage. Voilà un auteur réduit à demander à son public de ne pas acheter son livre, Beigbeder qui déboulerait à la Fnac Montparnasse pour vous cacher l'édition de poche de 99F. Il faut le comprendre aussi. Il ne dit pas juste merde, dans ce livre, il donne la recette des cocktails molotov, des bombes artisanales, plein de choses moyennement sympathiques. Les commentaires qui suivent sont à cet égard assez drôles. L'un des lecteurs explique l'avoir adoré gamin, mais en le relisant, "le seul passage utile est celui sur la drogue". Pour un autre, "on trouve sûrement de meilleurs conseils pour fabriquer des explosifs sur le net". Un bonheur. 14 juin 2005
Elle évoque sa captivité, et a de ces phrases, qui disent tellement plus que ce qu'elles racontent.
Comme ils disent dans les publicités pour les grands groupes, Bienvenue. Bienvenue dans un monde où la technologie nous libère des chaînes du bureau, nous permet d'être avec le monde entier au milieu du désert, de travailler avec du sable entre les doigts de pied, de fignoler nos Power Point en écoutant les mouettes, d'envoyer un mail à nos petits-enfants les fesses trempées par la neige d'un glacier. Trop la classe, merveilleux, de l'ordre du sublime.
Dès qu'il faut donner à voir l'invisible, la réseau flottant dans les airs, l'homme libéré du fil, on plane dans une représentation romantique faite d'espaces incongrus, de cheveux dans le vent. C'est çà se demander si ces technologies ne sont pas si rébarbatives qu'on ne peut en souligner l'attrait, l'intérêt qu'en exagérant l'avantage qu'elles procurent. Pas la peine d'attendre pour en voir le ridicule, mais il faudra toutefois les revoir dans dix ans. Elles seront alors l'équivalent des jeunes cadres dynamiques avec une Swatch, des calculettes Casio et des femmes qui assurent en Rodier. Ah, tu te souviens, quand on posait avec notre gros ordi à la terrase du village ? 12 juin 2005
Je m'en souviens bien, c'était une fin d'après-midi, début janvier, à Lille. Nous sortions de l'Ecole de Journalisme avec quelques uns de mes élèves de première année, prêts à aller boire une bière après une journée de cours. Dans la rue, devant la porte, Sorj Chalandon, qui donnait des cours aux deuxièmes années, marchait en rond, l'air grave, le téléphone collé à l'oreille. Je lui envoyais une petite vanne et l'invitait à nous rejoindre. Sorj est journaliste depuis des années pour Libération. Il a été grand reporter, il a vécu mille guerres, a vu des hommes mourir devant lui, il a aussi été mon professeur, c'est l'un des hommes que je respecte le plus au monde. Lorsqu'il nous a rejoint au Bel Ouvrage, dix minutes plus tard, la tête était toujours basse, le regard préoccupé. Il s'est avancé vers notre table, s'est penché et nous a dit à voix basse : "On n'a plus de nouvelles de Florence depuis 24h. Elle n'a pas passé les coups de fil quotidiens". Moment étrange, silence, timide compassion, immédiate empathie, et donc inquiétude. Sorj s'est redressé, est parti rejoindre ses élèves de seconde année, il a bu et ri avec eux. Je me souviens, je le voyais de temps à autre le regard vide au milieu des rires étudiants.
Ce soir là, j'ai vécu l'absence de Florence Aubenas avant d'être informé de sa prise d'otage. Aujourd'hui, apprendre au réveil sa libération est plus qu'une bonne nouvelle. C'est une joie pure, pour quelqu'un que je n'ai jamais connu. Mais d'autres, que je connais bien, doivent pleurer de bonheur. Florence et Hussein sont libres, c'est un beau dimanche de Printemps. Je vais sourire toute la journée. 10 juin 2005
Aujourd'hui, l'important, c'est de célébrer deux amis qui se trouvent être jumeaux, deux nouveaux trentenaires, donc. Et pour l'avoir vécu, j'ai conscience du cap. Titom et Fandor, donc, bon anniversaire ! Bienvenue dans l'âge des nuits toujours trop courtes et des espoirs préhensibles. Vous allez voir, on est un peu plus fatigué, mais c'est bien Pour ceux qui ne les connaissent pas, ce sont de VIEUX potes. Titom est illustrateur, c'est lui qui est responsable de ça. Et Fandor est l'un des piliers de la Blogothèque. Voilà, ils méritent bien qu'on trinque à leur santé. Cheers, mates ! 08 juin 2005
Vous connaissez sans doute Jason Kottke. Auteur depuis plusieurs années d'un weblog à la réputation et à la popularité croissantes, il avait décidé de faire le grand saut, de lâcher son job pour bloguer à plein temps. Sans pub, sans sponsor, sans autre financement que les dons que voudraient bien lui faire ses lecteurs, ceux qui croyaient que son travail, que le plaisir qu'ils avaient jusqu'ici pris à le lire, tout cela méritait quelques deniers offerts pour la suite. Seulement, il fallait s'y attendre, tous les donateurs ne s'estimaient pas mécènes : certains se sont mis à attendre des résultats. Ils avaient payé pour voir Mister Kottke bloguer à plein temps, ils voulaient voir un site qui tourne à plein régime. Raisonnement biaisé dès le départ, tant il semblait difficile à Kottke de faire bien plus que ce qu'il proposait avant de se lancer seul. Son site n'a guère changé depuis qu'il est indépendant mais qu'importe, il écrivait déjà bien, il écrivait déjà beaucoup... Mais voilà, une blogueuse-donatrice a craqué. Sur son site Things I am Over, Sarah Hater a écrit un long billet dans lequel elle peste contre les récentes activités fort peu productrices de Jason, à qui elle avait pourtant offert son argent. Comprenez, il est parti en voyage à Paris. Puis en Irlande. Puis il annonce qu'il va partir vivre quelques mois à la campagne. Et comble du comble, il tombe malade une journée, et a le culot de le dire sur son site.
Ça y'est, la barre en haut, qui me sert depuis quelques semaines de sponsor, devient utile et vous permettra enfin de cherche quelque chose sur Heures Creuses. A quoi bon proposer un outil de recherche sur son site, si ce n'est pour chercher sur son site ? Ce n'est pas parfait, pour cause de site très compliqué : en emboîtant la boîte à liens dans le blog, en affichant sans doute trop d'informations, je n'aide point les moteurs, qui se mélangent parfois les pattes. Tout grand spécialiste de l'indexation et de la programmation qui a une solution simple à me proposer est bienvenu. Oh, oui, une barre comme celle-ci peut vous apparaître comme le symptôme d'une infâme corruption, une impardonnable soumission à l'argent facile et à la tyrannie de l'hydre Microsoft. Je n'aime pas beeaucoup Microsoft. Mais je n'aime pas bien plus Google et leur pernicieux système de publicités au clic. Et cette barre ne changera rien à mon contenu : la seule influence qu'elle aura eu est sur l'aspect pratique du site. Et puis lisez donc au dessus les mésaventures de Jason Kottke... 01 juin 2005
Avec mon ami Dom, de Brain Not Found (qui vous l'expliquera de façon bien plus drôle), nous cherchons donc des collaborateurs (nombreux) pour un nouveau blog (pléthorique) sur Paris. Blogueurs ou non, en tout cas dans un esprit blog : libre, frondeur, riche en histoires. Il s'agira moins de servir de site d'annonce que de raconter la ville et d'en débattre.
On a beau dire, on a beau faire ça fait toujours un peu bizarre. |